La vie en peinture de Cai Guo-Qiang

Cai Guo-Qiang

Le Bonnefanten Museum accueille à Maastricht, pour la première fois aux Pays-Bas, une exposition personnelle dédiée exclusivement à la pratique picturale de Cai Guo-Qiang. Un événement à découvrir jusqu’en mai prochain et organisé dans le cadre du Bonnefanten Award for Contemporary Art, prix remis tous les deux ans depuis 2000 et dont le plasticien chinois est le récipiendaire 2016.

Le Bonnefanten Museum – littéralement le Musée des Bons Enfants – a la particularité d’abriter côte à côte une collection d’art ancien – avec des œuvres datant de 1000 à 1700 – et une autre d’art contemporain. Le prix international qui porte son nom est considéré comme la distinction néerlandaise la plus importante consacrée aux arts plastiques. Après la Brésilienne Laura Lima en 2014, le Belge Francis Alÿs en 2010, l’Américain John Baldessari en 2008 ou encore l’Allemand Neo Rauch en 2002, le Chinois Cai Guo-Qiang – aujourd’hui installé à New York, il est né en 1957 à Quanzhou, ville côtière chinoise située en face de Taïwan – est le neuvième artiste à être récompensé pour « son œuvre exceptionnelle ayant une influence majeure sur d’autres artistes, des organisateurs d’expositions et des professionnels de la culture ». Une œuvre qui s’appuie sur le dessin, l’installation, la vidéo, la performance et la peinture. Discipline mise à l’honneur ici, pour la première fois de manière exclusive. My Stories of Painting réunit ainsi plus d’une centaine de pièces – pour la plupart jamais montrées au grand public – témoignant de différentes périodes de la vie et de la carrière de Cai Guo-Qiang comme de son goût pour l’exploration, en termes de technique et de format. Le parcours débute avec des aquarelles et des peintures à l’huile, réalisées lorsqu’il était encore étudiant, et ses premières expérimentations impliquant la poudre à canon. Pratique qui le rendra célèbre et qu’il va perfectionner entre 1986 et 1995, alors qu’il vit au Japon. L’exposition reflète ensuite la quête menée depuis New York, où il vit depuis 20 ans – quête qui lui vaudra d’être Lion d’Or à Venise dès 1999 –, et le fruit de son travail le plus récent, qui voit notamment le recours à la poudre à canon noire laisser peu à peu la place à l’utilisation de poudres multicolores. Enfin, My Stories of Painting offre également de s’immiscer dans un contexte plus intime : par le biais de toiles de Cai Guo-Qiang, mais aussi de photographies et d’œuvres signées par divers proches, le visiteur fait la connaissance de sa grand-mère, de ses parents – Cai Ruiqin, son père, était calligraphe, historien et peintre traditionnel –, de sa femme – Hong Hong Wu est peintre – et de ses filles, jusqu’à entrevoir leur influence dans l’évolution de cette œuvre toujours placée sous le signe du dialogue entre cultures orientale et occidentale.

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