L’exploration spatiale singulière de Yan Tomaszewski

Une étrange comète s’est posée mi-mai sur le tarmac du Bourget, au nord de Paris. Signant une incursion inédite de l’art contemporain au Musée de l’Air et de l’Espace, Tchouri est une installation conçue par Yan Tomaszewski, une œuvre monumentale en béton armé noir qui s’inspire de la rencontre, en 2014, entre la sonde Rosetta/Philae, lancée dix ans plus tôt, et la comète Tchourioumov-Guérassimenko. « Avec Tchouri, j’entends plonger les visiteurs dans une rêverie interrogeant les origines du vivant, explique l’artiste. Prenant pour point de départ la mission Rosetta/Philae qui propulsa dans l’espace un mini laboratoire à destination de la comète 67P/ Tchourioumov-Guérassimenko afin d’en analyser la surface, je désire créer une œuvre immersive abordant de manière subjective la portée symbolique de cette mission. » En pénétrant à l’intérieur de la structure, qui mesure 8 mètres de long sur 5 mètres de large, le public découvre un véritable laboratoire d’alchimie peuplé de créatures en verre, à la lisière de l’humain, du végétal, de l’animal et du cyborg. « Avec cette installation, Yan Tomaszewski engage la perception du visiteur, mais aussi sa pensée, son imagination et sa rêverie, vers les possibles origines de la vie dans l’univers, écrit Pierre-Nicolas Bounakoff, commissaire de l’exposition. Inspiré de l’étude, à mille milles de toute terre habitée, par la sonde Rosetta/Philae de la comète Tchourioumov-Guérassimenko – dite “Tchouri” – l’artiste assemble un corps céleste à des instruments scientifiques, et se tourne vers le surnaturel par la forme et le fonctionnement de cet ensemble lointain. Là, se rencontrent l’origine de la vie et son oubli, la recherche et ses limites. L’inquiétude de la compréhension comme un écho au fantasme de l’inconnu. L’installation en elle-même définit la masse et l’énergie glaciale d’un objet céleste, dans lequel des éléments anatomiques apparaissent, sculptés en distorsion et assemblés de nouveau, alors que défilent les images filmées de leur possible réinvention par les chercheurs actuels et leurs étranges appareils. » Une proposition singulièreà découvrir jusqu’au 9 septembre. Visuel : Tchouri (simulation de l’installation), Yan Tomaszewski.