La cité belge de Thuin véritable musée à ciel ouvert

Un ancien chantier naval, des jardins suspendus, un viaduc, le beffroi, un parking paysager sont quelques-uns des lieux insolites accueillant la troisième édition de Fluide, un parcours artistique à ciel ouvert initié en 2006 dans la petite ville de Thuin, située au sud-ouest de Charleroi en Belgique. Outre une quinzaine d’œuvres pérennes, installées au cours des deux premiers volets de la manifestation, celles de neuf artistes sont à découvrir à travers la cité médiévale jusqu’au 9 décembre. « Les Jardins suspendus ont, une nouvelle fois, particulièrement été investis, interrogés et ré-envisagés par les artistes sélectionnés, souligne Pascal Marlier, directeur artistique de Fluide et directeur du Centre culturel de Thuin. Dans le langage populaire, les jardins et le Quartier de la Piraille sont appelés “Pays des Choucas”. Charlotte Beaudry leur rend hommage en réalisant une peinture monumentale qui salue la présence de l’oiseau roi des lieux. Par le biais d’une sculpture onirique et monumentale, Serigne Mbaye Camara nous vient de Dakar pour conter le manque d’approvisionnement en eau des Jardins suspendus. GRIZZ (studio d’architecture, de design et d’interventions urbaines co-fondé par Luigi Greco et Mattia Paco Rizzi) réinvente, au départ de matériaux récupérés dans l’ancien casino démoli, une œuvre à habiter, espace suspendu sur les jardins suspendus. Dans le Bois du Grand Bon Dieu, Mario Ferretti décompose et recompose deux arbres séculaires de la Drève des artistes promis à la disparition. Cathy Coëz se plonge dans l’histoire du lieu-dit Chant des Oiseaux et revisite les colonnes oubliées de ce lieu mémoriel. Inspiré de faits réels, personnels ou collectifs, Mostafa Saifi Rahmouni a cherché les lieux les plus urbains de Thuin pour évoquer la résistance de ses traditions et croyances. Au cœur des vestiges du dernier chantier naval, Pauline Debrichy évoque le riche passé batelier de Thuin. Enfin, frôlant le mythe et l’actualité, Lola Meotti investit l’église Notre Dame du Mont Carmel comme espace de projection vidéo et tente d’activer une réflexion sur la place du travailleur dans notre société occidentale, entre divertissement et réalité. » Daniel Fauville installe quant à lui ses Gardiens du fleuve (notre photo) au cœur du quartier du Beffroi, en hommage à la mémoire de l’industrie batelière et métallurgique de la cité. A noter, l’édition d’un livret pédagogique et ludique destiné plus particulièrement au public familial. Plus d’informations sur les œuvres et le parcours sur le site dédié www.fluide-thuin.be. Visuel : Gardiens du fleuve, Daniel Fauville. Photo Fluide Thuin.