Vibrations picturales à Bruxelles

Dans l’immense espace des anciens magasins Vanderborght, près de la Grand-Place de Bruxelles, l’exposition Painting after Postmodernism réunit, jusqu’au 13 novembre, seize artistes peintres – huit Américains et huit Belges ou vivant en Belgique – et une importante sélection de grands formats sur cinq étages. De quoi alimenter l’engouement pour la peinture. Cette exposition organisée par la galerie Roberto Polo, en partenariat avec la Ville de Bruxelles et le cinéma Galeries, est l’occasion de découvrir 256 tableaux en pleine conversation ! En juin, « Mu in the City » a eu l’occasion de rencontrer la commissaire de l’exposition, l’historienne de l’art américaine Barbara Rose.

Werner Mannaers
The Lolita Series (Chapter 9), Werner Mannaers, 2015.

Non, la peinture n’est pas morte, malgré l’annonce apocalyptique faite par Marcel Duchamp en 1918. Bien au contraire, on la retrouve de plus en plus dans les galeries. Travailler seul devant la toile, exercer son savoir-faire, mais aussi connaître l’histoire de l’art sont les éléments qui, selon Barbara Rose, rendent les artistes intéressants. Il ne s’agit pas de faire une image, réaliste ou abstraite, belle ou pas, mais bien d’entrer dans une recherche, une profondeur, qui fera de la toile une œuvre qui tend vers la transcendance ou la spiritualité.
Les artistes ont été sélectionnés d’un côté et de l’autre de l’Atlantique au travers d’un long échange entre la commissaire et Roberto Polo. Au rez-de-chaussée, tout l’espace est réservé à Larry Poons (Tokyo, 1937) qui vit et travaille à New York. « Je crois que Larry Poons mérite un meilleur destin et d’être compris comme un défenseur de la peinture, peut-être même LE défenseur de la peinture », écrit Frank Stella en 1999. Dans une gestuelle proche de celle de Cy Twombly pour certaines toiles, avec de grandes coulées dans d’autres et l’ajout de reliefs pour une texture profonde et puissante pour d’autres encore, Poons expérimente sans cesse. Ses grands formats vibrent d’une puissance et d’une passion impressionnantes. Il y a de la rage à peindre chez ce tout petit bonhomme de presque 80 ans.
Dans les étages, dans une présentation un peu trop bavarde, de très belles choses et d’autres qui nous semblent de moindre qualité. Uniquement de très grands formats, qui prennent leurs aises dans les beaux espaces du Vanderborght. Pour qui aime la peinture, il y a de quoi se régaler. Beaucoup d’œuvres vibrent puissamment. Le visiteur est aspiré dans ces univers qui se déploient. On compte trois femmes sur les 16 artistes.
Notons l’effraction dans la quatrième dimension de Mil Ceulemans (Kapellen, 1977) ou de Bart Vandevijvere (Courtrai, 1961), la palette et les fonds hachurés de motifs inspirés de l’art aborigène de Werner Mannaers (Schoten, 1954), les réseaux d’alvéoles et les textures de Paul Manes (Austin, 1948), les collages dans l’espace – de la toile – de Xavier Noiret-Thomé (Charleville-Mézières, 1971). (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

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