Les conversations kitsch de Pierre & Gilles

Pierre et Gilles

Ils sont en vedette au Musée d’Ixelles, à Bruxelles. Cela fait plus de 40 ans que ce duo nous parle de l’humain avec le même amusement, la même audace et la même empathie. La rétrospective Clair-obscur de Pierre & Gilles entend démontrer leur singularité et révéler une approche reconnaissable entre toutes, mais plus diversifiée qu’on ne le pense. L’événement bruxellois met en avant la complexité d’un art au parfum des années 1980 assorti d’une dimension sociale et politique.

Pierre (1950) est né à La Roche-sur-Yon, Gilles (1953) au Havre. Depuis 1976, ils associent leurs polarités dans une œuvre entre peinture et photographie. Il leur a suffi d’une rencontre pour trouver leur voie sentimentale et artistique. Les Grimaces, un assemblage de portraits montré à l’étage du musée, est leur premier tableau à deux. Pierre & Gilles mettent en scène leurs proches, anonymes ou célèbres, dans des arrière-plans flamboyants construits grandeur nature en atelier. Ces décors sophistiqués sont fabriqués de toutes pièces grâce à d’ingénieux bricolages et des matériaux simples. Une fois la photographie de Pierre tirée sur toile, Gilles commence un méticuleux travail de peinture. Un remix de luxe qui donne une atmosphère désuète, à la manière des cartes postales de nos parents.

A l’étage, le parcours se veut chronologique. Il est amorcé par trois magnifiques portraits qui irradient de leur halo la volée d’escalier : Isabelle Hupert, Stromae et Jean-Paul Gaultier, des héros de notre société. Le cinéma, le monde de la chanson et la mode sont les trois piliers de la culture du divertissement et l’inspiration de l’exposition. Au rez-de-chaussée l’accrochage entend investir et s’adapter à la configuration de l’espace qui offre une scène fastueuse à Ganymède ou Narcisse, dans une veine néoclassique d’idéalisation et de perfection du corps. Les alcôves latérales de la salle deviennent des chapelles présentant des ensembles thématiques. Pierre & Gilles magnifient et sacralisent leurs personnages, dans une profusion de portraits et d’autoportraits, lumineux ou bien plus sombres comme celui de Marilyn Manson dans La Chanson de la mort.

Le parti-pris est toujours esthétique, fondé sur une dualité constante. La célébration du corps et l’éloge du beau semblent être les repères de l’accrochage. En peignant les photos, Gilles veut-il préserver ses personnages de l’usure du temps qui passe ? Le culte de l’image est de notre époque. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Pierre & Gilles
Souvenir, Pierre & Gilles, 2016.
Pierre & Gilles
40 ans autoportrait, Pierre & Gilles, 2016.
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