Balade inspirée entre lac et montagnes

Jusqu’au 2 septembre, des installations artistiques et paysagères sont à découvrir dans les sites emblématiques de la Venise des Alpes. Cette première édition du Festival Annecy Paysages propose un parcours abordant la relation entre espace naturel et milieu urbain. Au bord du lac et des canaux, dans les jardins et sur les places, habitants et touristes peuvent profiter d’une balade dans la ville pour admirer ces œuvres.

Un potager dans la ville (détail), Cultures Urbaines.

Initié par Bonlieu Scène Nationale, le Festival Annecy Paysages a été imaginé comme un itinéraire en plein air, ponctué par 23 installations artistiques et paysagères dans la ville. Au Centre culturel de Bonlieu, Bal-ysage intrigue. Installées dans le square des Martyrs, ces balançoires géantes ont été créées par Pierre Laurent l’an dernier. Le parcours est lancé ! Direction le parc Charles Bosson. Face au lac, un jardin potager fait son apparition. Sa forme circulaire évoque un mandala végétal. Signé du collectif Cultures Urbaines,  Un potager dans la ville met en lumière la place de la nature en ville. Sur près de 500 m2, 200 variétés de plantes peuvent être cueillies par les visiteurs. Imaginé comme un espace d’échanges, de rencontres et de découvertes, ce jardin nourricier offre en point central une table de dégustation ouverte à tous.
Sur la promenade Jacquet, une sculpture métallique de 4 mètres se dresse. Sylvie de Meurville s’intéresse aux relations entre les réseaux d’eau et ceux parcourant le corps humain. « Ce qui s’impose quand on est à Annecy, c’est le lac », explique l’artiste, qui a donc choisi de le dessiner, ainsi que son bassin versant. Une fois découpé sur une plaque d’acier, le dessin devient une fenêtre sur le lac réel. L’autre partie – le positif du lac et des rivières – est accrochée au-dessus de l’eau. Echappée marque le passage entre l’urbain, l’humain et la nature.
Un peu plus loin, le long du canal du Vassé, Hortus Terra appelle à une promenade contemplative. Le décorateur styliste végétal Philippe de Stefano et l’architecte paysagiste Valérie Lintz se sont associés pour explorer les possibilités du monde végétal. Entre tradition horticole et innovation, cette installation se déploie à partir de douze pots en terre cuite, taille XXL. A l’intérieur, des plantes grimpent vers le ciel. Manière élégante de rappeler au spectateur la supériorité de la nature sur l’homme.
Mais poursuivons la balade dans les rues de la Venise des Alpes. Une immense fleur de lotus rose a pris possession de l’esplanade de l’hôtel de ville. Le mouvement lent de ses pétales évoque le rythme de la respiration ou celui d’un cœur qui bat. Breathing Lotus Flower de Choi Jeong Hwa se dresse là comme un hymne à l’instant présent.
En traversant le canal du Thiou, près du Palais de l’Ile, une étonnante vision s’impose : un banc de poissons lévite au-dessus de l’eau. Une quarantaine d’Origamis géants signés Antoine Milian évoluent au gré du vent. Un peu plus loin ce sont d’autres animaux qui prennent le relais.
Renard, ours polaire, élan, cigogne…, tous juchés sur des chaises géantes, ont investi le square de l’évêché et le quai de la cathédrale. Avec eux, Victoria Klotz explore le thème de la commensalité. L’installation Les Hôtes du logis s’interroge sur la présence animale dans les espaces urbains et l’éventualité d’un partage de ces derniers. Les heureux élus de la plasticienne sont réputés pour leur tendance à aller chercher le gîte et le couvert auprès de la société des hommes.
Au centre de la place Notre-Dame, les spectateurs peuvent admirer et visiter une pyramide végétale de six mètres de haut. Le Mont des Possibles est « une ode à la végétalisation en ville », explique le collectif Champs des Possibles. Dans cette petite ferme urbaine, des plantes toniques et puissantes, comme les cucurbitacées et les haricots, ont pour mission d’envahir la structure tout au long de l’été. Un espace qui se veut ludique et pédagogique, voire rafraîchissant en cas de canicule !
A la nuit tombée, d’autres œuvres apparaissent, comme Extended Island de Javier Riera. L’île des Cygnes devient alors un théâtre d’ombres et de lumières. Des faisceaux sont directement projetés sur la végétation pour créer des formes géométriques et de nouveaux espaces propices à la méditation. Attention, l’œuvre peut rapidement faire perdre toute notion du temps. Une manière comme une autre de profiter encore de l’expérience inventive et relaxante d’Annecy Paysages.

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