Charleroi métamorphosée

Après Namur en 2011 et Tournai en 2014, c’est au tour de Charleroi d’accueillir la triennale Art Public. Le parcours artistique investit les murs et les trottoirs, les vitrines et une chapelle de la cité belge. Quinze regards d’artistes*, quinze manières de percevoir la ville autrement, à son rythme.

Charleroi bouge, Charleroi se transforme. Portée par un dynamisme économique, culturel et sportif, la ville laisse derrière elle les carapaces charbonneuses et péjoratives de son ancienne identité. L’art urbain, qui a pour mission d’embellir, de jouer avec les perceptions et les certitudes, participe bien évidemment à cette métamorphose. Trois ans après la première édition de la Biennale Asphalte, les lettres colorées du Bisous m’chou, étalées par l’artiste américain Steve Powers sur les murs de Charleroi Expo, ont été adoptées par tous les Carolos. Pour sa troisième édition, la triennale Art Public, une initiative de la Commission des Arts de Wallonie, s’inscrit dans cette dynamique pour intégrer les œuvres de 15 artistes au tissu urbain de la ville basse de Charleroi. Concentrées dans un périmètre assez restreint, les 15 stations de cette promenade artistique peuvent être bouclées en une heure de visite. On peut aussi les attraper au passage, alors qu’on ne s’y attend pas, et c’est ce qui fait le charme de l’art en ville.
Sans thématique particulière, les œuvres varient du conceptuel au ludique, du sonore à l’éphémère, du dessin au fusain à l’installation, des images aux mots. Toutes parviennent à leur manière à proposer une relecture de la ville en constante mutation. En quelques bandes noires sur un mur de blocs de parpaing et un carré de peinture rouge, Jean Glibert redonne ainsi une présence au conduit d’un métro aérien autrefois envisagé et rebouché. Jouant avec la grammaire graphique du street art et tirant une ligne entre les décorations Art déco et les émoticônes, les complices de Mon Colonel & Spit ont quant à eux créé une frise en céramique qui raconte la ville. Surgi des profondeurs des non-dits de la colonisation, l’agrandissement d’un dessin au fusain de Michael Matthys est tendu sur la façade de l’ancien cinéma Marignan. Des fantômes nous regardent. Le collectif Void nous suggère de regarder un peu plus où l’on marche. Sur les pavés de la place Saint-Fiacre défilent des mots qui s’enchaînent de synonyme en synonyme, prenant le sens du contre-sens. Pour entrer dans hum !, l’œuvre sonore géolocalisée de François Martig, il faut ouvrir les oreilles et lever les yeux. Télécharger sur son smartphone l’appli du même nom et repérer les drapeaux hum ! qui flottent çà et là dans la ville. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

* Avec Cathy Coëz, Collectif Void, Jérôme Considérant, Patrick Corillon, Patrick Everaert, Jean Glibert, Nicolas Kozakis, Jacques Lizène, François Martig, Michaël Matthys, Mira Sanders, Jonathan Sullam, Thierry Tillier, Aurélie William-Levaux et Mon Colonel & Spit.

Souvenir, Michael Matthys.
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