Temps suspendu au château de Gaasbeek

Sous les auspices du dieu Kairos, la philosophe Joke Hermsen rassemble des artistes qui distillent le temps dans le décor fantasmé du château de Gaasbeek, situé à Lennik au sud-ouest de Bruxelles. Un parcours en images et en sons pour une thématique des plus insaisissables, sauf à la rêver.

Le château de Gaasbeek est une œuvre en soi. Les murs, les lambris, les voûtes et les recoins de cette fantaisie néo-Renaissance racontent des histoires qui se superposent et dialoguent avec les œuvres des artistes contemporains qui y exposent. Au cours de la visite, on monte et on descend des escaliers, on grimpe jusque sous les toits, on descend dans la cuisine aux sous-sols, on pousse des portes et on passe de pièce en pièce sans jamais revenir sur ses pas, ni regarder vers l’extérieur. Comme une déambulation dans un entre-temps. Le temps est la matière première de Château Kairos, l’exposition imaginée par la philosophe néerlandaise Joke Hermsen. Petit-fils de Chronos, Kairos est le dieu du temps disruptif et intériorisé. Celui qui prend du recul avec l’infernale cadence du temps chronologique pour goûter à l’éternité de l’instant.

Dès l’entrée, le visiteur est invité à poser la main sur une œuvre d’Olga Kisseleva pour voir son état émotionnel s’afficher sous une horloge électronique. Par la suite, le lien avec le temps n’est pas toujours aussi littéral dans la soixantaine d’œuvres qui se succèdent au long du parcours. La poussette d’enfant que Chiharu Shiota enferme dans un écheveau de fils noirs semble jouer avec le temps de la mémoire. Corinne Mercadier, avec la photo qui fait aussi l’affiche de l’exposition, nous invite dans un lieu étrange qui n’est pas le nôtre. Des personnages de dos et une voie balisée jusqu’à l’horizon.

Dans Staging Silence, la très belle vidéo de Hans Op de Beeck projetée dans la pénombre de la chambre d’Egmont, ce sont deux mains qui construisent et déconstruisent des univers changeants avec des objets de tous les jours, plantes en pot, tampons d’ouate, bouteilles en plastique ou morceaux de sucre. Georgia Russel crée des formes indéfinies entre des bustes et des créatures marines. En approchant, on découvre qu’elles sont constituées de minuscules languettes découpées dans des livres, dont quelques mots et bribes de phrases se laissent encore deviner. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Staging Silence (arrêt sur image vidéo), Hans Op de Beeck.
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