L’universel quotidien de Subodh Gupta

Subodh Gupta

Figure majeure de la scène indienne contemporaine, Subodh Gupta est l’invité, jusqu’au 7 janvier, des Studios Famous, à Mumbai. Cette exposition, organisée par la galerie delhiite Nature Morte, offre de découvrir un ensemble d’œuvres récentes, qui explore la matière de prédilection de l’artiste : l’acier inoxydable.

Connu pour ses sculptures et installations en inox réalisées à partir d’objets du quotidien – assiettes, gobelets, couverts, casseroles et autres ustensiles –, qui évoquent avec force poésie, souvent non dénuée d’humour, les liens inextricables qui unissent la société indienne contemporaine aux traditions et rituels ancestraux, Subodh Gupta a ancré ses dernières recherches dans une réflexion menée sur la matière elle-même. Il en explore ainsi les dimensions formelle, tactile, mais aussi sonore pour questionner rien moins que la place de l’homme dans l’univers. En témoigne par exemple Anahad (Unstruck Sound), sorte de miroir monumental qui résonne aussi puissamment qu’il brille, renvoyant au visiteur son reflet distordu. « Anahad* est à la fois le son de l’univers et celui qui habite chacun de nous. Il ne peut pas être créé, il est simplement là », expliquait l’artiste à l’occasion du vernissage de l’exposition, vendredi 9 décembre, au quotidien Hindustan Times. Aakash, Pataal, Dharti (Space, Depth, Surface) est un cube, aux arrêtes longues de plus de trois mètres, fait d’une multitude d’ustensiles écrasés et de morceaux de tissu ; ça et là, de discrets interstices créent autant de passerelles entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’intime et l’infiniment grand. « Nous, êtres humains, vivons et raisonnons à notre échelle au sein d’un univers dont nous ne sommes pas encore parvenus à percer le mystère. Comment, dès lors, déterminer notre relation à cet espace aux limites inconnues ? » Quatre peintures grand format constituent la série In this vessel lay the seven seas, in it, too, the nine hundred thousand stars. Réalisées sur des plaques de métal, chacune arbore une forme ronde et colorée, évoquant pour certains la représentation d’une cellule, pour d’autres une planète lointaine… Plusieurs lignes tracent des chemins accidentés à travers la « toile ». « Je me suis inspiré des divers traits et marques que l’on observe sur les vieilles poêles et casseroles, précise Subodh Gupta. A l’image des lignes de la main, chaque ustensile est dépositaire de traces qui lui sont propres, qui racontent l’histoire de son usage et portent en elles un peu des personnes qui s’en servaient. » Comme autant de particules d’existence, témoins d’un vécu commun à tous les hommes.

* Anahad est un terme sanskrit appartenant au vocabulaire du yoga.

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