Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool des vacances !

Parce qu’il n’est jamais trop tôt – ni trop tard d’ailleurs ! – pour appréhender tout ce que l’art offre en termes d’ouverture à l’autre et de compréhension du monde, ArtsHebdoMédias vous propose, tous les deux mois environ, une sélection d’idées de visites « art contemporain » à destination des enfants et des ados ou à partager tout simplement en famille. Ce second rendez-vous hivernal vous emmène jusqu’à Reims et Grenoble, en passant par Cajarc, dans le Lot, Saint-Nazaire et Paris, tout en faisant un détour par l’Allemagne, l’Italie et l’Irlande. Bon périple !

DU NORD AU SUD…

A Tinqueux, l’éducation artistique est un droit civique. Depuis près de 50 ans, l’association Centre Culturel, Centre de Créations pour l’Enfance de Tinqueux, près de Reims, n’a de cesse de faire en sorte que l’éducation artistique et culturelle soit « un droit permanent du citoyen » dès son plus jeune âge. « Chaque projet est un nouveau territoire à explorer où enfants, parents et artistes sont complices de la même aventure partagée, est-il précisé sur son site Internet. Cette action de sensibilisation à tous les champs du domaine artistique veut susciter le jeu, le plaisir, développer la conscience, libérer l’imagination. » Jusqu’au 17 mars, le centre culturel présente Jeu, une installation conçue par Sylvain Moreau – avec la complicité du poète oulipien Frédéric Forte et de la photographe Nina Medved – qui entend transformer l’activité ludique en un mode de création et d’expression ; y sont évoqués les travaux de plusieurs artistes connus pour s’être intéressé au jeu comme moyen de transmission et d’apprentissage du langage plastique et graphique, tels Enzo Mari, Paul Cox, Sophie Curtil, Katsumi Komagata ou encore Hervé Tullet. Dans son second espace d’exposition, le Carré Blanc, l’association accueille jusqu’au 6 avril Le monde en pyjamarama, une proposition imaginée par les illustrateurs Frédérique Bertrand et Michaël Leblond, qui invitent leurs jeunes lecteurs à pénétrer dans l’univers fantastique du héros de leur série d’albums du même nom. Plus d’infos sur www.danslalune.org.

Les hordes (arrêt sur image vidéo), Marianne Plo, 2007.

Hymne à l’amitié à Cajarc. A comme amitié, D comme dialogue, E comme évolutif, I comme interaction, J comme jeune public et P comme performance. Telles sont les lettres et mots clés de l’exposition Los Amigos présentée, du 18 février au 27 mai, à la Maison des Arts Georges et Claude Pompidou (MAGCP) à Cajarc, dans le Lot, qui questionne à la fois l’amitié et l’altérité. Invités à prendre pour point de départ une missive adressée en 1908 par Franz Kafka à son ami Max Brod, une dizaine d’artistes – parmi eux, citons Marie Denis, Documentation Céline Duval, Benjamin Paré, Marianne Plo et Pierrick Sorin – y explorent la relation à l’autre en tant que construction évolutive et soumise à l’environnement qu’aux humeurs et envies de chacun. Conçue comme une plate-forme de rencontre et d’échange entre artistes, public et personnel du centre d’art, Los Amigosinvite résolument à l’interactivité. Pour les plus jeunes, plusieurs ateliers « POM*POMpidou ! » sont au programme : mercredis 21 et 28 février, « Et toi, tu vois quoi ? » propose de s’approprier les différentes sculptures-casques imaginées par la jeune artiste Célie Falières spécifiquement pour l’exposition, avant de se lancer dans la création de leur propre coiffe. Jeudi 22 février, deux médiatrices de la Maison des arts, Marie et Delphine, conduiront une déambulation active d’œuvre en œuvre, avant d’animer une série d’expériences scientifiques créatives. Enfin, l’atelier des mercredis 18 et 25 avril sera dirigé par Grégory Le Lay autour de la notion d’échange épistolaire, cœur du projet conçu par le plasticien pour Los Amigos. S’adressant aux 5-12 ans, chaque atelier se tient de 15 h à 17 h et coûte 7 euros.

