Marisa Merz (enfin) célébrée à New York

Marisa Merz

Le Met Breuer – extension du Metropolitan Museum of Art de New York située sur Madison Avenue et inaugurée en mars dernier – présente la première rétrospective américaine du travail de Marisa Merz. Née en 1926 à Turin, l’artiste italienne, épouse de Mario Merz (1925-2003), est notamment considérée comme la seule figure féminine de l’Arte Povera.

En 2013, la Biennale de Venise – à laquelle elle a participé à cinq reprises – lui décernait un Lion d’or pour l’ensemble de son œuvre, marquée par son goût pour l’expérimentation et les chemins de traverse. Si elle fût très impliquée dans les recherches ayant conduit à l’Arte Povera, dans les années 1960, Marisa Merz a toujours préféré poser ses marques en coulisses plutôt que sur le devant de la scène. Depuis ses premières créations qui, installées chez elle et réalisées à partir de matériaux atypiques – feuilles d’aluminium, couvertures, fil de nylon ou de cuivre, cire, etc –, abolissaient la frontière entre l’espace domestique, l’atelier et le lieu d’exposition, jusqu’à ses peintures de visages et têtes d’argile annonciatrices du retour à la figuration observé en Italie dans les années 1980, l’exposition The Sky Is a Great Space – titre emprunté à un poème écrit par l’artiste – réunit des dizaines de sculptures, toiles, dessins et installations témoignant d’un questionnement continu des liens entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’intime et l’espace public. Elle met en exergue la liberté totale accordée par Marisa Merz à son imagination – une liberté qu’elle n’avait peut-être pas dans sa vie quotidienne, dédiée à son rôle de mère et d’épouse. « Expliquer en détail la contribution de Marisa Merz à l’Arte Povera est compliqué, précise Ian Alteveer, commissaire de l’exposition. Elle était la seule femme du groupe et ses contemporains masculins lui ont souvent fait de l’ombre, quand son travail n’était pas simplement minimisé ; sans compter qu’elle était mariée à Mario Merz, dont elle toujours soutenu la carrière en y apportant toute l’aide possible, ajustant son propre travail – notamment dans les années 1960 et 1970 – aux contraintes domestiques. » Des contraintes qui seront aussi sources d’inspiration, puisque la plasticienne italienne est connue pour avoir introduit dans le langage sculptural contemporain des techniques traditionnellement considérées comme appartenant à l’artisanat – elle fabrique, par exemple, des objets du quotidien – ou à un travail typiquement féminin, comme le tricot ou le tissage. Reste que tout au long de sa quête artistique, qu’elle continue de mener à 90 ans, Marisa Merz a toujours fait fi des classifications formelles, n’hésitant pas à mêler matières, techniques et supports éclectiques. Chez elle, l’argile œuvre de concert avec le fer, le pastel avec la cire, le dessin avec la toile… Le tout forme un ensemble où règnent tour à tour l’instabilité et l’impulsif, à la fois inclassable et d’une puissante cohérence.

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