L’authenticité en question(s) à Montréal

Huit kilomètres de parcours souterrain, autant de lieux satellites, trois commissaires d’exposition – la photographe canadienne Maude Arsenault, le plasticien français Martin Le Chevallier et la galeriste montréalaise Joyce Yahouda – et une soixantaine d’artistes, dont 14 venus de France – parmi eux Eva Clouard, Jeanne Tzaut, Nicolas Milhé, Olivier Huet et Philippe Ramette –, tels sont les chiffres clés de la onzième édition du Festival Art Souterrain, qui a ouvert ses portes le week-end dernier à Montréal, au Canada. Gratuite et ouverte à tous, la manifestation créée et orchestrée par Frédéric Loury, offre de découvrir, trois semaines durant, des œuvres disséminées dans l’espace public, plus particulièrement au cœur de la ville souterraine de Montréal. Placé cette année sous le thème « Le Vrai du Faux », le festival s’inscrit dans les questionnements actuels sur la fiabilité des innombrables informations véhiculées sur Internet, notamment via les réseaux sociaux. « Multiplication des médias digitaux, démocratisation du journalisme, développement de nouveaux outils numériques permettant de modifier le réel ; l’hégémonie d’Internet nous pousse à sans cesse remettre en question ce qui, de prime abord, nous apparaît comme réel ou vrai, écrivent les commissaires dans leur texte d’intention. Les réseaux sociaux incitent ses utilisateurs à se forger une mythologie individuelle, à cultiver une image de soi qui se veut la plus proche possible de l’idée que l’on se fait de la perfection, provoquant envie et jalousie. A une époque où la possibilité nous est donnée de sélectionner le réel, la frontière entre fiction et réalité se trouble. Loin de contredire cette tendance, les artistes participent activement à ce jeu avec le réel. En effet, l’art n’est-il pas, par essence, une illusion du réel, une manière de tour à tour le représenter, le nier et l’interroger ? » Les œuvres sélectionnées pour cette 11e édition, qui court jusqu’au 24 mars, ont ainsi pour ambition de permettre au public d’interroger, de contempler, de jouer ou de se faire surprendre par cette notion du vrai, à la fois universelle et subjective, tout en abordant une préoccupation importante de la réalité sociale de notre époque : le rapport à la représentation et à l’authenticité. Le programme complet du festival est à consulter d’un clic. Visuel : © Festival Art Souterrain.