Le Museum of Everything fait étape en Tasmanie

Créé en 2009 par le réalisateur, entrepreneur et amateur d’art britannique James Brett, le Museum of Everything est à la fois une organisation sans but lucratif dédiée à l’avancement, l’intégration et l’exposition de créateurs d’art « qui sortent de la filière culturelle générale » et une exposition itinérante. Constituée de centaines d’œuvres d’artistes « involontaires, spontanés et autodidactes » – pour reprendre les mots de son fondateur – des XIXe, XXe et XXIe siècles, elle fait actuellement étape à Hobart, sur l’île australienne de Tasmanie, au Museum of Old and New Art (Mona).

« Le Museum of Old and New Art est un lieu étrange et merveilleux, écrit James Brett, initiateur du Museum of Everything. Quand son propriétaire David Walsh et son conservateur Olivier Varenne nous ont invités à monter un spectacle épique de dix mois, il nous a été impossible de ne pas dire oui. Et nous l’avons fait dans une explosion de profondeur, de signification, de complexité et de goût. » L’exposition, la septième et la plus vaste organisée depuis 2009, réunit quelque 2 000 pièces – peintures, dessins, sculptures et objets – signées d’une centaine d’artistes du monde entier et datant de 1800 à nos jours. Parmi les travaux de créateurs contemporains rassemblés, citons les calendriers fourmillant de calculs prévisionnels du savant américain George Widener – atteint du syndrome d’Asperger –, les billets couverts d’écritures, de formules mathématiques et autres figures géométriques de Melvin Way – lui aussi américain – ou encore les caméras de céramique, livrant un aperçu d’un monde sans vision, de l’Australien Alan Constable. L’on retrouve également les œuvres à base de texte du Californien Dan Miller et du Japonais d’Osaka Kunizo Matsumoto, les villes en suspension de l’Allemand Hans-Jörg Georgi, la mythologie toute en énergie de la Chinoise Guo Fengyi, la chronique météorologique quotidienne du Russe Victor Kulikov ; aujourd’hui âgé de 80 ans, cet ancien enseignant d’histoire entreprend, tous les jours depuis quinze ans, à 9 h pile et depuis le même point de vue, de fixer sur le papier les subtilités de la lumière, du ciel et du paysage s’étendant devant chez lui. « Sur ce parcours, vous irez pour la première fois à la rencontre de plus de 100 des créateurs les plus étonnants de leur temps, précise encore James Brett. De ceux qui créent pour eux et non pour nous. C’est la vie privée de l’art, rarement présentée par les musées et les galeries. Alors oubliez tout ce que vous avez appris sur les initiés et les profanes… A tout le moins, cette exposition prouve une fois pour toutes que cet art n’est pas issu du fin fond de l’extérieur, mais bien de l’intérieur. »

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