Que de l’art belge ou presque

Depuis 2015, le mvAC, à Anvers, accueille le public curieux de découvrir l’art belge d’après 1945. Un nouvel accrochage sera inauguré le 8 septembre. En attendant, il est encore temps d’aller admirer, entre autres, les toiles de Fred Bervoest et les fusains de Michaël Matthys, tous extraits de la collection de Caroline et Maurice Verbaet. Et comme il faut toujours une exception, voire deux, pour confirmer une règle, il n’y a pas que des artistes belges à l’affiche : plusieurs toiles des Français Pierre Célice et Jean Rustin (1928-2013) sont également aux cimaises.

Maurice Verbaet.

Terre de la montée des anges veille sur l’entrée du Maurice Verbaet Art Center, à Anvers. L’œuvre de Jan Fabre inaugure un voyage dans l’art belge de la seconde moitié du XXe siècle à nos jours. Inauguré en 2015, le centre lui est entièrement consacré et s’appuie sur la collection de Caroline et Maurice Verbaet. Constituée à partir des années 1970, celle-ci a toujours eu pour vocation d’être partagée. Les deux collectionneurs acceptant bien volontiers de prêter leurs œuvres, tant ils ont eu très tôt conscience de la nécessité de défendre l’art de leur pays. Car, comme le déplore Maurice Verbaet, si la Belgique est une terre de grands collectionneurs, elle n’en possède pas moins de grands artistes dont la majorité n’est connue véritablement que du cercle des amateurs et des scientifiques. En 2012, l’exposition de 200 pièces de la collection au Musée d’Ixelles est décisive. Salué unanimement par la critique, l’événement déclenche une nouvelle ère pour la collection. Caroline et Maurice Verbaet décident de se séparer des œuvres réalisées avant la Seconde guerre mondiale pour ne se consacrer qu’à celles créées au-delà et esquisse le projet de leur offrir un lieu. Ce sera chose faite quelque deux ans plus tard dans l’imposant bâtiment de l’AWW (Antwerpse Waterwerken), au cœur de la ville. Si les 2 250 m2 d’exposition peuvent impressionner, ils ne sont pourtant que la partie émergée de l’iceberg. En effet, le centre n’a pas pour seule vocation de montrer la collection bribe par bribe, mais bien de devenir un lieu de préservation, de monstration et de documentation. « L’un des défis que s’est lancé l’équipe du mvAC est de conserver la trace de fragments d’histoire qui, assemblés par recoupement à d’autres éléments, permettront d’établir, au fil du temps, un véritable réseau à dimension mémorielle. En confrontant les informations ponctuelles et fragmentaires les unes aux autres, un pan entier de l’histoire culturelle belge d’après-guerre sera illuminée d’un éclairage neuf et pourra ainsi être conservé dans sa globalité », écrit Camille Brasseur, la directrice scientifique de l’institution privée. C’est en réalité une véritable entreprise qui est à l’œuvre. Des pièces sont en permanence recherchées, acquises, restaurées, étudiées, montrées, prêtées… Chaque étape étant assurée par l’équipe du mvAC. Deux espaces accueillent le public : l’un destiné à la collection, l’autre à des expositions temporaires. Vous l’aurez compris, la plupart des œuvres présentées sont signées par des artistes qui ne sont plus. Toutefois, la sélection actuellement exposée permet d’admirer les toiles hautes en couleurs et aux accents CoBrA de Fred Bervoest, ainsi que les noirs fusains sur papier de Michaël Matthys, qui évoquent immanquablement l’atmosphère de la charbonneuse Charleroi, où il est né. A signaler également, la présence inattendue dans ce temple de la belgitude de deux peintres français, Jean Rustin et Pierre Célice.

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