Laurent Grasso, interprète solaire

« La puissance des éruptions solaires nous met face à notre absence de maîtrise, explique Laurent Grasso. C’est un sujet à la fois poétique et philosophique qui génère un imaginaire infini. » Un sujet exploré par l’artiste dans le cadre de SolarWind, une œuvre monumentale et pérenne installée sur les parois des silos des Ciments Calcia, situés à la périphérie du XIIIe arrondissement de Paris, qui doit être inaugurée lundi 25 janvier. Haute de 40 m sur deux fois 20 m de diamètre, elle est la plus imposante œuvre en commande publique à l’échelle du Grand Paris. Laurent Grasso, qui s’intéresse aux notions de science, de croyance, de leurre et de fiction crée ici une cartographie mouvante et colorée de ces phénomènes climatiques que sont les tempêtes solaires. Un travail mené en étroite collaboration avec l’Observatoire de l’Espace – le laboratoire arts-sciences du Centre national d’études spatiales (Cnes) –, lequel lui a permis d’identifier les données scientifiques nécessaires à la mise au point d’un algorithme capable de réagir en temps réel aux données des spécialistes, traduites sous forme de fluctuations de couleurs et de lumière projetées sur les parois des silos. Tous les objets qui s’approcheront de la Terre, comme les météorites par exemple, amèneront un détail supplémentaire. « SolarWind évoque les orages magnétiques qui ont provoqué le blackout en 1989 au Canada, où tous les appareils électriques étaient tombés en panne, précise Laurent Grasso. L’œuvre joue sur nos peurs contemporaines en créant une tension autour de l’inconnu lié aux vents solaires et de leurs possibles effets sur la Terre. »