Les rêves d’humanité d’Aimé Mpane

Aime Mpane

Le Musée Ianchelevici de La Louvière (MiLL), en Belgique, a pour double vocation d’offrir au public d’appréhender sa collection permanente, constituée d’œuvres du sculpteur belge d’origine roumaine Idel Ianchelevici (1909-1994), et de lui proposer de s’ouvrir à la création contemporaine au fil des différentes expositions temporaires organisées tout au long de l’année. L’institution, qui célèbre en 2017 ses trente ans, accueille actuellement le travail à la fois sobre et puissant du Congolais Aimé Mpane.

Tous les deux ans depuis 2013, le MiLL convie un sculpteur dont le travail dévoile des correspondances avec sa collection permanente. Idel Ianchelevici et Aimé Mpane ont ainsi en commun un lien avec l’actuelle République Démocratique du Congo : le premier s’est rendu, et a travaillé, à Léopoldville, capitale du Congo belge, dans les années 1950 ; le second est né en 1968 dans cette même ville, devenue Kinshasa huit ans plus tôt, lors de l’accès à l’indépendance de la colonie belge. Fils d’un sculpteur et ébéniste, Aimé Mpane s’est formé sur les bancs de l’Académie des beaux-arts de sa ville natale avant de partir s’installer à Bruxelles, en 1994. Depuis, il partage son temps entre les deux continents. Les thèmes de l’enfance – « L’enfant, c’est l’avenir, dit-il, et cet avenir est très critique en Afrique pour les jeunes. » – et de l’identité nourrissent une démarche qui entremêle peinture, sculpture et installation. « Depuis près de 20 ans, Aimé Mpane dénonce les exactions perpétrées sur le continent noir et le mal-être de ce dernier, explique la directrice du Musée Ianchelevici Valérie Formery. Ses sculptures racontent le désarroi, la corruption, les génocides, des thèmes qui concernent bien sûr l’Afrique, mais qui abordent plus largement les parts d’ombre et de lumière de notre condition humaine. Son œuvre entière traite de questions existentielles. Sans se départir d’un profond optimisme et d’une foi inébranlable en l’humanité, l’artiste aborde les sujets les plus graves en les dotant d’une charge symbolique énorme. Associant la crudité des arts dits “premiers” à la pratique contemporaine de l’installation, Aimé Mpane adopte un langage universel. Eloigné du concept pur, il dépeint la réalité sociale et politique avec des moyens sobres et efficaces. Et nous invite à voyager au cœur de la culture populaire, conviant objets traditionnels et arts divinatoires à la rencontre d’enfants soldats, de villageois résignés, de figures mythiques ou de héros charismatiques. » Intitulée J’ai oublié de rêver, l’exposition réunit une dizaine de sculptures, six installations, un ensemble de bas-reliefs peints et une série colorée de portraits sur bois taillés à l’herminette. Elle est à découvrir jusqu’au 11 juin.

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