Erik van Lieshout fait le show

Van Lieshout

Vidéos, dessins, collages, installations du Hollandais Erik van Lieshout sont à découvrir sur deux étages au Wiels, à Bruxelles, dans un fourmillement joyeux, brutal, extravagant et délirant. Jusqu’en janvier 2017, « The Show Must Ego On » est un déploiement tous formats du travail réjouissant de cet artiste encore peu connu du grand public.

Face à vous l’entrée d’un tunnel de bois et de papier, début d’un immense labyrinthe qui traverse tout un étage du Wiels. En circulant à l’intérieur de ce grand tube, sorte d’appareil digestif de ses émotions – et il en aura –, le spectateur est invité à découvrir les vidéos de l’artiste. La première est à voir en s’installant sur un plancher en pente recouvert de moquette, sur laquelle il faut presque se coucher pour regarder. On y visionne Ego (2013), un film réalisé avec des membres de sa famille et présenté à la Biennale de Venise en 2013. Erik van Lieshout s’y demande si l’art peut faire une différence dans le monde. L’artiste interroge sa propre approche, principalement égotique, puisqu’il se retrouve dans presque tous ses films. Plus loin, Janus (2012) est un film dans lequel Erik van Lieshout achète la collection d’un homme décédé récemment avec l’intention de l’exposer dans un musée. Filmé au moment où les politiciens néerlandais tirent à boulets rouges sur l’art contemporain, le film explore la place accordée aux artistes. The Basement (2014) a été filmé à Saint-Pétersbourg pour la biennale européenne itinérante Manifesta de 2014. On y découvre que les sous-sols du Musée de l’Ermitage abritent des dizaines de chats dont quelques personnes prennent soin de manière volontaire. L’artiste y conçoit une aire de jeux d’inspiration moderniste, qu’il tente de faire construire sur place par les artisans du musée, s’exprimant par gestes avec le menuiser et d’autres pour arriver à ses fins. C’est infiniment drôle. Derrière de grandes grilles, Dog (2015) présente sur un écran le monologue d’un demandeur d’asile sur la politique d’asile du gouvernement néerlandais et, sur un autre, des conversations entre van Lieshout et un groupe de militants. Ils lui demandent de créer un mémorial pour le scientifique et opposant politique russe Aleksandr Dolmatov, qui s’est suicidé en 2013 dans un centre de détention à Rotterdam après s’être vu notifier le rejet de sa demande d’asile. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice d’un site d’actualité artistique en Belgique, nous vous proposons d’un clic de poursuivre la lecture de cet article sur Mu-inthecity.com.

Van Lieshout
Untitled, Erik van Lieshout, 2014.
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