…ET D’OUEST EN EST

A l’écoute des jeunes générations à Saint-Nazaire. Le Centre d’art contemporain le Grand Café de Saint-Nazaire déploie dans l’ancienne base sous-marine qu’est le LiFE une exposition à la croisée de l’art et de la recherche qui s’articule autour de la place de l’enfant dans la société et interroge, à travers elle, les valeurs fondatrices du monde des adultes comme les modèles d’éducation et de transmission, ainsi que la notion d’émancipation. Les enfants d’abord ! réunit notamment les œuvres vidéo de Priscila Fernandes, Ane Hjort Guttu, Adelita Husni-Bey, Liz Magic Laser et Marie Preston, qui toutes s’attachent à donner la parole aux plus jeunes. Dans La Liberté nécessite des êtres libres, par exemple, la Norvégienne Ane Hjort Guttu met en scène un de ses jeunes concitoyens, Jens, qui, fort de son aversion – bien argumentée – pour le système scolaire, développe le paradoxe suivant : comment apprendre à être libre alors que les modèles éducatifs impliquent une relation de subordination ? La Portugaise Priscila Fernandes et l’Américaine Liz Magic Laser ont en commun d’explorer les liens entre économie libérale et liberté des individus, la première pointant les dérives de l’entreprise commerciale quant à l’appréhension par les enfants de l’économie du XXIe siècle (For a Better World), la seconde s’intéressant à l’absurdité de notre culte de la performance à travers les images d’un enfant expliquant à un public d’adultes différentes méthodes de développement personnel issu du management des entreprises (A Thought Leader). L’Italienne Adelita Husni-Bey s’attache quant à elle à montrer les limites de la liberté censée être offerte aux plus jeunes dans le cadre des modèles alternatifs d’éducation, tels que Freinet ou Montessori (Postcards from the Desert Island), tandis que la Française Marie Preston invite à réfléchir, à travers l’installation Un compodium, à de nouvelles formes de collaboration entre les différents acteurs qui accompagnent la vie de l’enfant. A découvrir (et discuter) en famille jusqu’au 1er avril.

Image signée Maxime Bondu.

Retour vers le futur avec Maxime Bondu. Installé dans un ancien fort militaire du XIXe siècle, accessible par l’un des plus vieux téléphériques urbains encore en fonctionnement au monde, le Centre d’art Bastille (Cab) de Grenoble organise tous les mercredis après-midis (à 14 h) une visite commentée et gratuite de l’exposition en cours à destination des plus jeunes. Un temps de découverte et d’initiation à l’art contemporain à chaque fois assorti d’un atelier pédagogique et d’un goûter. Du 25 février au 15 avril, le lieu présente Soleil vert, lune bleue, pluie rouge, une proposition conçue par Maxime Bondu. Le jeune plasticien français, dont les recherches s’articulent essentiellement autour de l’interprétation de tous types de données, fait ici écho au Livre des damnés (The book of the damned, 1919) de l’Américain Charles Fort (1874-1932). Considéré comme l’un des précurseurs du réalisme fantastique, l’écrivain y décrit notamment des faits météorologiques étranges délaissés, selon lui, par la communauté scientifique de l’époque. A travers un ensemble récent de dessins, installations et sculptures, Maxime Bondu explore la notion d’interprétation scientifique, ainsi que l’idée de cosmos et de futur. Un projet auquel il associe quatre invités : le technologue Julien Griffit, le sculpteur Blaise Parmentier, l’écrivain Théo Robine-Langlois et le collectif P.A.L. qui proposeront une performance lors du vernissage, samedi 24 février à partir de 18 h. A noter la possibilité de bénéficier gratuitement du téléphérique (entre 18 h et 20 h le soir du vernissage) à condition d’imprimer la contremarque téléchargeable ici.

