Conversation avec Sarkis

A l’heure dite, il suffit de pousser la porte pour entrer dans l’atelier. Une longue table flanquée de deux bancs en bois est présidée par un fauteuil à l’assise rouge. Sur son plateau, des pots à stylos et pinceaux, des coupelles vides, une faïence pleine, un reliquaire africain, une maousse paire de ciseaux, un catalogue d’exposition, des chocolats polonais, un encadrement en bois, d’autres livres… Chaque visite rejoue la première. Un coup d’œil circulaire s’assure que tout est en place sans exiger d’exactitude. Le souvenir s’efface devant un nouveau présent. Sarkis est là. Nous allons fêter ensemble les 10 ans d’ArtsHebdoMédias en discutant. L’idée des festivités textuelles est venue de l’envie de retrouver les artistes qui ont fait grandir notre regard. Depuis cet atelier précisément, de nombreux fils ont été tirés et se déroulent encore. La façon dont Sarkis envisage les œuvres est référente. Il tisse des liens entre elles toutes. Les siennes et celles de ses « amours » : Grünewald, Bach, Munch, Beuys, Paradjanov, Cage, Kantor… Sa capacité aussi à les laisser ouvertes tant dans l’esprit que dans la forme, toujours prêtes à être réinterprétées. Et il y a ce mot que l’artiste aime tant, « conversation », car il suppose un échange plus personnel et profond avec l’autre qu’une simple discussion. Nous nous en sommes emparés, à notre tour, et avons décidé d’intituler ainsi cette série de retrouvailles. Clin d’œil et hommage à celui avec lequel elle débute.

Dans l’atelier de Sarkis.

Ligne 7. Jeudi 17 janvier 2019. Dans la rame de métro qui mène à la station Villejuif-Léo Lagrange, les réflexions vont bon train. De la première visite, une certitude est née : Sarkis ne répond jamais directement à une question. Ce n’est qu’après s’être lentement frayée un chemin à travers différents temps, que la réponse advient. De facto, l’interview fait place à un échange, plus intuitif que préparé. Toutefois s’y lancer sans boussole serait risqué. Il faut pouvoir s’orienter parmi des références tant picturales que musicales, cinématographiques, architecturales ou littéraires. Le Panthéon de l’artiste est vaste. L’art pour lui n’est jamais limité à une discipline, une géographie ou un temps. Dans l’atelier, des objets, des livres attestent de cet intérêt à l’horizon pluriel. Aujourd’hui, ce n’est pas l’actualité qui entame la conversation mais les 10 ans d’ArtsHebdoMédias. « Il faut que ce soit joyeux ! Je n’ai pas de gâteau d’anniversaire, mais des chocolats apportés de Pologne. Pourquoi vouloir commencer par Beuys ? »

Passage, au Centre Pompidou (salle voisine du Plight de Beuys), Sarkis, 2010.

Probablement parce qu’en 2010, au Centre Pompidou, Sarkis a installé de grands vêtements cérémoniels en feutre pour dialoguer avec les rouleaux de même matière de Plight, une installation de l’artiste allemand dans laquelle le public avait depuis plusieurs années l’interdiction de pénétrer. Sarkis était convaincu que l’œuvre mourrait de cette désertification et avait proposé au public d’enfiler des babouches colorées pour de nouveau lui permettre de respirer. Cette manière qu’il a de dialoguer avec le travail d’autres artistes est le résultat de plusieurs chocs, dont la disparition de Marcel Broodthaers (1924-1976) et les expositions qui s’ensuivirent. « Toutes fausses ! Elles essayaient de reconstituer et non de dire quelque chose. (1) » Depuis la notion d’interprétation est centrale dans son œuvre.
« Avant d’entrer dans l’atelier, il faut longer un petit bâtiment. Quand le temps n’est pas beau, personne de lève le nez et ne remarque qu’il porte cinq girouettes. Elles ont été forgées par une femme en Normandie. Nous nous sommes croisés par hasard et après cette rencontre je lui en ai commandé une. Comme toujours, elle devait indiquer les quatre points cardinaux, mais substituer au traditionnel coq, de la partie laissée au vent, cinq chiffres : 19380, mon année de naissance suivie d’un zéro. Une manière de laisser le vent m’emporter vers le futur. Depuis, j’ai fait quatre autres commandes : 19210 pour Beuys, 14750 pour Grünewald, 18390 pour Cézanne, 16850 pour Bach. Ce sont des artistes que j’aime beaucoup. Je n’ai jamais caché mes amours. »

Les cinq girouettes surplombant l’atelier de Sarkis.

