Heureux accidents à la Villa Empain

Land of the Sun

La Villa Empain, à Bruxelles, accueille jusqu’au 21 août Répétition, une exposition s’articulant autour de la notion d’accident, telle que développée par Robert Raushenberg à travers ses expérimentations des années 1960. Elle prend la forme d’un dialogue entre une sélection de pièces du Centre International des Arts graphiques de Ljubljana, capitale de la Slovénie, et un ensemble de d’œuvres contemporaines dont plusieurs ont été réalisées spécialement pour la Villa.

Répétition, qu’est-ce à dire ? Prolifique, touche-à-tout, artiste de l’assemblage et de la cumulation, Robert Rauschenberg expérimente tout un temps diverses techniques de gravure. En 1962, alors qu’il imprime plusieurs exemplaires d’une de ses lithographies, la pierre se brise en deux. Il nomme Accident la lithographie balafrée ainsi obtenue, qu’il embellit d’éclats calcaires. Un petit rien qui change presque tout. De jumelles, les œuvres deviennent sœurs. Imprévus féconds, variations et récurrences nourrissent l’exposition Répétition. Sous la houlette des deux commissaires Nicola Lees et Asad Raza – récemment nommé directeur artistique de la Fondation Boghossian – la surprise fait vibrer chaque salle de la Villa Empain.

Mariana Telleria
Répétition, Mariana Telleria.

L’art c’est la vie. Et la vie, l’incertitude, la confusion, le risque. L’exposition rassemble des artistes ayant choisi de ménager une place à l’imprévu, à l’accident, réel ou symbolique, à l’élément fortuit qui survient durant le travail de l’artiste ou bien une fois l’œuvre achevée. Ils ouvrent la porte au dérapage, aux ruses du hasard et à son potentiel créatif. Surgit ainsi un jeu autre, une nouvelle aventure esthétique et artistique. Acceptés ou choisis, le hasard et l’accident sont perçus comme outils plastiques. L’aléatoire rencontre la volonté de l’artiste, contient des développements, des approfondissements possibles méritant d’être explorés et qu’il ne faut pas laisser passer. L’exposition, hybride et expérimentale, est conçue comme un système à part entière qui juxtapose les expériences sensorielles les plus diverses. Les commissaires ont choisi pour cela une sélection d’œuvres issues du Centre International des Arts Graphiques de Ljubljana et de la Galerie Moderne.

Dans l’entrée, un magnifique et gigantesque chandelier de Mariana Telleria créé in situ évoque cet évènement traumatique que peut être un accident de la route, par la duplication de pièces de voiture, de pneus ou de phares. De beaux rapprochements chromatiques et les effets de miroir de Land of the Sun, de Lydia Ourahmane, dialoguent physiquement et visuellement avec l’architecture du lieu et la piscine extérieure. Giles Round a imaginé des œuvres en deux dimensions posées dans une bibliothèque et des sculptures étagères pensées pour l’occasion. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, créatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

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