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Le dessin célébré au Drawing Lab. Inauguré il y a un an rue de Richelieu, dans le Ier arrondissement, le Drawing Lab est un centre d’art privé exclusivement dédié au dessin contemporain. Les travaux exposés, à découvrir en accès libre, sont essentiellement le fruit d’appels à projets ouverts à des duos artiste/commissaire d’exposition. Du 20 mars au 16 juin, Valentine Meyer y présente Gaëlle Chotard : « Telle la gestuelle du funambule, ses œuvres profitent du déséquilibre qu’elles génèrent pour mettre en route leur propre dynamique, écrit la commissaire. Travail de patience mais aussi de lâcher-prise, il privilégie l’inframince : traits de crayon, cordes à piano tendues, gaines métalliques tissées et percées, afin d’expérimenter tous les possibles du dessin, l’inventant aussi en 3D. Pour Drawing Lab, l’espace sera envisagé comme une page blanche, propice à traduire l’importance du vide, de la fragilité, de la transparence, comme une invitation au silence intérieur et à la contemplation. » Auparavant, jusqu’au 24 février, le lieu est investit par Valentin van der Meulen qui y déploie Free, une installation conçue à partir de portraits photographiques et à travers laquelle l’artiste souhaite inciter le public à réfléchir à la place des images dans notre société ; suite à un temps de contemplation, les visiteurs sont invités à intervenir à même les œuvres à l’aide de crayons et autres outils mis à leur disposition. Durant les vacances scolaires, du lundi 20 au jeudi 23 février (entre 15 h 30 et 17 h), un stage est organisé pour les enfants de 6 à 10 ans. Chaque journée s’inscrira en résonance avec l’une des expositions présentées au fil de l’année écoulée, en l’occurrence celles de Keita Mori, Debora Bolsoni, Pia Rondé & Fabien Saleil et Valentin van der Meulen, qui sera présent le 23 février. Compter 40 euros pour les quatre jours. Renseignements et réservation au 01 73 62 11 17 ou via info@drawinglapparis.com.

The Garden of Emoji Delights, Carla Gannis.

Le numérique en question(s) à la Fondation EDF. Placée sous le signe de l’interactivité, du jeu et de l’humour, l’exposition La belle vie numérique se propose de montrer comment les nouvelles technologies ont influencé la création artistique des trente dernières années. De quelle manière les artistes – ceux qui ont vu arriver la révolution numérique comme ceux qui sont nés avec – ont-ils transformé leurs pratiques ? Google, Apple, Microsoft, Instagram, Facebook et autres Twitter ont-ils influencé leurs outils de création ? Quels regards portent-ils sur ce monde en constante évolution dont on ne perçoit parfois plus parfois les frontières entre réel et virtuel ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles l’exposition n’a pas la prétention de répondre ! L’idée étant plutôt d’inviter le public à se faire sa propre opinion au fil d’un parcours-jeu : dès l’entrée le visiteur doit en effet opter pour l’un des deux circuits, baptisés (0) et (1), respectivement identifiés par un code couleur rouge et vert ; en plusieurs endroits, les deux cheminements se croisent et l’environnement se teinte alors de bleu. Les œuvres pluridisciplinaires – installations, pièce musicales, architecturales, BD, etc. – d’une trentaine d’artistes – parmi eux, Aram Bartholl, Lyes Hammadouche, Xavier Veilhan, Julien Levesque, Marie-Julie Bourgeois et Scenocosme – ponctuent la visite qui s’articule autour de six thématiques : « De l’utopie futuriste à la vie selon GAFA* », « Les absurdités numériques », « La “Beauté” numérique », « Avec le numérique, tout le monde est artiste ! », « Fantasmes et peurs numériques ! », « Les nouveaux possibles ! » et « Le numérique est-il la préhistoire du monde quantique ? ». Tout un programme, en entrée libre, à découvrir en touchant, en pianotant, voire en créant, jusqu’au 18 mars.
* Google, Amazon, Facebook, Apple.

