Faire fi des codes avec Céline Weber

Céline Weber a choisi l’abstraction lyrique. L’artiste, rencontrée au printemps à Paris, expose à La Rochelle, du 30 septembre au 7 octobre, et participe au prochain Salon d’Automne parisien. Rencontre avec une femme résolument positive, qui affiche sans détour son goût pour la couleur.

Celine Weber
Céline Weber.

Ses toiles arborent des tons acidulés évoquant ceux qu’affectionnaient Andy Warhol et le courant pop. Des formes apparaissent, qui ne renvoient ni à la figure humaine, ni au monde des objets. La peinture de Céline Weber est avant tout le miroir de ses sentiments, le support de ses émotions. Elle absorbe son énergie, livre un bien-être certain, contenu dans la matière, comme l’encre nourrit le papier buvard. Agée d’une quarantaine d’années, la peintre, installée dans les Yvelines, fait partie du groupe d’artistes Collectif 1, basé à La Rochelle. Aucun concept ne préside à l’action de la couleur sur la toile. « Je suis dans la droite ligne de l’abstraction lyrique. Un courant né de l’après-guerre qui offre une ouverture à l’expression personnelle de l’artiste », explique-t-elle. Il en résulte des œuvres qui sans nul doute trompent le regardeur. Sous des abords joyeusement désordonnés, elles sont le fruit d’un patient travail d’anticipation. Céline Weber ne laisse rien au hasard et a d’ailleurs développé sa propre technique : « En premier lieu, j’applique un apprêt. Il s’agit d’un fond blanc ou noir qui sert de première couche sur ma toile en lin. Ensuite, je choisis des acryliques ou des gouaches, la plupart du temps des couleurs vives que je superpose – à la spatule sur de grandes surfaces – jusqu’à leur donner de l’épaisseur et du relief. » Rigueur va chez elle de pair avec spontanéité. « Je vois les choses en grand et j’aime la liberté du trait », ajoute l’artiste, qui affectionne notamment les grands formats (150 x 150 cm). « C’est beaucoup plus libérateur que de travailler sur des petits supports. » Céline Weber s’est d’abord essayée au portrait avant d’affirmer sa préférence pour l’« expressionnisme et le dynamisme » qui s’expriment désormais dans une peinture abstraite libérée du « cadre minutieux » inhérent selon elle à la figuration. Si elles peuvent être nuancées de blanc, de beige et de marron, ses toiles sont un havre de couleurs profondes et lumineuses, déclinant notamment les palettes du bleu et du rouge. Comme pour contrebalancer l’actualité morose. « Je dirais que ce qui me caractérise, c’est la gaîté, le positivisme », conclut-elle dans un sourire.

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