Les réseaux prémonitoires de Peter Kogler

Peter Kogler

A l’occasion de ses 30 ans, l’ING Art Center convie Peter Kogler à s’emparer de son espace bruxellois. L’artiste autrichien propose une exposition immersive offrant un large aperçu de son travail, développé depuis le début des années 1980 en s’appuyant notamment sur le numérique. A découvrir jusqu’au 19 juin.

Une fourmi qui court sur une page de journal. C’est l’été. Le soleil est au zénith. Cette fourmi et son ombre précise tracent une diagonale sur le papier. Vite, filmer cette trajectoire. Nous sommes dans les années 1980, Peter Kogler est un jeune artiste autrichien né en 1959, vivant à Vienne. Il est fasciné par cette fourmi, son mouvement industrieux et plein de vie. Ce petit bout de pellicule est l’origine, la base et la source d’inspiration de toute la carrière de Kogler. Il va, avant même qu’Internet ne soit pensé, imaginer un monde interconnecté, une toile d’informations et de personnes qui circulent dans tous les sens et sur tout le globe. Vision prémonitoire, comme seul un artiste peut en avoir.

A partir de 1984, Kogler produit des images pixelisées à partir de photocopies agrandies, puis de programmes de dessin assisté par ordinateur. En s’emparant de cet outil balbutiant, ce qui l’intéresse c’est de se choisir un médium ultramoderne. Comme le peintre utilise un pinceau, lui va utiliser l’ordinateur. Il est le premier à avoir joué avec des images produites par une machine. De même, il fait une photo d’un de ses amis, maquillé pour ressembler à un robot, puis travaille l’image et la sérigraphie pour la rendre comme fraîchement sortie de la machine.

Passant de la sérigraphie à la photocopie, il crée d’immenses installations, notamment à la Documenta IX de Cassel en 1992, avec Rooms of Illusions, murs entièrement tapissés de papier imprimé d’immenses fourmis, ou au Mamco à Genève, avec une installation faite de bandes de papier sérigraphiées collées sur le mur.

La programmation informatique lui permettra de répéter des motifs digitalisés, de les reproduire sur des supports réels, de les combiner, de les adapter à un espace d’installation ou à de nouveaux moyens techniques tels que la vidéo ou le Web. En 1986, pour sa contribution à Aperto, l’ancienne manifestation « off » de la Biennale de Venise, il propose une série de portraits informatiques sérigraphiés sur toile qui font singulièrement penser à des caricatures.

Depuis, Peter Kogler ne cesse de composer des installations importantes dans et sur des bâtiments, toujours avec cette idée obsédante du réseau immense – comme un filet – de flux, de liens, d’énergies qui s’entrecroisent. D’abord avec des pages sérigraphiées, collées une par une, puis avec des programmes informatiques qu’il expérimente et exploite en restant toujours à la pointe des nouveautés offrant la possibilité d’imprimer de très grands formats, sur vinyle, par exemple. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Contacts
Crédits photos