Arles, là où le monde palpite

Plus de 250 artistes, convoqués en In jusqu’au 24 septembre, proposent un arrêt sur les images d’un monde en pleine mutation qui se perd, se noie, s’entretue, se cherche, alors que l’intime, la rêverie, le surnaturel et la passion se sont invités plus volontiers dans le Off en ouverture du festival, s’immisçant dans des galeries pérennes ou improvisées, dans le moindre interstice d’une cité dynamisée par une maison d’édition et une toute nouvelle fondation dédiée aux arts contemporains. Volet 1.

Quarante-huit ! C’est l’âge des Rencontres de la photographie qui se jouent jusqu’au 24 septembre dans toute la cité camarguaise et quelques sites remarquables alentour. Quarante-huit ans, ce n’est rien au regard de celui d’Arelate, l’ancien comptoir romain ouvert sur le Rhône et son delta – deux jours avant l’ouverture du festival, des Arlésiens de tous les âges, fiers de plus de 2 500 ans d’histoire et de belle allure en costumes d’époque, y célébraient, lors d’une « pégoulade », l’élection de leur nouvelle reine – ; quarante-huit ans, c’est cependant un tournant pour un festival dédié à une pratique qui en mit près de cinquante à s’imposer dans le champ des arts ! Fallait-il encore que notre nouvelle ministre de la Culture Françoise Nyssen en donnât le coup d’envoi par cette déclaration : « C’est grâce à Arles que je suis ministre de la culture ! ». Saluant la résonnance internationale des Rencontres photographiques, mais avant tout « la force et la nécessité d’un art qui fixe le regard et arrête pour nous le temps à une époque où l’on ne le prend plus. (…) Un art qui raconte le monde et notamment l’altérité, quand la tentation du repli fait surface, et qui se fait gardien de la mémoire quand celle-ci est détruite. » En quarante-huit ans, la ville a su convier et fidéliser autour d’une photographie documentaire tout un public professionnel et amateur venu du monde entier, amoureux du même langage, celui de l’image arrêtée, choisie, posée ou mise en scène, traquée, volée, découpée, marouflée, encadrée, accrochée ou éditée… révélée ici, parce qu’elle a quelque chose d’essentiel à nous dire, et rien de précis à nous vendre. Sur un espace décuplé par l’ouverture de nouveaux lieux d’exposition et la délégation de la Grande Halle du Parc des Ateliers à la Fondation Luma*, près de 25 lieux patrimoniaux y présentent, dans d’ingénieux accrochages et par des tirages évoquant de grands tableaux, des images d’une portée historique, universelle, sous-tendues cette année par deux grandes thématiques : « L’expérience du territoire » et « Désordres du monde ».

La fin de l’utopie

Стансы – Петяярв (Stance – Petiajarvi), Marie Bovo, 2017.

Si la relation politique entre ces deux axes curatoriaux est ici flagrante, faire le tour des expositions dans la cité arlésienne équivaut à porter son regard sur un ordre du monde qui s’achève et dont les plus jeunes générations observent, non sans nostalgie, les vestiges. Parti sur les traces de Lénine depuis 2015 (Looking for Lenine), le duo franco-suisse constitué de Niels Ackermann et Sébastien Gobert, âgés tous deux d’une trentaine d’années, témoigne, au cloître Saint-Trophime, du démantèlement des 5 500 statues qui quadrillaient l’Ukraine depuis la révolution bolchevique de 1917. Descendu de son piédestal, décapité ou mis en vente pour sa ferraille dans le village de Korzhin, le petit père du peuple s’est même vu être transformé en Dark Vador, à Odessa, par le sculpteur Alexander Milov ! Autres impressions d’un temps révolu avec, dans la nef de l’église des Trinitaires, une installation monumentale des argentiques de Marie Bovo, qui érige en autel moderne les images enneigées de cette vieille Europe, comme endormie du côté de l’ex-rideau de fer. Lors de ses récents parcours ferroviaires en Russie, la photographe a installé sa chambre de travail sur la plateforme d’entrée du wagon, jouant de l’ouverture et la fermeture des portes métalliques du train comme de l’obturateur d’un appareil photographique, pour saisir en quelques secondes l’essence même d’un paysage, d’un village figé dans le temps.

