Quand l’art outsider fait des bulles

Présentée jusqu’au 28 janvier 2018 au Musée Art & Marges, à Bruxelles, l’exposition Knock Outsider Komiks invite des artistes outsiders de l’association La « S » Grand Atelier travaillant sur la bande dessinée, la narration, le récit et les rencontres improbables entre le texte et le dessin. Cette manifestation, produite en collaboration avec les éditions Frémok, a été conçue à l’origine pour le 44e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Planche signée Gabriel Evrard.

En mars dernier, la ville de FranDisco, créée par Marcel Schmitz, était présentée au Brass, centre culturel bruxellois. Une formidable découverte. Née de l’imagination de cet artiste outsider, cette mégapole de carton et de scotch est devenue, sous le crayon de Thierry Van Hasselt – membre fondateur et cheville ouvrière de Frémok –, une bande dessinée qui s’élabore en même temps que FranDisco voyage, emportant son bâtisseur et son chroniqueur.
Située à Vielsalm, au cœur des Ardennes belges, l’association La « S » Grand Atelier propose une série d’ateliers de création pour des artistes mentalement déficients. Loin de toute considération compassionnelle, ces ateliers sont encadrés par une équipe de professionnels de l’art et diffusent largement dans tous les milieux culturels les œuvres produites. La « S » fonctionne également comme un laboratoire, grâce à des résidences artistiques d’interactions et d’expérimentations diverses entre ces artistes communément appelés « outsiders » et d’autres artistes contemporains. Ces duos d’artistes sont à découvrir aujourd’hui, ainsi que d’autres travaux d’artistes qui sont fascinés par la narration.
En entrant dans la première salle, voici tout d’abord Jean Leclercq, qui reprend des héros de bande dessinée comme Tintin, Milou, Astérix… tous un peu déformés et devenus hilarants. Pascal Leyder revisite les planches d’Hergé, Moebius, Osamu Tezuka… Son trait vif reprend chaque case et chaque élément, toujours en noir sur blanc. L’accumulation des détails, les traits répétés font la force de ses dessins. Plus loin, un très grand cahier entièrement recouvert de lignes de couleurs, sinueuses, façon arc-en-ciel. C’est un ancien carnet de comptes dont Joseph Lambert enlumine chaque page pour y raconter sa vie. Ces boucles au feutre, au crayon ou au bic imitent l’écriture, deviennent comme une musique intime. Très touchant.
Extraordinaires dessins à main levée – genre ligne claire – de Sarah Albert, qu’elle réalise sur des tissus imprimés. Superbe et déroutante série d’une centaine de dessins de Benoît Montjoie sur des fiches en carton de couleur. Ces fiches racontent les difficultés quotidiennes et émotionnelles de l’artiste. Il y ajoute de temps un temps une phrase : « Ma mère m’a dit, ne me déçois pas. » – « Je veux parler de sexe. Parce que ça me tracasse. » – « Elle a tapé sa tête sur une vitre. Puis j’ai mangé une glace. » (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

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