Jubilez, vous êtes au MIMA !

Pour sa troisième exposition depuis son ouverture, au printemps 2016 à Molenbeek-Saint-Jean près de Bruxelles, le Millennium Iconoclast Museum of Art (MIMA) joue à jeu découvert avec une seule carte en main : l’humour. Précisons-le d’entrée, Art is Comic part dans tous les sens ! On pourrait prendre des heures à répertorier les références à la culture populaire, les vannes et autres moqueries distillées par Brecht Vandenbroucke et consorts, alors que l’essentiel demeure de se propulser sur place. Et si l’exposition s’intéresse aux comics, elle permet de mettre en avant l’œuvre et le talent d’artistes hybrides, sept touche-à-tout dont l’art atteint sur la toile des sommets ébouriffants.

Une chose est sûre : au MIMA, la configuration du bâtiment est une véritable force et se prête à merveille aux transformations en tout genre. Encore une fois, une grande liberté a été accordée aux artistes invités à s’accaparer les lieux. Ça démarre dès l’entrée, où les personnages alarmés d’HuskMitNavn attirent inévitablement l’attention, accompagnant le visiteur dans sa progression vers le premier étage. Là-haut, les sculptures et céramiques de Mon Colonel & Spit – duo d’artistes liégeois déjà vus chez Alice Gallery – regorgent d’anecdotes évoquant leurs parcours et influences artistiques. Entre autodérision et impertinence, l’on voit très vite où les Party harders veulent en venir, dans une pièce déco qu’on installerait bien chez soi. A vrai dire, il ne manque que la Playstation…
Quelques pas plus loin, changement d’ambiance : au bédéiste Brecht Evens de nous faire rentrer dans l’intimité de son processus artistique. A côté d’un panoramique de son appartement, l’artiste nous permet d’ausculter les brouillons et originaux de sa prochaine œuvre, The City of Belgium. L’imagination et l’humour de Brecht Vandenbroucke lui permettent d’aborder de nombreux sujets. Illustration parfaite de son champ d’attention, un babyfoot géant représentant les luttes sociales, conçu spécialement pour Art is Comic. Derrière son humour grinçant, c’est une critique virulente de la comédie consumériste qui s’exprime et il faut reconnaître que le Gantois appuie avec justesse là où ça fait mal.
Au MIMA, il y a surtout cette cathédrale au deuxième étage, une pièce de caractère traversée par la lumière, qui permet une expérience immersive. En montant, on comprend enfin la posture prise par les personnages d’HuskMitNavn. C’était en fait un piège, nous voilà pris au dépourvu en pleine invasion extra-terrestre. Des transats permettent de se poser quelques instants pour contempler le travail de l’artiste danois, adepte de la ligne claire. Dans un autre genre que Maya Hayuk, qui avait transformé la pièce en cathédrale funky, l’artiste, dont il faut décidément retenir le nom, a su prendre l’espace à son compte pour créer un panorama à la hauteur de l’endroit. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Pièces signées Mon Colonel & Spit.
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