L’Amérique de Leibovitz et Meyerowitz

Couple au manteau camel sur Street Steam, New York, Joel Meyerowitz, 1975.

C’est une chance de pouvoir découvrir en contrepoint l’impressionnante rétrospective consacrée à Annie Leibovitz par la Fondation Luma, car il s’agit là des premiers reportages de la photographe américaine : 5 000 clichés essentiellement réalisés entre 1970 et 1983 pour le magazine Rolling Stone – alors qu’elle était, à ses débuts, encore étudiante au San Fransico Art Institute –, avant son départ pour Vanity Fair. Treize années fondatrices à couvrir, sur fond de campagnes présidentielles et de luttes contre la guerre du Viêt Nam (1955-1975), les utopies réprimées de la contre-culture et les facéties des groupes de rock les plus influents de la planète, de la fermeture du Whole Earth Catalog connectant la philosophie du retour à la terre et celle de l’innovation technologique, à la mort de John Lennon, abattu en pleine rue, le 8 décembre 1981. Annie Leibovitz venait, l’après-midi même, de photographier le couple d’artistes lovés l’un contre l’autre : Yoko Ono toute habillée, allongée sur le lit, John Lennon nu, en position fœtale, signant là le portrait emblématique d’une nouvelle relation de couple, qui devint en quelques heures celui d’un éloge funèbre. Que transparaît-il aujourd’hui de tous ces clichés en dehors des témoignages des luttes sociales et des scandales politiques qu’ils relayaient dans la presse underground ? Juxtaposés ensemble trente-sept ans plus tard, ils nous parlent de la liberté des corps et de la place accordée aux guitares, des relations entre les hommes et les femmes unis par le même espoir et le désir de croire en un monde meilleur. « La photographie ne répare pas, mais au moins elle documente : c’est la culture qui s’efforce de sauver la culture », nous rappelait encore l’éditrice Françoise Nyssen. Le statut des images change avec le temps, et c’est bien cela qui rend l’art photographique vivant.
Une autre rétrospective, Early works, consacrée au photographe américain des rues Joel Meyerowitz – 79 ans cette année –, rend compte du fourmillement du New York des années 1960 et d’une forme de convivialité citoyenne, mais aussi de cette dilatation du temps et de l’espace dans des villes plus provinciales de la côte Est, à travers des images très cinématographiques exacerbées par l’apparition de la couleur. Sont exposés ses premiers tirages, des vintages inédits, alors que lui-même en tirait très peu à l’époque, compte tenu du prix de la couleur, préférant organiser des soirées diapositives auxquelles il conviait ses amis ! C’est d’ailleurs par un diaporama au Théâtre antique que fut inaugurée son exposition, visible salle Henri Comte.

Michael Wolf : un loup dans la matrice !

The Real Toy Story, Michael Wolf, 2004.