Tant et si bien que réfléchissant à la proposition de rétrospective faite par Christian Bernard, alors directeur du Mamco de Genève, l’artiste ne propose rien d’autre que de rassembler les dialogues qu’il a pu établir avec d’autres créateurs depuis le début de son parcours artistique. « Au début, l’idée de cette rétrospective me dérangeait, car mon travail n’est pas linéaire. Il saute d’une technique à l’autre, sans souci d’unité. La seule chose qui revient sans cesse c’est la création en lien avec le travail d’autres qu’ils soient artistes, penseurs, cinéastes, musiciens ou architectes. Quand j’ai émis l’idée, je pensais qu’il y aurait 20 ou 30 noms mais, une fois le décompte opéré, ils étaient près de 80. Ce sont plusieurs centaines d’œuvres qui relatent ma rencontre avec, par exemple, des musiciens comme Berg, Schönberg, Bach, Cage ou Sati, mais aussi des architectes comme Sinan, Louis Kahn, Le Corbusier ou Ludwig Mies van der Rohe. » Quelle fût la première ? « Celle qui fût à l’origine de toutes les autres. Je n’y connaissais rien à l’époque. C’était dans la boucherie de mon père à Istanbul. En faisant un paquet, j’ai remarqué une reproduction. Je n’ai su que plus tard qu’il s’agissait du Cri de Munch. Je peux dire que j’ai commencé avec lui. »

Rencontre avec Uccello, Grünewald, Munch, Beuys, au Louvre, Sarkis, 2007.

Au Louvre en 2007, le nom de l’exposition annonce d’emblée la proposition : Rencontre avec Uccello, Grünewald, Munch, Beuys. Dans les salles du musée, quatre grands écrans retransmettent les images en direct de quatre œuvres essentielles pour Sarkis : La Bataille de San Romano d’Uccello, Le retable d’Issenheim de Mathias Grünewald, Le Cri de Munch, le Werkkomplex de Joseph Beuys. Au pied de chacune d’elles, il a déposé l’une des siennes. Citons en écho au tableau d’Uccello, un coffre allongé doré à la feuille dans lequel reposait sur un lit de pellicules enchevêtrées le mot allemand écrit en néon : Leidschatz. Traduisez « trésor de souffrance ».
Avec Sarkis, chaque exposition est envisagée comme une œuvre à part entière. « Si des tentatives ont été réalisées avant, comme certaines pièces de Fontana, par exemple, l’art de l’installation est né dans les années 1960. A partir de cette période, rien n’était plus envisageable en dehors d’un contexte, d’un espace. Il devait y avoir un concept. Un principe que j’applique toujours. Chaque exposition est unique comme une œuvre d’art. Soit elle est constituée d’œuvres créées indépendamment les unes des autres à l’atelier, mais rassemblées pour l’occasion, soit les pièces qui la composent n’existent que par la relation qu’elles établissent avec le lieu. »

Mesures de la lumière, au Couvent des Jacobins à Toulouse, Sarkis, 2018.

