L’art pour raconter la guerre

Présentée jusqu’au 6 mars par le Musée d’Aquitaine de Bordeaux, La Guerre que nous n’avons pas vue est une exposition itinérante qui réunit le fruit d’un travail de plusieurs années mené par le plasticien colombien Juan Manuel Echavarría au sein de la Fondation Puntos de Encuentro. Née à son initiative en 2006 à Bogota, celle-ci a pour but, au moyen de l’art, d’« inciter, appuyer et montrer au public des projets qui préservent la mémoire historique de la guerre en Colombie ». L’artiste est parti du constat que ce conflit, qui perdure depuis plus de 50 ans dans la forêt amazonienne, reste peu connu et étranger à nombre de ses concitoyens, notamment les citadins. Entre 2007 et 2010, Juan Manuel Echavarría a proposé à différents acteurs de la guerre de participer à des ateliers de peinture afin de raconter leur expérience. Quatre-vingt anciens combattants ont accepté de livrer leur histoire en images sur 420 tableaux. L’exposition bordelaise offre de découvrir une trentaine de ces toiles, un ensemble de onze tapisseries réalisées par des afrodescendantes du nord de la Colombie – déplacées à la suite d’un massacre –, ainsi qu’une série de photographies (Silencios) et deux vidéos signées par le plasticien sur le thème des écoles abandonnées dans les zones de guerre.