L’escapade vénitienne du Cirva

A quelques encablures de l’île de Murano, célèbre pour sa tradition verrière, une double exposition met à l’honneur le Cirva, institution française de référence en matière de recherches sur le verre. Les œuvres d’une vingtaine d’artistes internationaux sont à découvrir dans le cadre de cette manifestation inédite.

Conçu comme un véritable laboratoire, installé à Marseille en 1986, le Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques a pour mission d’accueillir et d’assister des artistes, designers et architectes de tous horizons curieux d’expérimenter le travail du verre dans le cadre de leur démarche créatrice. Au gré de ses multiples collaborations – plus de 200 en 30 ans –, le Cirva a constitué une collection forte de quelque 700 pièces témoignant de la diversité des pratiques contemporaines comme des riches possibilités de ce matériau singulier. L’exposition Una fornace a Marsiglia (Un four à Marseille), qui offre de découvrir une partie d’entre elles à Venise, se déploie en deux lieux : le Stanze del Vetro, sur l’île de San Giorgio Maggiore, et le palais de la Fondation Querini Stampalia, situé dans le quartier du Castello. Deux étapes orchestrées conjointement par Isabelle Reiher, directrice du Cirva, et Chiara Bertola, conservatrice d’art contemporain à la Fondation Querini Stampalia. Dans l’espace d’exposition de cette dernière, les œuvres présentées appréhendent la notion de passage d’un état à un autre et entendent dévoiler de quelle manière la création avec un matériau comme le verre est une question de traduction d’une pensée, de matérialisation d’une idée à travers une forme. Aux côtés de pièces de la collection du Cirva réalisées par les Français Dove Allouche et Philippe Parreno, l’Américain James Lee Byars (1932-1997), l’Islandais Hreinn Fridfinnsson, la Tchèque Jana Sterbak et le Portugais Francisco Tropa, celles de deux artistes italiens, Giuseppe Caccavale et Remo Salvadori, ont été produites spécifiquement pour l’occasion. Au Stanze del Vetro, le parcours réunit des œuvres ayant marqué l’histoire des résidences organisées par l’institution marseillaise, notamment celles du Belge Lieven De Boeck, des Français Pierre Charpin et Martin Szekely, du Suédois Erik Dietman (1937-2002), de l’Italien Giuseppe Penone et des Américains Larry Bell, Thomas Kovachevich, Robert Wilson et Terry Winters ; Jana Sterbak y est également mise à l’honneur. « Le verre n’est pas une matière mais une condition : un dispositif visuel, un outil du regard, qui aide à voir au-delà du visible, intégrant la notion immatérielle de transparence, indiquent les deux commissaires dans un communiqué. Partant du principe que le verre est un élément visqueux et profondément sonore, des parallèles sont imaginés avec l’eau qui coule dans les canaux de Venise, avec la Méditerranée qui baigne Marseille, ainsi qu’avec la musique qui traverse depuis toujours l’histoire de ces deux villes. » Jeux de lumière, reflets et transparences sont à expérimenter jusqu’au 24 juin à la Fondazione Querini et jusqu’au 29 juillet au Stanze del Vetro.

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