Comme Mesure de la lumière, visible actuellement au Couvent des Jacobins, à Toulouse. Dans la chapelle, de longs et minces tubes en néon, aux couleurs de l’arc-en-ciel et associés à des cordes à nœud, viennent ponctuer l’architecture et répondre aux miroitements des vitraux. Multiple de l’unité de mesure en usage lors de la construction de l’église – la canne de Toulouse (environ 178 cm) –, chaque néon jauge à la fois le lieu et sa lumière. D’arc-en-ciel, il était également question en 2015, lors de la 56e Biennale de Venise. Sarkis y représentait la Turquie. Dans une salle aux murs de briques de l’Arsenal, deux installations disposées à l’opposé l’une de l’autre diffusaient les sept couleurs. « Je voulais que l’une reflète la nervosité du jour et l’autre l’énergie de la nuit. Pour que les arcs-en-ciel ne se regardent pas, j’ai disposé entre eux deux immenses miroirs. L’espace a commencé à se multiplier à l’intérieur. Le vert, le jaune, le rouge… à se diffuser. L’air est devenu couleur. (2) » Est-ce à dire que qu’il y a toujours des fils tendus d’une exposition à l’autre, d’un moment à l’autre ? « Certaines expositions ou œuvres forment plus facilement des échos que d’autres. A Venise, il y avait également Leidschatz, évoquée tout à l’heure, et aussi des images de Lascaux, un pied de Grünewald, des détails d’œuvres de l’art italien… » Les œuvres de Sarkis ne se parlent pas seulement entre elles, elles tissent des liens entre les époques, les disciplines, les matières, les idées.

Respiro, Sarkis, en 2015 à Venise.

La conversation se décale. L’artiste suit le fil de sa pensée et évoque l’écrivain W. G. Sebald et Austerlitz. Ce livre, il l’a lu alors qu’il préparait sa participation à la biennale. La façon singulière dont l’auteur fait émerger l’histoire douloureuse de son héros parle à l’artiste. Ce texte l’a aidé à construire Respiro. En avançant dans la lecture, des événements restés dans l’obscurité apparaissent peu à peu. A travers des bâtiments comme la gare ou le palais de justice de Bruxelles, dans lesquels le personnage rencontre le narrateur, se dessine une recherche à double détente. Pour une part liée à l’architecture et pour une autre à la mémoire. La structure de la première reflétant celle de la seconde et propulsant le récit. L’homme en quête de son enfance s’enfonce dans un passé qui germe depuis le camp d’extermination où a disparu sa mère. Une narration née d’une architecture, une histoire révélée par elle, voilà ce qui a intéressé Sarkis. Il s’agissait pour l’artiste d’origine arménienne, né à Istanbul, de représenter la Turquie l’année même du centenaire du génocide de son peuple par les Turcs ottomans (1,5 million de morts). Un défi. Respiro fut sa réponse. L’artiste parle toujours de ce qui l’inspire. Ses références sont comme les personnages d’un roman, elles innervent son œuvre. « Je n’oublie personne. Mais ne fallait-il pas parler de Beuys ? »

Quand les attitudes deviennent formes, au Museum Haus Lange à Krefeld, Sarkis, 1969.

Nous sommes en 1969, Sarkis est invité par Harald Szeemann pour participer au second volet de Quand l’attitude devient forme, à Krefeld, en Allemagne. Il profite de l’occasion pour se rendre à Düsseldorf. Joseph Beuys y expose. « Raconter cet épisode, c’est expliquer comment ma trajectoire a basculé. Dans les salles, rien n’était arrêté. Il y avait un tas d’objets et de matériaux posés au sol. Tout semblait pouvoir être changé d’un moment à l’autre. J’ai demandé au gardien quand l’exposition allait commencer. Il m’a répondu qu’elle était ouverte depuis trois semaines ! Puis je suis allé à l’Académie des beaux-arts. Là, j’ai trouvé Beuys en grève entouré d’une centaine de personnes, des étudiants mais aussi des enfants. Il avait fabriqué une boîte, un multiple, vendue huit marks. L’argent récolté servait à acheter de la nourriture. J’ai appris que Beuys se rendait tous les deux ou trois jours à l’exposition pour la faire évoluer. Il l’avait en quelque sorte transformée en atelier. Je comprenais que cet art était en prise directe avec la vie. Ce fut un choc. En rentrant à Paris, où je devais participer au Salon de mai, j’ai décidé de ne pas présenter le travail prévu et d’afficher à la place une feuille qui interrogeait : “Connaissez-vous Joseph Beuys ?” » Une question lancée comme un appel à la création. « Une voie s’était ouverte. Ce n’est pas très loin d’un cri comme celui de Munch. Sauf que ce n’était pas une œuvre. Une vie s’est créée à partir de là. » Tout dans l’atelier en témoigne. « Chaque jour, j’arrive ici vers 11 heures et y reste jusqu’à 18 ou 19 heures. Je ne dis pas que je crée tout le temps, mais chaque jour ma tête travaille dans cet endroit différemment qu’ailleurs. Pourquoi ? Parce que, physiquement, je suis au milieu des œuvres que j’ai réalisées, de milliers d’objets et de matériaux que je transforme en action. Les faire vivre ensemble est un travail permanent. »

Le Buste en Walkman, exposition Ma Mémoire est ma Patrie à la Kunsthalle de Berne, Sarkis, 1985.