…ET SES ENVIRONS

Sur les traces de l’oiseau de Claude Aveline. « Voici le por­trait de l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas. / Ce n’est pas sa faute si le Bon Dieu qui a tout fait a oublié de le faire. / Il res­sem­ble à beau­coup d’oiseaux, parce que les bêtes qui n’exis­tent pas res­sem­blent à celles qui exis­tent. / Mais celles qui n’exis­tent pas n’ont pas de nom. / Et voilà pour­quoi cet oiseau s’appelle l’Oiseau-Qui-N’Existe-Pas. / Et pour­quoi il est si triste. / Il dort peut-être, ou il attend qu’on lui per­mette d’exis­ter. / Il vou­drait savoir s’il peut ouvrir le bec, s’il a des ailes, s’il est capa­ble de plon­ger dans l’eau sans perdre ses cou­leurs, comme un vrai oiseau. / Il vou­drait s’enten­dre chan­ter. / Il vou­drait avoir peur de mourir un jour. / Il vou­drait faire des petits oiseaux très laids, très vivants. / Le rêve d’un oiseau-qui-n’existe-pas, c’est de ne plus être un rêve. / Personne n’est jamais content. / Et com­ment voulez-vous que le monde puisse aller bien dans ces condi­tions ? » Après avoir écrit ce poème en 1950, Claude Aveline (1901-1992) eut l’idée de proposer à des amis peintres d’imaginer le volatile « inexistant » de leur choix. Aux deux réponses initiales, faites par Léonor Fini (1908-1996) et Stanislao Lepri en 1956, succédèrent jusqu’en 1963 une centaine d’autres que l’écrivain français réunit sous le nom de « Première volière ». Un deuxième ensemble sera constitué entre 1978 et 1982. En 1995, le galeriste et collectionneur Claude Lemand entreprend de faire de nouveau travailler des artistes sur le poème de Claude Aveline. Une « troisième volière » naît, qui continue aujourd’hui encore d’accueillir, au gré des rencontres, de nouvelles pièces de formats et supports variés : Dia Al-Azzawi, Manabu Kochi, Antonio Seguí, Tony Soulié, Vladimir Velickovic et Eduardo Zamora, entre autres, ont ainsi accepté de se prêter au jeu. C’est ce nouvel ensemble qui fait l’objet de l’exposition Portrait d’un oiseau qui n’existe pas, accueillie jusqu’au 31 mars par la Maison des arts d’Antony. A noter l’organisation, les mercredi 21 février et 28 mars après-midi de deux ateliers-famille (pour les enfants de 6 à 12 ans), respectivement consacrés à la réalisation d’un mobile oiseau et d’un livre sur le thème de l’oiseau s’inspirant des pratiques et des univers des artistes de l’exposition. Plus d’informations et réservation au 01 40 96 31 50 et via maisondesarts@ville-antony.fr.

Masse et Martyr, Hicham Berrada, 2017.

Saisir l’invisible avec Hicham Berrada. En 2018, l’Abbaye de Maubuisson inaugure un nouveau rendez-vous destiné à son public familial : chaque mercredi des vacances scolaires, est organisée une visite guidée de l’exposition du moment, suivie d’un atelier créatif et d’un goûter*. Les après-midi des 21 et 28 février (entre 15 h et 17 h) seront ainsi dédiées au travail d’Hicham Berrada. Le jeune plasticien marocain, qui vit et travaille à Paris, poursuit des recherches sur la nature, la matière et le temps mêlant art et science – chimie, physique des fluides et nanosciences sont notamment convoquées – et se traduisant aussi bien par l’installation que la performance, la vidéo, le son ou encore la photographie. « Je mène, à mon échelle, de petites recherches scientifiques basiques : on fait un test, on regarde, on note ; puis on recommence en changeant les conditions, une par une, pour comprendre au mieux ce qui se passe », expliquait-il à ArtsHebdoMédias en 2013. A Maubuisson, Hicham Berrada présente, jusqu’au 22 avril, trois installations in situ inédites ainsi qu’une vidéo, conviant le visiteur à saisir avec lui ce moment de dévoilement où l’invisible qui caractérise nombre de processus naturels prend forme. « Le dénominateur commun de mes travaux est un questionnement de notre rapport à la nature. De façon ambivalente, il y a toujours un moment pendant lequel on essaie de contrôler la nature, de se poser en maître… On peut bien sûr essayer de dompter les choses jusqu’à un certain point, par la connaissance, la maîtrise des conditions – températures, pressions, constituants –, mais il y a toujours de nombreux éléments qui nous échappent et il faut faire avec. Et ce n’est pas pour me déplaire. Je ne suis absolument pas dans une recherche de contrôle absolu. Je serais sans doute malheureux si cela était possible. Il s’agit davantage d’une sorte de jeu amoureux avec la nature, de pouvoir s’amuser avec elle, s’émerveiller d’un rien ; au départ, je définis une loi entre le protocole scientifique et les règles d’un jeu d’enfant ; ensuite, je joue, j’apprends, j’essaie de comprendre, dans un cadre donné. Ma pensée s’appuie sur chacune de mes œuvres, un peu comme s’il s’agissait de prises d’escalade. »
* Compter 5 euros par personne. Renseignements et inscriptions au 01 34 64 36 10.
Lire aussi « Les digressions alchimiques d’Hicham Berrada »

