Au pays des monstres d’Hell’O

Hell’O Monsters est un collectif belge, né dans les années 2000 à Bruxelles. Son univers surréaliste, peuplé de créatures hybrides, joyeuses et colorées, se déploie tour à tour sous forme de peintures murales, de dessins, d’installations ou de sculptures. Il est actuellement à l’honneur des cimaises du Musée des beaux-arts de Mons, dans le sud du pays.

Amis bruxellois, vous qui, il y a près de 15 ans, admiriez les stickers de petits personnages à la drôle de tête en forme de chou-fleur qui essaimaient sur les murs de la ville, vous qui avez suivi le déploiement de ce collectif, Hell’O, trois artistes et aujourd’hui deux, vous devez filez au BAM à Mons découvrir leur première exposition monographique !
Jérôme Meynen et Antoine Detaille, depuis 10 ans, créent des dessins, toiles, fresques murales, installations et autres céramiques, avec un vocabulaire de formes très personnel et reconnaissable. Plusieurs tribus de petits personnages, parfois cagoulés, parfois portant chapeau pointu, parfois juste deux yeux en amande sur un visage rond comme une lune pleine. Des oiseaux, quelques plantes, des vases. Des murs, des branches, quelques animaux. Du graffiti, au départ, puis du dessin sur papier et de grandes fresques murales et, depuis quelques années, de la peinture sur toile.

Sans titre, Hell’O, 2013.

Au fil de leurs expositions en galerie – à Bruxelles chez Alice Gallery – et de leurs fresques murales partout dans le monde – à suivre sur leur Instagram hello_collective ou sur leur page Facebook Hellocollective –, on a pu observer une évolution lente des techniques, des couleurs, des motifs. Ainsi, au début, Hell’O présente une vaste famille de petits personnages en noir et blanc, qui ne reniaient pas une consanguinité avec ceux de Bosch ou d’Ensor. Vanités, symboles qui sont aujourd’hui toujours présents mais comme fondus dans un propos plus large. La palette de couleurs s’est raffinée, les couleurs vives du début sont aujourd’hui assourdies, avec des associations très réussies de couleurs complémentaires. Des textures délicates à l’aérographe sont apparues.
Dès la première salle, quelques sculptures, totems réalisés pour l’exposition, fièrement dressés comme des gardiens du temple, avec au fond, un mur moutarde et l’autre d’un rose fané du meilleur effet. A droite, on retrouve une grande fresque sur panneaux de bois qui fut commandée par la Ville de Mons en 2009, à l’occasion de l’exposition Keith Haring au BAM. En face, deux immenses œuvres sur papier. « Nous avons développé une manière très particulière d’avancer ensemble, disons en zigzag. Il est important que chacun puisse travailler dans des directions différentes, en cherchant ses propres références, ses propres techniques et influences », expliquent les deux artistes en conversation avec Xavier Roland, directeur du BAM. « Au départ, lorsqu’on a commencé à faire des dessins ensemble, on voyait toujours qui avait fait quoi. Puis, notre volonté a été de faire disparaître complètement d’identité, l’ego. Bref, c’était ça la base : des styles assez proches mais néanmoins différents, avec une volonté de parvenir à une œuvre d’une seule entité. » (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

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