Autre moment fondateur. En août 1976, Sarkis est de nouveau en Allemagne. A Berlin, il visite un musée ethnographique, fermé aujourd’hui. « J’ai eu une prise de conscience. Je me souviens avoir observé des sculptures esquimaudes et africaines exposées de la même manière et dans les mêmes conditions. Elles étaient toutes sur des socles identiques, en vitrine, sous un éclairage similaire et dans des pièces affichant la même température : 21°. Cela m’a révolté. J’étais fou de rage à l’idée que ces créations soient présentées sans aucun respect pour leurs différences et comme si elles étaient dissociables des environnements dans lesquels elles avaient été créées et reposaient désormais. Leurs altérités n’étaient pas prises en compte. A partir de ce moment, j’ai intitulé mes œuvres du mot allemand “kriegsschatz”, trésor de guerre. » Une analyse critique que l’artiste applique tant à l’histoire coloniale qu’à la conservation et la monstration des objets pillés. Par extension, la conviction s’étend à tous les types d’œuvres. Sarkis s’attache alors autant à leur aura qu’à leur plastique. Il crée des installations avec nombre de pièces qu’ils placent dans un réseau inépuisable de liens multipliant leurs voix. Des œuvres chorales naissent à la fois ouvertes et vivantes. « Impossible de les refermer. » Dans l’atelier, beaucoup de choses sont sur roulettes, histoire d’être faciles à déplacer. Rien n’est arrêté définitivement, même ce qui pourrait sembler l’être. Le masque de Sarkis ou le buste en pâte à modeler qui écoute le walkman (1982) appartient à la collection du Frac Alsace. Présentée lors des trois expositions inaugurales de l’institution à Mulhouse, Sélestat et Strasbourg en 1984 et 1985, l’installation pourrait en un sens paraître terminée. Mais cet autoportrait en matière instable porte le casque du walkman sur la tête. Loin d’isoler l’artiste du lieu d’exposition, il est une invitation pour le visiteur à écouter la proposition musicale de ce dernier ou à lui en offrir une. Au gré du temps et des manipulations, le visage s’altère par petites touches comme sous l’effet des années qui passent. Là encore, une transformation survient. Préméditée, mais non maîtrisée.

Salle des Vitraux dans l’atelier de Sarkis, 2018.

« Mon rêve était qu’aucune œuvre ne se fige. Mes vitraux, par exemple, sont des assemblages qui forment des images. Mais on peut se dire aussi que chacune d’elles a été cassée et réassemblée, comme restaurée. Dans l’esprit, l’opération peut sans arrêt se renouveler et faire évoluer le langage de l’œuvre. Comme quand j’utilise la technique du kintsugi pour réparer un objet. Technique née au Japon à la fin du XVe siècle, qui utilise une laque végétale recouverte de poudre d’or. L’intérêt est de réparer sans cacher, tout en créant autre chose. Avec toutes ces pratiques, j’ai développé une pensée qui ne veut pas se formaliser. J’ai appris à dialoguer beaucoup plus librement avec énormément de choses. Jusqu’à inviter “Litany for the Whale” de John Cage dans un atelier de réparation de sous-marins ! (3) »
Les exemples sont innombrables. Quelque 600 expositions en sont la preuve. Depuis des installations à l’échelle d’un bâtiment à des figures réalisées à la peinture à l’huile sur papier, en passant par des performances filmées ou des sculptures en néon, l’œil peut parfois être surpris. Alors que la plupart des artistes cherchent une écriture reconnaissable entre toutes, Sarkis ne cesse de multiplier les expérimentations et les ouvertures. Il additionne les matières, les formes, les époques, les genres… N’y-a-t-il pas quelque part dans l’atelier des statuettes votives africaines, un récipient tibétain façonné dans un crâne, une sainte Marie soufflée en verre du XIXe siècle, un harmonica, mais aussi des figurines du Seigneur des Anneaux ?!

