Les Rencontres de Bamako, porte-voix des nouvelles dynamiques panafricaines

La 11e édition des Rencontres de Bamako, Biennale africaine de photographie, a ouvert ses portes le week-end dernier pour une durée de deux mois. Placée sous le commissariat de Marie-Ann Yemsi, elle s’intitule « Afrotopia » et dévoile 40 projets, individuels ou collectifs, ainsi qu’une programmation parallèle ouvrant sur d’autres disciplines artistiques. « L’Afrique bénéficie d’un engouement occidental que ni les terrorismes, ni les conflits sociaux politiques et militaires ne semblent venir ébranler, relève Marie-Ann Yemsi. Dans le même temps, partout sur le continent africain, une nouvelle génération de penseurs et d’activistes culturels renouvelle les grilles de lecture et prend le pari, qu’armée d’outils conceptuels adéquats, l’Afrique peut être source de solutions. Partie prenante de ce mouvement, les artistes contribuent par leurs gestes artistiques à façonner les nouveaux imaginaires d’un continent en profonde mutation. Choisir d’intituler cette édition Afrotopia, en écho au livre de l’intellectuel sénégalais Felwine Sarr, relève, dans ce contexte, de la volonté d’inscrire cette biennale historique et pionnière pour la photographie, dans ces nouvelles dynamiques panafricaines, de les accueillir et d’y contribuer. » Plusieurs prix ont été remis ce lundi 4 décembre : le Sud-Africain Athi-Patra Ruga a ainsi reçu le Prix Seydou Keïta, Grand prix des Rencontres de Bamako ; le jeune français Julien Creuzet a été récompensé par le Prix de l’Organisation Internationale de la Francophonie ; l’Algérien Fethi Sahraoui s’est vu décerné le Prix Léon l’Africain – attribué par Royal Air Maroc, il est décerné à un artiste émergent résidant sur le continent et dont le travail se fait l’écho des questions sociales – ; le travail d’une autre artiste sud-africaine, Gabrielle Goliath, a été salué par le Prix de l’Institut français / Afrique en créations / Prix du Jury. Enfin, initié à l’occasion de cette édition 2017 de la biennale, le Prix Bakary Diallo – du nom de l’artiste et ancien étudiant au Fresnoy-Studio national des arts contemporains, tué le 24 juillet 2014 dans la catastrophe aérienne du vol Ouagadougou/Alger qui s’était écrasé dans le nord du Mali – a été attribué à Moïse Togo ; élève du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia de Bamako, il bénéficiera d’une bourse d’étude pour venir étudier au Fresnoy, à Tourcoing (59), pendant deux ans. Visuel : Miss Azania – Exile is waiting, Athi-Patra Ruga, 2015. Courtesy WHATIFTHEWORLD Gallery.