Le toit du Quai Branly se pare d’une œuvre d’art aborigène

Une installation monumentale et pérenne de l’artiste aborigène Lena Nyadby doit être inaugurée ce jeudi 6 juin au théâtre Claude Lévi-Strauss du musée du quai Branly. Concept original et inédit, elle ne sera pas visible depuis le musée, mais par les millions de visiteurs qui gravissent chaque année la tour Eiffel, comme par les utilisateurs de Google Earth ! Réalisée grâce à 172 pochoirs de 3 m sur 1,5 m, Dayiwul Lirlmin (Ecailles de barramundi) couvre les 700 m² de la terrasse de la médiathèque ; elle est la reproduction d’un détail d’un tableau éponyme de Lena Nyadbi. Cette œuvre complète la commande publique, à laquelle a participé l’artiste octogénaire, des plafonds peints du bâtiment Université du musée du quai Branly, qui représente la plus importante installation permanente d’art aborigène contemporain en dehors de l’Australie. Lena Nyadbi fait partie du peuple Gija, installé dans la région de Kimberley, en Australie occidentale. Le thème du Dayiwul Lirlmim Ngarrangarni – littéralement Rêve des écailles du barramundi – est lié à ce territoire ancestral, sur lequel se trouve la plus grande mine de diamants du monde. Il évoque le mythe de trois femmes qui tentèrent en vain d’attraper le barramundi Dayiwul à l’aide d’une nasse végétale. Lors de la poursuite, des écailles s’éparpillèrent sur le sol à l’emplacement actuel de la mine. Lena Nyadbi a souvent souligné la ressemblance des écailles et des diamants.