Une vaste exposition dédiée au travail de l’Allemand Michael Wolf nous donne à voir, à l’église des Frères Prêcheurs, ses barres d’immeubles shootées à Hong Kong, dont n’apparaît au premier coup d’œil que la beauté graphique des gammes de couleurs vives ternies par le temps et celle d’une symétrie architecturale. Alors qu’en s’en approchant, c’est tout autre chose qui nous est révélé : chaque petit carré qui compose ces frises suspendues (Architecture of density, 2002-2014) représente une unité d’habitation, une information sur la complexité de la condition humaine, prise dans la matrice de cette urbanité que le photographe a savamment coupée du ciel et de la terre. C’est en rentrant à Paris que le Munichois, installé en Asie depuis 1994, s’est intéressé au moteur de recherche Google Street View, appréhendant la vieille capitale européenne par le biais de nouvelles pratiques photographiques à travers ses différentes séries Street View, réalisées entre 2008 et 2011. Pour Michael Wolf, l’application n’est autre qu’une « extension de la photographie de rue où le cadrage et le choix d’angle remplacent l’appareil photo », nous explique Wim Van Sinderen, le commissaire de cette exposition conçue en collaboration avec le Musée de la photographie de La Haye. En agrandissant les détails dont il extrait de grands tirages de qualité, il repousse le bruit et les limites de la pixellisation engendrées par le numérique et réaffirme, dans une démarche pleinement contemporaine, le rôle du photographe. Ses portraits floutés de citadins brandissant un doigt d’honneur – à qui donc ? Allez savoir ! – en sont une belle et ironique illustration (Fuck You Street View). Magistralement assemblée en l’église, comme s’il s’agissait d’un bas-relief, l’installation The Real Toy Story (2004) et ses plus de 20 000 jouets « made in China » donne le vertige : Michael Wolf insère dans cette fresque vernaculaire les portraits d’ouvrières chinoises à l’ouvrage, photographiées sur leurs chaînes d’assemblage alors qu’il réalisait un reportage pour le magazine d’actualité Stern (Chine : Usine du monde). Les jouets, en revanche, ont été chinés en moins d’un mois par l’artiste dans les brocantes californiennes, indique un cartel, soulignant par là même que les parents du petit Michael lui interdisaient ces colifichets en plastique lorsqu’il était enfant. Doit-on chercher dans cette émotion contrariée, jusqu’à l’obsession, le moteur matriciel d’un glissement progressif d’une pratique photographique documentaire à l’œuvre d’art monumentale ? Toujours est-il que l’œuvre de Michael Wolf, aussi puissante qu’ambiguë, réhumanise par ces portraits d’individus au travail, cette machinerie tentaculaire vouée à épancher notre soif de consommation débridée, autant qu’elle en dénonce tout l’irresponsabilité.

Signes d’alarmes

La maison de John Jackson, village de Toll Bar près de Doncaster, Royaume-Uni, série Ligne de crue, Gideon Mendel, juin 2007.

Il y va du constat, mais aussi de l’anomalie grotesque, dans les pièces à conviction de Gideon Mendel : près de la gare, dans un nouvel espace ironiquement nommé Ground Control (contrôle au sol), des couples immergés prennent la pose dans leur environnement occupé par les eaux, des objets détrempés trônent au milieu du salon. Le photographe sud-africain a parcouru treize pays du globe en deux ans pour réaliser la série Un monde qui se noie, dont on peut voir ici quelques trophées exemplaires. Autre signal fort, au Magasin électrique ouvert par les éditions Actes Sud dans le Parc des Ateliers : l’Arlésien d’adoption Mathieu Asselin inventorie, dans ce qui oscille entre « l’herbier du no future » et le « cabinet de monstruosité », les effets catastrophiques produits sur les corps et l’écologie par les pesticides et les semences OGM introduites depuis 1996 par le géant de l’agroalimentaire Monsanto. Un travail d’enquête en contre-champ avec celui du géographe et photographe Eric Julien, présenté par le même éditeur sous la forme d’un diorama dans les Caves du Méjean et intitulé Les indiens Kogis, la mémoire des possibles (publié chez Actes Sud). Les clichés d’Eric Julien témoignent d’une société où tout est « signe » et dont les derniers héritiers, les indiens Kogis de Colombie, réfugiés dans les hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta, regardent avec tristesse leurs petits frères « civilisés » « déchirer les trames de la vie ».

Aie aie aie Columbia !

Hasta Abajo 02, Leslie Moquin. Exposition Territorio.

