Les points pixels de William Betts

Betts

William Betts a grandi à New York – où il est né dans les années 1960 – avant de rejoindre Phoenix, en Arizona, pour y étudier l’art, et plus spécifiquement la peinture, pendant quatre ans sur les bancs de l’université d’Etat. Il en sort diplômé – Bachelor of Studio Art in Painting – en 1991. Après avoir vécu quelques années à Houston, au Texas, il a finalement installé son atelier à Miami, ville à la scène artistique en pleine extension. Il retrace ici les grandes lignes de son parcours et de son approche picturale pour le moins atypique. Laquelle est à découvrir actuellement à la Holly Johnson Gallery de Dallas.

« J’ai toujours peint et dessiné depuis mon plus jeune âge. Après avoir passé un diplôme d’arts plastiques, avec une spécialité en peinture, j’ai changé de voie et suis parti travailler pour une entreprise de logiciels spécialisée dans le domaine de l’énergie. Ce n’est que douze ans plus tard, alors que la société qui m’employait était rachetée par un groupe plus important, que j’ai décidé de retourner sur mes pas et de laisser libre cours à ma passion. Il est amusant de noter la profonde influence qu’ont eue ces années passées dans l’univers informatique sur ma façon de peindre. Lorsque j’étais étudiant, j’avais recours aux techniques les plus traditionnelles, soit le pinceau et la toile. Mais celles-ci ne me semblaient plus aussi appropriées douze ans plus tard, bien au contraire ! J’ai donc entrepris de développer, au fil d’une multitude d’expérimentations, un procédé s’appuyant sur les technologies de pointe pour inventer une nouvelle façon de peindre : il s’agit d’une machine alliant, entre autres, les atouts de la commande numérique et de la robotique et qui, associée à un logiciel conçu par mes soins, est capable de reproduire des images photographiques sous forme d’un assemblage de points – de peinture acrylique – déposés avec une très grande précision sur la toile. La photographie est, quant à elle, à la base de tout mon travail. C’est un médium qui a tellement influencé la manière dont nous appréhendons les images qu’il me semble essentiel que les peintres, et les artistes en général, s’en saisissent d’une manière ou d’une autre. A quelques exceptions près, la plupart des images que je choisis de transposer en peinture sont des photos que j’ai prises ou bien des arrêts sur image effectués sur des vidéos. Le choix se fait après les avoir longtemps observées. Parfois, il peut se passer des mois avant qu’une image soit “prête” à être utilisée comme source d’un nouveau travail : elle passe et repasse devant mes yeux, tandis que je parcours ma banque de données, jusqu’à ce qu’à un temps T il me paraisse évident qu’elle est celle qu’il me faut. Quant à l’amoncellement de points qui donnent forme aux peintures, j’aime à les comparer aux pixels, ces éléments fondamentaux de la plupart des images que nous appréhendons aujourd’hui. Ils offrent un langage, contiennent des informations spécifiques – en termes de localisation ou de couleur, par exemple – qui nous permettent d’explorer la notion d’image de façon inédite et passionnante. »

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