Ballads, au Submarine Wharf à Rotterdam, Sarkis, 2012.

N’est-ce pas un problème pour les amateurs d’art ou, plus largement, le public qui ne reconnaît pas forcément au premier coup d’œil qu’une œuvre vous appartient ? « Je n’ai pas pu agir comme d’autres : répéter, trouver une technique, un langage ou une façon de dire facilement reconnaissable. J’ai eu de courts moments comme ça, mais je me suis fatigué très vite. Peut-être n’avais-je pas le talent de continuer sur une unique voie ? J’ai souvent souffert de découvrir qu’en suivant un chemin, il s’ouvrait vers un autre. Et ainsi de suite. Ce n’est pas facile à assumer. Mais à un moment, j’ai senti où était mon amour. » Comme pour montrer que tous les chemins peuvent mener à l’art, Sarkis évoque l’exposition avec Eugène Leroy, artiste pour lequel il a un immense respect et dont l’œuvre est reconnaissable entre mille. A la galerie Nathalia Obadia, la démonstration était limpide. D’un côté les toiles travaillées jour après jour par Leroy, comme si le peintre « sculptait la peinture avec sa vie ». De l’autre, une trentaine d’œuvres de Sarkis aux techniques différentes. Le choc de deux titans qui jamais n’enlèvent, ne jettent ou n’effacent rien. « Il ouvrait ses bras d’une façon, j’ouvrais les miens d’une autre, mais je crois que nous avons pu nous embrasser. »

Paradjanov with Sarkis, au Musée Pera à Istanbul, 2018.

En décembre dernier, Sarkis était à Istanbul pour une conversation avec l’œuvre de Pardjanov au Musée Pera (4). C’est là qu’un « jeune » artiste l’a invité à participer à son exposition. « Il allait montrer une œuvre électrique aux flashs aveuglants. Face à cette lumière, j’ai proposé d’inviter la nuit. » Sur un écran, quasiment aux mêmes dimensions que la pièce de Berat Isik, la main de Sarkis laisse échapper la couleur. Le noir s’insinue lentement dans l’eau claire et en sature la surface. « Au même moment, il y avait aussi l’exposition avec Paradjanov et mon installation aux Jacobins. Trois choses actives. Et bientôt, une conversation avec Tadeusz Kantor, à la Cricoteka, à Cracovie. Difficile probablement de croire qu’elles puissent être du même artiste. Pourtant, c’est le même. » Pourquoi s’astreindre à une telle diversité ? « Parce que je suis un artiste qui n’a pas peur d’exprimer ses sentiments. Et pour le faire, je dois trouver les formes justes. Comment arrive-t-on à faire sentir que tout cela sort d’un seul être ? Il faut s’approcher. Mettre son nez tout près. Regarder autrement et voir que même le langage change. Je ne dis pas que c’est ce que je cherchais, mais c’est arrivé organiquement, mais sans facilité aucune. » La contrepartie n’est-t-elle pas une extraordinaire liberté ? « Je suis libre. Oui. »

(1) Propos extraits d’une visite à l’atelier datant d’avril 2012.
(2) Propos extraits d’une visite à l’atelier datant de septembre 2015.
(3) Ballads, du 2 juin au 30 septembre 2012. L’exposition s’est tenue dans un hangar pour sous-marins de 5000 m2, organisée par le Musée Boijmans à Rotterdam, aux Pays-Bas.
(4) L’exposition Parajanov avec Sarkis s’est terminée le 17 mars 2019.

Contacts

Sarkis-Kantor, jusqu’au 11 août, à la Cricoteka, Cracovie, Pologne.
Mesure de la lumière, jusqu’au 6 juin, Couvent des Jacobins, Toulouse.
Le site de Sarkis : www.sarkis.fr.

Crédits photos

Image d’ouverture : Sarkis-Kantor (2019), à la Cricoteka, à Cracovie © Sarkis – Vue de l’atelier de Sarkis © Photo MLD – Toutes les autres photos sont créditées © Sarkis