La Colombie, toujours ! Terre de toutes les mutations et de tous les contrastes, elle fait l’objet d’un large focus en Arles : près de six expositions, dont une consacrée plus largement au continent sud-américain à la Fondation Van Gogh (Pulsions urbaines, photographie latino-américaine, 1960-2016), rendent compte d’une large scène dynamique, de l’éclectisme de ses modes de vie et de la diversité d’une nation qui vient de mettre fin à cinquante ans de conflit avec les Farc. L’ouverture des Rencontres fut, pour l’Institut français, l’occasion d’inaugurer le deuxième volet de cette année d’échanges culturels franco-colombiens par une grande soirée festive, avec diaporamas sur écran géant et food trucks associant, près des arènes, tout un quartier de la ville autour d’un nouvel espace d’exposition baptisé Croisière. C’est là, sous le titre évoquant deux puissants symboles nationaux, La vache et l’orchidée, et sous la forme d’un parcours composé de photographies vernaculaires, que s’expriment la vie et les drames du pays, alors qu’une sélection de regards fraîchement diplômés (Territorio) est présentée dans la galerie Arena de l’Ecole nationale supérieure de photographie, jusqu’au 16 septembre rue des Arènes (l’école, quant à elle, est relocalisée dans un bâtiment flambant neuf de 4 000 m2 conçu par l’architecte Marc Barani dans la Zac des Ateliers).

Herbarium of Artificial Plants (détail), Alberto Baraya, 2012-2016.

A la Chapelle Saint-Martin du Méjean, où se côtoient sur deux étages 28 photographes et artistes colombiens sélectionnés par le directeur des Rencontres, Sam Tourdzé, et la commissaire Carolina Ponce de Léon, transformations du territoire et quête d’identité à l’heure des réseaux sociaux sont les moteurs de La Vuelta, dont le titre tiré de l’argot signifie le vol, le meurtre et bien d’autres trafics, nous dit-on, autant que le retour, ou encore, faire volte-face. C’est ainsi que Alberto Baraya inverse les codes dans une œuvre plastique qui emprunte autant à la photographie documentaire qu’à la botanique ou à l’anthropologie leurs méthodes de classification. Détournant les pratiques du colonialisme du XVIIIe siècle, comme celle consistant, par exemple, à répertorier, archiver les espèces et à mesurer, à cet effet, la tête des autochtones, l’artiste associe à des clichés noir et blanc montrant ses concitoyens évaluer scrupuleusement le tour de tête de touristes en goguette à Bogota des dizaines de planches d’un herbier constitué de fleurs et de plantes artificielles, qu’il ramena de ses expéditions internationales, depuis la Biennale de Venise jusqu’au Musée de la guerre d’Indianapolis… Pour compléter cette installation (Herbarium of Artificial Plants, 2012-2016), il consigne, dans des tiroirs de bibliothécaire, des milliers de clichés au format carte postale, plus absurdes les uns que les autres et répertoriant la présence de plantes en plastique par typologie d’espaces – théâtre, rue, monument aux morts, etc. Une manière de rendre compte, non sans une pointe d’humour, combien le pouvoir économique, la science et la culture reconfigurent la nature, à l’heure des mondialisations d’hier et d’aujourd’hui !

Iran : 38 ans de poésie post-révolutionnaire

Cliché signé Gohar Dashti.

« Déchirés entre modernité et modes de vie prescrits par le pouvoir, les photographes multiplient les expériences. Certains font le choix de jeter une lumière crue sur les souffrances endurées par leur peuple, en photographiant les franges les plus reculées et oubliées du pays, souligne Sam Tourdzé en préambule d’une édifiante exposition consacrée à l’Iran. D’autres s’aventurent dans ce qu’il est interdit de montrer aux médias officiels et lèvent le voile sur la vie quotidienne des iraniens. (…) Nombreux sont également ceux qui préfèrent délaisser le présent pour retourner vers le passé, le fouiller pour reconstruire et mette en perspective l’histoire, et ainsi se réapproprier un récit national confisqué par certains clans au pouvoir. » Soixante-six photographes de tous genres, âges et horizons, opérant tant dans le champ de l’art et du cinéma que dans celui du reportage, nous livrent une cartographie psychique de l’Iran, 38 ans après sa révolution islamique. « Ce n’est pas un hasard si notre pays compte autant de photographes », soulignent les commissaires Anahita Ghabaian et Newsha Tavakolian, pour qui la photographie apparaît comme « la version moderne de la poésie » : « Lorsque les iraniens souhaitent s’exprimer sur un sujet, précisent-elles, ils utilisent les outils que leur a fournis l’histoire ».

