Les pensées brûlantes d’Anne-Marie Schneider

Situé sur le site du Grand-Hornu, près de Mons en Belgique, le Musée des Arts Contemporains de la Fédération Wallonie-Bruxelles (MAC’s) accueille une exposition monographique de l’artiste française Anne-Marie Schneider. Trente années de création via le médium presque exclusif du dessin, un voyage immense dans l’imagination et la sensibilité de l’artiste.

Sans titre, Tête et fils électrique, Anne-Marie Schneider, 2006.

L’aile droite du musée est réservée aux grandes expositions. Un espace vaste et lumineux qu’ont, entre autres, occupé Jacques Charlier, Christian Boltanski ou Tony Oursler. Aujourd’hui envahi par une myriade de dessins. Pas de grandes toiles, pas d’immenses installations. Des petits dessins sur feuille, directement fixés au mur, sans cadre ni vitre. Des petites choses, brûlantes. Dès l’entrée dans la première salle, le groupe de journalistes invité à la présentation presse se tait. Grand silence. On entre ici dans le monde de l’intime, de l’indicible, du regard en creux, en profondeur. Ça vous prend au ventre.
Les dessins d’Anne-Marie Schneider sont de l’ordre de la fulgurance. Tout y est dit de ses pensées du jour, de ce qui l’occupe. L’artiste dessine chaque jour. Ses dessins ou « formes pensantes » sont autant de réactions affectives aux difficultés d’exister. L’artiste y met le corps, le couple, l’enfant, mais aussi ce qui la révolte dans les nouvelles du monde. « Mes dessins sont des lettres flottantes sur la plage, page blanche, pattes blanches, mais parfois incisives, le crayon comme scalpel, écrit-elle. Mes dessins parlent du manque » : manque d’un amoureux, manque d’enfant. Le dessin est l’étendard de son fantasme d’avoir une vie rangée ou supposée telle, où tous les éléments et personnages d’un projet idéal et idéalisé seraient en place.
De nombreux dessins sont accrochés à hauteur d’enfant. Un guide jeune public est disponible sous forme d’une invitation au dessin, ainsi que plusieurs animations.
Sur l’espace strictement limité d’une feuille blanche A4, un corps sans tête se promène, à moitié penché. Là, un chien qui pleure ; plus loin, deux mains et une tasse de café ; un demi-visage, deux mains orange le soutiennent, un écheveau de lignes dans le crâne. Encore le corps, à l’encre rouge, sur ces longs papiers. Morcellement, avec cette paire de seins, rose et rouge comme une pièce de boucherie. Déformation, avec deux bras qui se plient dans un sens absurde. Une série à l’encre bleue avec un personnage qui tente d’occuper l’espace laissé blanc entre de larges aplats bleus. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

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