Saâdane Afif tout en éloquence

A Bruxelles, le Centre d’art Wiels nous propose actuellement l’exposition Paroles, de Saâdane Afif. Le Français, dont le projet The Fountain Archives a été présenté au Centre Pompidou l’an dernier pendant plusieurs mois, donne à voir en Belgique la grande diversité de sa pratique artistique : de l’installation à l’affiche, de la sculpture au texte, de la musique à la collection. Une balade intrigante et pleine d’humour.

Saâdane Afif dit de lui qu’il est un artiste conceptuel bavard. Il fait appel en permanence au savoir-faire d’artisans, de musiciens, d’écrivains. Son œuvre est en perpétuel devenir, puisqu’il ne s’interdit pas de la faire évoluer lui-même ou de la donner pour continuation à d’autres artistes. C’est la troisième exposition en Belgique de cet artiste né en France en 1970, qui vit et travaille à Berlin depuis 2004. Il a présenté un néon au Wiels en 2007 et une œuvre dans Atopolis à Mons en 2015. L’exposition à voir aujourd’hui est une rétrospective présentée par ordre chronologique. On y découvre 10 installations des 15 dernières années, en un parcours qui aboutit à un studio de répétition dans lequel le public peut mettre en musique les chansons écrites autour des œuvres d’Afif par d’autres créatifs.
Autour de chaque œuvre ou groupe d’œuvres, sur les murs, des textes sur celles-ci – poèmes ou chansons – demandés par l’artiste à ses amis. « C’est une chaîne, explique l’artiste. Ces textes montrent le processus qui se met en place au moment de l’intégration d’une œuvre dans une communauté. » Saâdane Afif présente son travail comme jamais achevé. Le studio de répétition est une métaphore littérale de l’exposition et de sa relation avec les visiteurs. « Les questions récurrentes que je me pose sont : pourquoi parle-t-on de l’art ? Comment les œuvres d’art apparaissent-elles ? Les œuvres nous sont d’abord étrangères. Doit-on les apprivoiser et les intégrer ? Alors, elles deviennent un profond facteur de lien entre les gens et permettent de développer une communauté autour d’elles, explique-t-il. Duchamp disait : “C’est le regardeur qui fait le tableau.” Ma question est : Que se passe-t-il dans la tête du regardeur quand il regarde une œuvre ? »
Dans une première salle, Black Chrods, 13 guitares électriques branchées sur 13 amplificateurs, est une installation sonore contrôlée par un programme informatique. Un système automatisé gratte les cordes de chaque guitare. Lente et mécanique, la série d’accords évoque le tintement des cloches et – en l’absence de tout musicien – crée une bande-son plutôt fantomatique. L’artiste y a joint un néon, Paroles. Et une affiche. Depuis 2005, Saâdane Afif emploie l’affiche comme outil pour synthétiser les faits qui entourent un projet. « L’affiche permet de nommer chaque personne qui a accompagné le processus ou y a participé, (…) une façon de mettre en valeur l’idée selon laquelle l’œuvre et l’artiste ne se construisent pas seuls », détaille-t-il. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Vue de l’exposition Paroles, Saâdane Afif.
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Paroles, jusqu’au 22 avril au Wiels à Bruxelles.

Crédits photos

Vues de l’exposition Paroles © Saâdane Afif, photos Hugard & Vanoverschelde courtesy Wiels