Disparition du Danois Per Kirkeby

« La peinture est au-delà de l’intelligence, au-delà des idées, c’est elle qui doit parler et penser », aimait avancer Per Kirkeby, qui préférait laisser à ses toiles l’entière liberté de se livrer, ou pas, plutôt que de se lancer dans de quelconques explications. Le peintre danois est décédé, ce mercredi 9 mai à Copenhague, sa ville natale, à l’âge de 79 ans. Il ne s’était jamais complètement rétabli d’une lésion cérébrale survenue lors d’une chute dans un escalier en 2013. Passionné de peinture et et de géologie, Per Kirkeby avait suivi des études dans les deux disciplines avant de s’engager dans une carrière à la fois artistique et scientifique. Les pérégrinations entreprises alors marquèrent durablement son œuvre. « Mon passé de géologue et mes voyages furent évidemment importants, expliquait-il en 2012, à l’occasion d’une rétrospective que lui consacrait Bozar, à Bruxelles. J’y ai vu des structures – comme ces falaises du Groenland dont on voit souvent la trace dans mes tableaux –, j’y ai senti l’évolution des choses sur la durée, comme dans les temples mayas, et j’ai éprouvé le risque de la vie. » Ce n’est qu’à la fin des années 1960 qu’il décidera de se consacrer entièrement à l’art. Puisant son inspiration dans les rapports étroits noués avec la nature et revendiquant une liberté de création absolue, il fut tout à la fois peintre, sculpteur, performeur, architecte, écrivain ou encore réalisateur. Il laisse une œuvre complexe et majeure dans l’histoire de l’art danois. Visuel : Per Kirkeby en 2012 au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Photo S. Deman.