Disparition de Thibaut Cuisset

Thibaut Cuisset« J’essaie de trouver une manière de regarder le monde en créant les images que je crois les plus justes possible, expliquait Thibaut Cuisset en 2007, dans un entretien avec Paul Ardenne. Mon approche du paysage travaille la notion d’épure pour aller vers un concentré du lieu que j’ai choisi. Je procède par élimination, en évinçant petit à petit certaines données. Sur la composition, je vais fragmenter l’espace sans pour autant anesthésier le sens des lieux. Ce qui m’intéresse c’est d’aller fouiller dans le paysage, d’être aux aguets et de m’attarder sur des lieux sans bousculer l’ordre des choses. Ces sites qu’on ne regarde pas toujours, peut être tout simplement parce qu’ils crèvent les yeux. Ainsi je tente de représenter la singularité d’un pays. » Pendant plus de 30 ans, le photographe, qui s’est éteint ce jeudi 19 janvier des suites d’un cancer, s’est consacré aux problématiques liées au paysage, à l’environnement et à la notion de territoire. Du Maroc au Venezuela, en passant par la France, l’Australie, l’Italie, la Suisse, la Namibie, l’Islande ou encore les Etats-Unis, son travail s’est déployé à travers le monde entier. Né à Maubeuge en 1958, Thibaut Cuisset fut pensionnaire de la Villa Médicis en 1993 ; il a reçu le prix de la photographie de l’Académie des Beaux-Arts en 2009 et a été lauréat du Prix Résidence pour la Photographie de la Fondation des Treilles en 2015. Une exposition lui est consacrée, jusqu’au 12 février, à la Fondation Fernet-Branca, à Saint-Louis, en Alsace : Campagnes françaises réunit plus de 150 clichés réalisés ces 20 dernières années. Les obsèques de Thibaut Cuisset seront célébrées jeudi 26 janvier après-midi à Paris. Si vous souhaitez y assister, la galerie Filles du Calvaire vous invite à la contacter pour plus d’informations à l’adresse suivante : paris@fillesducalvaire.com. Visuel : Sans titre (La Margeride, Lozère), série Campagne française, Thibaut Cuisset, 2010. Courtesy galerie Filles du Calvaire.