Ce qui nous unit par Nicholas Nixon

Inaugurée en octobre 2012, sur le site des anciennes usines Bata, à Bruxelles, la Fondation A Stichting a pour vocation de soutenir la création, la connaissance et la conservation de l’image photographique. Elle présente actuellement une rétrospective brillante de l’œuvre du photographe américain Nicholas Nixon. Un artiste majeur qui porte un regard sur l’humanité sans complaisance mais exempt de cruauté.

Plant City, Florida, Nicholas Nixon, 1982.

Né en 1947 à Detroit dans le Michigan, Nicholas Nixon explore depuis les années 1970 les facettes visibles et suggérées de celles et ceux qui l’entourent : passion, bonheur, souffrance, intimité, solitude, déclin. D’abord équipé d’un Leica M3, le photographe adoptera rapidement des chambres grand format produisant des négatifs 4 x 5 (10 x 12 cm), voire 8 x 10 (20 x 25 cm). Ces appareils en bois, très volumineux et lourds, qui nécessitent de longues séances de prise de vue, lui permettront paradoxalement d’appréhender l’intimité de ses sujets.
Nicholas Nixon entame son cheminement artistique aux confins de la ville d’Albuquerque (Nouveau-Mexique), dont il photographie la lisière, là où commence le désert : motel isolé, parking vide, bungalow modeste, des thèmes dont émanent désolation et solitude. De Boston, il ramène, entre 1974 et 1975, des clichés qui trouveront leur place dans l’exposition New Topographics, organisée à la George Eastman House à Rochester, à New York. Si la filiation avec Walker Evans est manifeste, Nicholas Nixon y montre une vision austère, distante et froide, loin des critères habituels de la beauté.

Au seuil de l’intimité

Revirement radical en 1977. Le photographe s’oriente résolument vers le portrait, avec sa série intitulée Porches. Le long des rives du fleuve Charles, près de Boston, au sein des quartiers pauvres des villes du Sud, Nicholas Nixon photographie Blancs et Noirs, parfois ensemble, sur le seuil de leur maison, lieu de transition entre public et privé. Compositions au cordeau, toujours à l’aide de sa chambre grand format, mais spontanéité touchante caractérisent cette série qu’il enrichira au fil des ans.
Beverly Brown, alias Bebe, l’épouse du photographe, a trois sœurs : Heather, Mimi et Laurie. En 1975, Nicholas Nixon suggère de prendre une photo d’elles quatre chaque année. Une démarche toujours en cours. L’artiste nous livre ainsi une réflexion profonde sur les liens humains, le temps qui passe, la vulnérabilité des êtres, le sentiment de perte. Face à la série des Brown Sisters, on est loin des photos de famille et selfies au sourire obligé. Fascinant. (…)

Dans le cadre d’un partenariat engagé avec notre consœur belge Muriel de Crayencour, fondatrice et rédactrice en chef du site d’actualité artistique belge Mu-inthecity.com, nous vous proposons de poursuivre la lecture de cet article d’un clic.

Contact

Nicholas Nixon, jusqu’au 31 mars à la Fondation A, à Bruxelles.

Crédits photos

Image d’ouverture : The Brown Sisters, 1995 © Nicholas Nixon, courtesy Fraenkel Gallery – Plant City, Florida © Nicholas Nixon, courtesy Fraenkel Gallery