CURIOSITas opte pour la vie de château !

A Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne, le château du Val Fleury accueille actuellement une sélection d’installations réalisées à l’occasion de CURIOSITas. L’édition 2017 du festival Arts & Sciences de la Diagonale Paris-Saclay, qui s’est tenue en mai dernier, se prolonge donc par un « hors les murs ». Sept des créations inédites nées de la rencontre entre des scientifiques et des artistes autour du thème de l’ordre et du désordre sont à découvrir jusqu’au 13 juillet.

Depuis quelques années, la Diagonale Paris-Saclay anime un dialogue Science & Société sur le campus de l’université éponyme. Ce dispositif, qui regroupe différentes institutions de recherche et d’enseignement supérieur, des associations de culture scientifique, des collectivités locales et territoriales, des collectifs d’artistes, des industriels, etc., coordonne notamment CURIOSITas, un festival Arts & Sciences, qui s’intéresse tant aux mathématiques et à la physique qu’aux sciences sociales et à l’économie et sollicite tant les beaux-arts et les arts appliqués, que l’architecture et le design. Placée sous le double parrainage de Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au Laboratoire des Sciences du climat et de l’environnement, et d’Antoine Schmitt, plasticien, ingénieur et programmeur spécialisé en intelligence artificielle et interactions homme/machine, son édition 2017 s’est installée autour du thème « Ordre & Désordre », du 18 au 21 mai, sur le campus Paris-Saclay. Quatre jours de découverte suivis par un programme hors les murs, déployé depuis avril dans le département de l’Essonne. Sept des seize créations inédites sont actuellement exposées au château du Val Fleury, à Gif-sur-Yvette. Une occasion de découvrir la fertilité de cette intersection arts et sciences de plus en plus prisée par les créateurs contemporains.
Arbre éveillé de Luc Foubert, chercheur en neurosciences à l’Unité Dynamiques Multiniveaux dans la Morphogenèse, CNRS, et Mâa Berriet, artiste et programmeur. Cette installation interactive plonge le visiteur dans la vie d’un arbre durant un an. Au rythme des jours, des lunes et des saisons, des données ont été collectées. Mesures sur la structure, la forme et le développement des organismes vivants viennent enrichir une expérience sensible.
Beef for Pasta de Nicolas Darcel, chercheur en neurobiologie au Laboratoire de Physiologie de la Nutrition et du Comportement alimentaire, chaire ANCA, AgroParisTech, et Guillaume Carreau, Clément Tomé et Shawy, SVAD, collectif d’artistes. Choisir un plat dans un restaurant vous a-t-il déjà semblé compliqué ? Beef for Pasta fait découvrir ce qui se passe dans notre cerveau lorsqu’il faut choisir entre déguster des crudités ou s’offrir une belle tranche de pâté ! Cette vidéo d’animation décrit les processus mentaux complexes qui permettent simplement de décider si l’aile de raie aux câpres gagnera au détriment du canard aux petits pois !
J’ai gravé dans ses cheveux de Gwendal Sartre, artiste cinéaste. Ce « tableau » semble sorti d’un conte fantastique, d’un univers plein de dragons et autres monstres. La photographie réalisée en laboratoire intrigue et son titre nous renseigne. Mais comment est-ce possible de graver sur un cheveu et d’en fixer le résultat de la sorte ? Grâce à l’utilisation de la nano-gravure et la nano-photographie. Fascinant résultat.
Nuages ordonnés de l’Association APOIL Université Paris-Sud (image d’ouverture). L’installation propose un environnement numérique capable d’être modifié et perturbé par les mouvements du visiteur. Un nuage de « pixels » interagit avec lui, mute et se métamorphose laissant apparaître à l’intérieur de sa silhouette des éléments tout droit sortis d’un imaginaire affectionnant la science-fiction. Comme si l’homme était un vaisseau renfermant d’autres vaisseaux. Des étoiles aussi !
Particules d’Anthony Hildenbrand, chercheur en géologie au Laboratoire Géosciences Paris-Sud – CNRS – UPSud, et Cécile Beau, artiste multimédia. De la naissance des planètes à la formation des montagnes, le monde minéral éclaire sur l’évolution de l’univers. La matière rocheuse se transforme en beauté austère tant dans le laboratoire qu’à l’atelier. Les roches et sabliers de l’installation témoignent des différentes ères géologiques. Soit du temps qui passe.
Pixels Pixels d’Emmanuelle Frenoux, Michèle Gouiffès, Christian Jacquemin, Christian Tenaud, chercheurs en informatique ou en mécanique des fluides au Laboratoire d’Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l’Ingénieur (LIMSI), CNRS, et Bertrand Planes, artiste. L’installation propose de parcourir un environnement fait d’images, de considérer l’ordinateur comme un moyen d’explorer en détail notre univers physique.
Retouches archéométriques de Loïc Bertrand, chercheur en physico-chimie du Laboratoire Ipanema, CNRS, et Elsa Mazeau, plasticienne et photographe. La pièce offre un voyage à travers des fouilles archéologiques. Images, photographies et vidéos permettent d’explorer et de questionner les gestes des archéologues et ceux des riverains, qui cohabitent.
Autant de créations à l’intersection des sciences et de l’art qui sauront intéresser petits et grands. Laissez-vous tenter par la vie de château !

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