Quand Tim Burton croque

Tim Burton est cinéaste. Cela, peu de gens l’ignorent, mais il est aussi dessinateur, compulsif même, qui a besoin du dessin pour canaliser ses projets et son imagination débordante. L’exposition qui se tient actuellement au C-Mine à Genk, en Belgique, a puisé dans les archives personnelles de l’artiste pour rassembler plus de 400 dessins et objets souvent inédits.

Percepto, Tim Burton, 1996-1997.

The world of Tim Burton est une affaire qui tourne bien. Inaugurée au MoMA en 2009, à New York, elle s’est baladée aux quatre coins du globe (oui, ça, Tim Burton peut le faire) et est accueillie en Belgique par le C-Mine, complexe culturel qui réhabilite l’ancien site des charbonnages de Genk, dans le Limbourg. On ne pouvait rêver de meilleur écrin pour le monde fantasmagorique du créateur de Beetlejuice et de Charlie et la Chocolaterie que ce vestige du machinisme industriel avec ses voûtes de briques et ses tours métalliques élevées pour ramener l’or noir des entrailles de la Terre. L’exposition rassemble des dessins sur une période qui s’étend de l’adolescence de l’artiste aux dessins préparatifs de son dernier film. La première surprise est de voir l’étonnante cohérence stylistique et thématique entre les dessins réalisés à l’aube de la vingtaine et ceux croqués quarante ans plus tard.
Plume, aquarelle, crayon et même quelques huiles, tous les médiums sont absorbés par l’imaginaire vorace de l’éternel jeune homme de Burbank, où cohabitent les monstres à tentacules, les filles aux longs cheveux noirs couvertes de cicatrices, les soucoupes volantes et les petits enfants solitaires qui fixent le spectateur de leurs grands yeux ronds. Même si l’on retrouve les dessins préparatoires de chacun de ses films, il ne faut pas être un « burtonologue » averti pour apprécier la patte et l’imagination du dessinateur. Mais quand on connaît les films, il est amusant de constater que, souvent, les personnages masculins qu’il dessine se ressemblent et lui ressemblent. Derrière Edward aux mains d’argent ou derrière le Chapelier Fou, avant les costumes et les effets spéciaux en postproduction, on a le même jeune homme dégingandé qui regarde le monde les yeux écarquillés, émerveillé et effrayé à la fois.
Sans jamais dévier de son propos, l’exposition fait le pari de ne présenter aucune photo de film, ni d’extraits des musiques de Danny Elfman, pour accompagner le visiteur. Le parcours se réserve quand même quelques incursions hors de la 2D avec les figurines des personnages de plusieurs films ainsi que les grandes sculptures que Burton a imaginées à partir de ses dessins pour faire de son exposition un parcours surprise, d’où surgissent à intervalles réguliers des créatures pas toujours bien intentionnées. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Contact

The world of Tim Burton, jusqu’au 28 novembre au C-Mine à Genk, en Belgique.

Crédits photos

Image d’ouverture : Vue de l’exposition The world of Tim Burton © Photo Selma Gurbuz courtesy C-Mine – Percepto © Tim Burton