Le pari réussi de la Casa Carrère

Les œuvres de 30 artistes sont actuellement réunies à la Casa Carrère pour fêter ses 10 ans. Construite par un agriculteur rêveur de Bages, transformée un temps en musée d’art naïf, puis rachetée et réhabilitée par la municipalité, la bâtisse aux allures de petit château est devenue un lieu culturel prisé des Pyrénées-Orientales.

Il y a dix ans, la petite ville de Bages se lançait un défi : faire de la Casa Carrère un lieu culturel de référence dans le département. Cette maison bien connue des amateurs de la région est un monument en soi. Construite dans les années 1950 par un agriculteur original, François Carrère, elle arbore une esthétique évoquant, en moins exubérante et sophistiquée, celle du Palais Idéal du Facteur Cheval. Percé de nombreuses fenêtres, le bâtiment de deux étages, attire l’œil. Ses assemblages de cailloux aux formes arrondies, prélevés dans le lit de la Tech, lui servent à la fois de matériau et de décor. En 2007, sous l’impulsion de la municipalité, se met en place une première programmation artistique. Depuis lors, expositions et concerts se sont relayés jusqu’à faire de ce lieu une étape indispensable pour les amateurs d’art de la région. Pas moins de 30 plasticiens s’y sont succédé ces dix dernières années et la plupart d’entre eux étaient présents lors du vernissage de l’exposition anniversaire, le 13 juillet dernier. Ainsi, dans une ambiance chaleureuse et festive, les conversations se sont multipliées. Le public n’hésitant pas à venir féliciter et/ou interroger les artistes. Parmi eux, Francesca Caruana, Mario Chichorro, Michel Fourquet, Joseph Maureso, Richard Meier, Michel Pagnoux et Patrick Soladie. Aux cimaises, une trentaine d’œuvres célèbrent, jusqu’au 10 septembre, cette belle aventure culturelle. « Depuis dix ans, la Casa Carrère offre ses murs aux mondes contrastés des artistes d’ici, dans un souci d’exigence et de liberté, loin des grandes monographies des institutions, avec une minutie passionnée de galeriste et l’amour de ce pays chevillé au corps », témoigne Marie-Hélène Guéroult-Munoz, adjointe à la Culture. Pour l’occasion, un catalogue a été édité. Les textes de Marie Costa y sont lisibles en trois langues : français, anglais et… catalan. Evidemment.

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