Regarder les réfugiés autrement

C’est un ensemble d’œuvres de plus de 40 artistes qui compose l’exposition BienvenUE, à voir jusqu’en janvier au Musée L de Louvain-la-Neuve, en Belgique. Un chant choral impressionnant de force sur le drame des migrations contemporaines, initié par le plasticien belge Charley Case qui a rassemblé autour de lui des artistes de toutes nationalités.

On entend parler quotidiennement des migrants, de leur errance, des bateaux qui coulent en Méditerranée. Images, films, nouvelles tragiques. Des informations dramatiques qui nous laissent pantois, emplis d’un sentiment d’impuissance. Que faire ici et maintenant en tant que citoyen ? L’exposition BienvenUE et les artistes qui y participent apportent à notre regard une incarnation puissante et poétique des mille blessures et brisures de cette migration, nous offrant la possibilité d’y réfléchir d’une manière moins politique et plus humaine.
Le Musée L a ouvert ses portes il y a un an dans l’ancienne bibliothèque des sciences de l’Université catholique de Louvain, dessinée par l’architecte André Jacqmain. L’intérieur, fait de béton brut, accueille les collections rassemblées de toutes les facultés. Dans la section art contemporain, un passage vous mène à l’exposition. Il faut, pour y accéder, traverser l’installation Les chemises, de Dirk Hendrikx, faite de chemises blanches cousues entre elles, flottantes et vides, comme orphelines des corps qui les ont portées. Dans la première salle, une immense arche de 22 m de long, imaginée par Charley Case, est posée sur le sol comme une barque retournée, formant une colonne vertébrale et un temple sous lequel sont installés les objets ramassés sur les plages où arrivent les migrants : chaussures, vêtements, ainsi que d’autres éléments qui sont pour la plupart des œuvres, intégrées et englobées dans l’installation. Voir ici la tragédie incarnée par le flot d’objets, comment elle prend forme et sens à notre regard.
Dans la salle suivante, une tente faite de deux demi-cercles, Le Muzoo, est installée comme une tente berbère. A l’intérieur, tapis, peaux de mouton, œuvres faites de tissus, de bois, de pierre, installations sonores et vidéo, photographies content en chœur les histoires parfois vécues par les artistes eux-mêmes, parfois transcrites par eux. La migration, la route vers un futur plus pacifique, le passage ou le blocage des frontières, la mer immense à traverser, la perte des repères, d’une famille, la route vers l’inconnu, les brutalités, les incompréhensions, le deuil, la peur, l’angoisse, les fantasmes, tout cela est incrusté dans chaque petite pièce inclue dans cette grande installation concrète, incarnée, brute, dure et pourtant prête à nous ravir – dans le sens d’un ravissement, d’un rapt.
Plusieurs artistes font partie de Sin E Angulo, regroupement d’artistes européens et africains autour du thème de la migration Sud-Nord. « Nous ne sommes pas un mouvement, ni un collectif d’artistes, nous sommes un état d’esprit », nous expliquent-ils. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Bateau plume, Youssef el Yedidi.
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BienvenUE, jusqu’au 20 janvier au Musée L, à Louvain-la-Neuve en Belgique.

Crédits photos

Image d’ouverture : Vue de l’exposition BienvenUE (détail) © Photo Muriel de Crayencour – Bateau plume © Youssef el Yedidi