Fécondes dérives à Liège

Depuis plus de 30 ans, la Ville de Liège célèbre l’estampe. Point culminant de la Fête de la Gravure, qui regroupe chaque année une vingtaine de lieux culturels de la cité belge, la 11e Biennale de Gravure s’est installée derrière les larges baies vitrées de La Boverie jusqu’au 14 mai. Elle se déploie autour d’un thème précis, « Dérive(s) », qui vient faire écho à La Dérivation, canal s’écoulant aux abords du musée.

Les Nouveaux jardins II, Ondřej Michálek, 2014.

Cette nouvelle édition présente les travaux récents de 37 artistes. Les Belges s’y taillent une place de choix avec 16 exposants sur 37. A leurs côtés, on retrouve des pays habitués comme la France, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne, l’Allemagne mais aussi d’autres horizons lointains tels que le Mexique, le Brésil, l’Inde, l’Australie, la Thaïlande et la Malaisie. Au total, environ 200 œuvres sont exposées. D’emblée, le noir et blanc domine mais il est vite bousculé par des couleurs – très vives – çà et là. Cette année, comme cela a déjà été le cas pour certaines éditions, les artistes se voyaient imposer un thème : « Dérive(s) », celle(s) du monde qui nous entoure, celle(s) du temps qui passe, celle(s) de la mémoire ou des sentiments, celle(s) aussi qui vous pousse(nt) par hasard vers l’aventure et l’inconnu. Un sujet très libre mais à double tranchant, aux graveurs de le faire pencher d’un côté ou de l’autre de la lumière.

La Biennale a l’honneur d’inaugurer la nouvelle galerie vitrée du musée de La Boverie, annexe du Palais des Beaux-Arts signée par l’architecte Rudy Ricciotti. C’est un privilège, mais aussi un challenge ; il fallait être à la hauteur de cet espace lumineux. Pari réussi. L’ensemble à lui seul réjouit et apaise. C’est un plaisir – que les œuvres vous plaisent ou non – de se promener entre les gravures pour la plupart plutôt discrètes, en accord sans le vouloir avec ce lieu épuré. Un accord notamment possible par une forte présence cette année de formes géométriques claires telles celles de Sarah Behets, Pierre Muckensturm, Lucas Roman ou Sophie Vink, d’une poésie visuelle lénifiante.

Il y a des affiches, des montages, de la sculpture, de la gravure sur ardoise, sur aluminium, sur du mou, des empreintes, du dessin, etc. Un peu de tout finalement, car la gravure est, lors de la Biennale, prise dans son sens le plus large. Certains artistes, comme Andrea Radermacher-Mennicken, Marc Verpoorten, Grace Sippy, David Cawe, sont franchement dans une démarche de modernité quant à leurs explorations techniques. Tandis que d’autres comme Barrena Eden, Amerlynck Georges, ou encore Thierry Mortiaux, se cantonnent aux techniques de l’estampe traditionnelle. On passe de la pointe sèche à la sérigraphie, puis à l’aquarelle en passant par la manière noire et autres techniques classiques. De manière générale, les 200 œuvres de cette 11e biennale ont presque toutes pour support le papier. Quelques exceptions cependant dont celle, très belle, de Wilfried Pulinckx qui imprime ses sérigraphies sur aluminium. (…)

Boy with a basket of fruits, Wilfried Pulinckx.

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

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