Les vies déshabillées de Jacqueline Devreux

Connue pour ses grandes peintures à l’huile, floutées par la matière, et pour ses photographies, toujours des portraits, Jacqueline Devreux est l’invitée, jusqu’au 4 février, de la galerie Pierre Hallet à Bruxelles. Trois de ses toiles sont exposées ainsi qu’une exceptionnelle série de dessins à la mine de plomb.

Ces quelques fleurs, Jacqueline Devreux.

Cernés d’un trait noir comme pourrait l’être une gravure, les dessins de Jacqueline Devreux déploient une galerie de personnages plus ou moins déshabillés et parfois avec le visage effacé. La quête de cette artiste belge (1963, Bruxelles) voyage du côté de l’identité et du portrait intime. La sienne, les nôtres. Nos identités publiques, privées, secrètes, lumineuses ou sombres. Et comment les voir, les capter et les montrer. Ainsi, l’artiste part souvent d’autoportraits photographiés ou de photographies de modèles d’un jour – amis, collègues – qu’elle sollicite. Chez ceux-ci et chez elle-même, elle a vu quelque chose en creux, une ombre mouvante, le revers d’une médaille, bref, une part d’humain qui la touche et l’interpelle. C’est ce qu’elle aime à montrer.
Autour de cette galerie se greffent de nombreuses histoires racontées par les poses prises, les associations d’éléments… contes étranges et un peu pervers, navigant sur la crête d’une vague, celle de l’érotisme ou de la mort apprivoisée. Ainsi, Party girls (image d’ouverture), cette jeune fille en t-shirt ligné, qui se penche avec vivacité vers une autre silhouette fondue dans le décor et à tête de mort. On ne sait ce qu’a voulu y mettre Jacqueline Devreux, mais nous y voyons la danse joyeuse et macabre de la vie qui se promène jusqu’à sa fin annoncée. Voici Histoire d’O, le portrait d’une jeune femme nue assise. Elle porte les mains à son visage, le masquant d’un halo d’ombre formant comme un « O ». Plus loin, La Partie, une scène d’une partie d’échecs avec, à gauche, une jeune femme habillée, à droite, l’artiste elle-même, nue, déplaçant un pion. La scène est complétée d’une silhouette de femme à l’arrière-plan et d’un petit chien assis sous la table. Celui-ci nous dit : ne vous en faites pas, rien n’est grave, ce n’est qu’un jeu. Things we said today, c’est une autre femme, assise de profil, une longue veste ouverte sur un sein qu’elle tient de ses deux mains, l’offrant à voir et à admirer. L’arrière-plan, le reste du corps, les jambes sont perdus dans le noir du crayon mille fois repassé. N’émerge que ce sein blanc, la veste et une partie du visage. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

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