Un havre d’art

Un Eté au Havre a été créé l’an dernier pour fêter les 500 ans de la ville. Pendant plusieurs mois, des installations artistiques ont envahi la cité portuaire pour rendre la saison estivale vivante et attirer un grand nombre de visiteurs. Face au succès remporté, le maire de la ville, Luc Lemonnier, a décidé de reconduire l’événement : « Il y aura dorénavant, chaque année, un nouvel Eté au Havre ». Le parcours 2018 est composé d’expositions, de six nouvelles installations et de 18 artistes à découvrir jusqu’au 23 septembre.

Accueillir une manifestation culturelle au Havre pendant la saison estivale est le projet ambitieux que Luc Lemonnier, maire de la ville, a confié à Jean Blaise. Un Eté au Havre a vu le jour l’été dernier, à l’occasion des 500 ans de la cité portuaire, et a été renouvelé cette année grâce aux habitants. A la fin de la première édition, près de 4500 personnes ont signé une pétition pour que certaines œuvres deviennent pérennes. « Je trouve que depuis le début des festivités, la ville est plus vivante. Il y a du monde dehors et nous croisons beaucoup de touristes qui se déplacent pour voir ces œuvres d’art. Elles embellissent la ville et lui donne un cachet supplémentaire », expliquait Arthur Micheneau, habitant du Havre, sur le site Actu.fr à l’automne dernier. C’est ainsi que certaines œuvres ont été conservées.
Les cabanes reprennent des Couleurs sur la plage du Havre ! Symboles emblématiques de la ville, elles ont été habillées par Karel Martens lors de l’édition 2017. L’installation a été renouvelée cette année pour le plus grand plaisir de tous les baigneurs et promeneurs.Restons dans la couleur : Catène de containers de Vincent Ganivet en met plein les yeux. Au croisement de la rue de Paris et du quai de Southampton, deux arches monumentales construites à partir de containers multicolores s’élèvent et s’entrecroisent. Clin d’œil à l’activité principale de la ville. UP#23 de Sabina Lang et Daniel Baumann est aussi une œuvre monumentale de l’édition 2017. Construite à l’origine en bois, cette sculpture aux formes architecturales a été repensée par ses concepteurs et est désormais en béton. Installée sur la plage, elle sert de porte d’entrée à l’horizon. Magnifique !
En se baladant dans les Jardins Suspendus, les Havrais peuvent interagir avec Le Temps Suspendu. L’installation est un trombinoscope géant, conçu par le studio de design graphique Chevalvert. Elle rassemble les portraits de tous ceux qui se sont fait photographier lors d’Un Eté au Havre 2017. Dans cette galerie numérique, chaque personne peut retrouver son visage à l’aide d’un code. Près des quais George V et Lamblardie, deux formes en inox émergent du bassin du Commerce et propulsent deux redoutables jets d’eau l’un vers l’autre pour former un nuage de bruine. « Il est ici question de puissance, d’une rencontre forte et fragile, toujours en mouvement », explique Stéphane Tidet, créateur d’Impact.
« Nous avons décidé de consolider et de prolonger 2017 en faisant en sorte que 2018 soit un passage vers 2019, édition qui proposera le format définitif d’Un Eté au Havre », précise son directeur artistique, Jean Blaise. Cette année, en plus des cinq œuvres pérennisées, Le Havre accueille six nouvelles créations. Parmi elles, deux sont signées Fabien Mérelle. Avant de devenir une sculpture, A l’origine est un dessin témoignant d’un épisode complexe de la vie de l’artiste, alors qu’il se trouvait « confronté au poids de la tradition et de l’Histoire ». De confession catholique, il souhaitait épouser une jeune femme juive. Mais cette union n’était pas envisageable par leurs familles et leurs religions. Le dessin représente l’artiste, un éléphant sur le dos. « L’éléphant représentait ce fardeau que je portais alors sur mes épaules. Ce dessin devait devenir une sculpture : c’était pour moi une évidence. Cet homme est comme tous les autres ployant à un moment donné de sa vie sous le poids de situations qui paraissent insurmontables. Réaliser cette sculpture c’était trouver le moyen de mettre à mal l’impossible. Ce qui me plaît en elle, c’est ce que chacun s’invente en la regardant. » La pièce de six mètres de haut a été exposée à Hong-Kong avant de débarquer sur la digue Augustin Normand au Havre. Fabien Mérelle présente une autre sculpture sur la plage du Bout du Monde. Une œuvre qui le représente avec sa fille juchée sur ses épaules. Jusqu’au bout du monde prend place sur cette plage qui l’a inspirée. Tournés vers New York, ensemble ils regardent l’horizon et font face à l’avenir, bien au-delà de ce bout de monde.
Dans les années 1960, l’architecte finlandais Matti Suuronen a créé la Futuro House : un petit chalet facile et rapide à monter avec un look de soucoupe volante. En 2013, l’artiste britannique Craig Barnes est tombé sur un exemplaire en Afrique du Sud et l’a ramené en Angleterre pour le restaurer minutieusement. Sa Futuro House est exposée au cœur des Jardins Suspendus dans le cadre du festival. La visite du chalet s’accompagne d’une musique de Vincent Epplay, qui a souhaité « rappeler cette atmosphère de science-fiction des années 1960 en mélangeant des sons de synthé analogiques et des sons concrets ». Les spectateurs n’ont plus qu’à attacher leur ceinture pour un retour vers le futur !

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