Qajar (série), Shadi Ghadirian, 1998.

C’est la beauté tragique des éternelles amours empêchées, mise en scène par l’artiste Babak Kazemi : deux amants nus sommeillent tête-bêche, enroulés chacun dans un tapis traditionnel (notre photo d’ouverture). Portrait ou nature morte ? L’image, réalisée en 2012, rappelle autant par son épure symbolique que par son titre inspiré d’une vieille légende persane – La Sortie de Shirin et Farhad – combien, aujourd’hui encore, l’intime est sous contrôle dans le pays. Pour Shadi Ghadirian, photographe reconnue dans le monde entier pour sa première série Qajar (1998), « une femme, une femme iranienne, une femme comme moi, est à la croisée de toutes les frontières inconnues qui séparent la tradition de la modernité. » Ses deux adolescentes, vêtues de blouses brodées et couvertes d’un tchador, prenant la pose devant des tentures bourgeoises, l’une casquée et perchée sur un VTT, l’autre assise en tailleur à ses pieds, auront, elles aussi, marqué les esprits de cette édition 2017. Sous une forme poétique teintée de surréalisme, la photographe Gohar Dashti stigmatise, dans une section de l’exposition intitulée La guerre du front au salon, l’héritage des huit ans de conflit Iran-Irak (1980-1988) par le portrait de deux jeunes mariés shootés dans une carcasse de voiture explosée. Non loin, le duo Morteza Niknahad & Behnam Zakeri s’inspire de dessins humoristiques pour reproduire, dans une mise en scène issue de leur série Espace public (2015), des baigneurs pris sur la grève, confortablement installés dans des baquets chauffés au gaz. Accompagnée par une publication de 192 pages intégrant la reproduction de 200 photographies aux éditions Textuel, l’exposition Iran, année 38 questionne, sous l’objectif des siens, l’identité du pays de 1979 à nos jours.

Iran Diary, Abbas Attar, 1971-2002.

Extrait du journal d’Abbas Attar (Iran Diary, 1971-2002), un cliché pris sur le tournage du film Le goût de la cerise (Palme d’or à Cannes en 1997) apparaît tel un point de fuite au centre de l’église Sainte-Anne, place de la République, où est présentée cette introspection collective. On y observe le réalisateur du film, Abbas Kiarostami, constatant à travers l’interstice d’une porte de métal placée au sommet d’une colline que celle-ci n’ouvre sur rien d’autre que les champs alentours : doit-on lire, à travers ce moment de poésie absurde, une métaphore de l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays ? Qu’elles reproduisent la réalité, la détournent ou la mettent en page, qu’elles montrent tantôt la cruauté grégaire d’un peuple filmant une pendaison en direct, à l’aide de téléphones portables, dans la série Les spectateurs de la mort (2012) d’Ebrahim Noroozi, ou au contraire qu’elles immortalisent la clémence d’une mère, pardonnant d’une gifle symbolique l’assassin de son fils, alors que celui-ci est déjà sous la potence – Act of forgiveness (2014) d’Arash Khamooshi –, tout ce corpus d’œuvres rend compte de la schizophrénie morbide d’une nation encore sous tension. On retiendra, également, ne serait-ce que par sa contemporanéité formelle, l’époustouflante reconstitution d’Azadeh Akhlaghi qui, dans une seule photographie issue de la série Témoin oculaire (2012), évoque le massacre des personnalités du pays, le 7 décembre 1953, lorsque dans l’enceinte de l’Université de Téhéran, la police du Shah ouvrit le feu sur les manifestants opposés à la visite de Richard Nixon, alors Vice-président des Etats-Unis.

* L’inauguration de la tour de 56 m de haut conçue par l’architecte Frank Gehry pour la Fondation Luma, créée par la mécène Maja Hoffmann, est prévue pour fin 2018.

Rendez-vous lundi 11 septembre pour la suite de notre exploration des Rencontres d’Arles 2017.

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