Construire le réel avec Olafur Eliasson

Olafur Eliasson

Situé à Séoul, en Corée du Sud, le Leeum – Samsung Museum of Art accueille actuellement The parliament of possibilities (Le parlement des possibilités), une rétrospective du travail d’Olafur Eliasson. Une vingtaine d’œuvres y sont rassemblées, offrant un large aperçu d’une démarche toute entière tournée vers l’expérimentation et source de nouvelles manières de percevoir le monde comme d’interagir avec notre environnement.

«  The parliament of possibilities célèbre le fait que le monde et la façon dont nous le percevons sont en mutation permanente. Nous avons tendance à considérer les choses comme appartenant à un processus continu de production et de corrélation, alors que nous pourrions être attentif à leur potentiel. Cela nous permettrait de “négocier” avec la réalité, de décider ensemble de ce que nous voulons construire. J’aime à penser que mes œuvres incitent le public à s’engager de la sorte, à prendre conscience du fait d’être au monde comme d’en faire partie. Chaque pièce agit tel un miroir qui reflète un besoin émotionnel sur lequel on n’a pas forcément encore mis de mots, mais que chacun porte en lui. » Depuis le début de sa carrière, il y a plus de vingt ans, Olafur Eliasson n’a eu de cesse de développer une réflexion sur l’homme et la nature à travers des œuvres où s’entremêlent subtilement science, poésie et philosophie. Si la sculpture, l’installation, la photographie et la peinture comptent parmi ses modes d’expression privilégiés, l’artiste danois aime souligner l’importance du rôle joué par le spectateur dont la rencontre avec son travail est pour lui source intarissable de nouvelles significations. Vingt-deux pièces, réalisées depuis les années 1990, sont ainsi à expérimenter à Séoul. Parmi elles, Moss wall (1994) est emblématique de ses débuts : il s’agit d’un mur entier couvert d’un lichen caractéristique des pays nordiques et de son Islande natale, le Cladonia rangiferina. Surnommé le lichen des rennes, il a la particularité, si après avoir desséché il est arrosé, de se développer de nouveau tout en émettant une odeur âcre. Reversed waterfall (1998) prend la forme d’un échafaudage, installé au beau milieu d’un bassin d’eau, sur lequel quatre bacs en métal sont disposés comme autant de marches d’un escalier. Un système de jets d’eau propulse le liquide d’un bac à l’autre, simulant une cascade, mais à l’envers ! Eléments récurrents de sa pratique, l’eau et la lumière sont à l’honneur de l’une des œuvres les plus récentes d’Olafur Eliasson. Rainbow assembly (2016). Dans une pièce sombre envahie de brume, des rayons de lumière créent une série d’arc-en-ciel ondulant dans les airs. Les projecteurs, installés au plafond, comme la machinerie fabricant le brouillard ne sont en rien dissimulés, au contraire. Car Olafur Eliasson n’entend pas jouer les illusionnistes mais plutôt démontrer combien le réel est bien de l’ordre de la construction. Et la magie, invariablement, opère.

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