A L’AIR LIBRE

Balade contemplative à Cologne. Ouvert en 1997 au cœur de la ville de Cologne à l’initiative d’un couple de collectionneurs allemand, Michael et Eleonore Stoffel, le Skulpturenpark Köln invite tous les deux ans une personnalité du monde de l’art international à assurer le commissariat d’une exposition en plein air d’œuvres qui viendront s’ajouter au parcours pérenne peu à peu constitué depuis 20 ans à travers ses quatre hectares. Une cinquantaine de pièce sont d’ores et déjà réunies, signées Edith Dekyndt, Jimmie Durham, Sou Fujimoto, Dan Graham, Jenny Holzer, Anish Kapoor, Per Kirkeby, Thomas Schütte, Rosemarie Trockel ou encore Bernar Venet, pour ne citer qu’eux. Inaugurée à l’automne dernier, la neuvième édition de Köln Skulptur a été orchestrée par Chus Martínez et est intitulée en français : La Fin de Babylone. Par ce titre, la commissaire d’exposition espagnole entend évoquer « le rêve d’un nouveau départ pour la culture, et donc pour la société ». « Ce parc de sculptures n’est pas de l’ordre du monumental et, pourtant, il est d’une énorme importance, souligne-t-elle. Ces vingt dernières années, il est devenu le havre de pièces créées spécifiquement pour lui et pour vous. (…) Je vous propose ici une totale exagération : soit d’imaginer que la réalisation, par Andrea Büttner, Claudia Comte, Jan Kiefer, Eduardo Navarro, Lin May Saeed, Solange Pessoa et Pedro Wirz, des huit nouvelles œuvres de cette édition de KölnSkulptur est la clé du début d’un nouveau monde. » Si d’aventure, le visiteur avait du mal à en trouver la porte, une visite guidée est organisée tous les premiers dimanches du moi à 15 h. Le parc est en accès libre, la visite guidée coûte 8 euros par adulte et est gratuite pour les moins de dix ans.

Etang de Thau, Maye.

Cimaises à ciel ouvert à Paris. Le Français Maye, le Britannique D*Face et l’Irlandais Conor Harrington sont parmi les derniers artistes à s’être emparé de l’une des hautes façades des immeubles du XIIIe arrondissement parisien. Avec Etang de Thau, le premier puise dans les souvenirs de sa Camargue natale pour ensoleiller, à la manière des surréalistes, le 131, boulevard Vincent-Auriol. Comme à son habitude, D*Face s’inspire de la ville et de l’environnement qui l’entoure ; pour Paris, il s’empare du thème du romantisme : Love won’t tear us apart (L’amour ne nous démolira pas), qui s’élève au dessus de la Place Pinel, montre une femme et un homme enlacés, le visage masculin défiguré représentant selon l’artiste « les personnes que l’on a aimées et qui continuent de vivre à travers notre mémoire ». Accolade, début de bagarre ? Conor Harrington nous laisse libre d’interpréter cette scène où deux hommes se font face, l’un de dos, l’autre le visage fermé tourné vers le bas ; Etreinte et lutte se déploie au 90, boulevard Vincent-Auriol. Ces trois œuvres sont venues s’ajouter, il y a quelques mois, à la quarantaine de fresques réalisées depuis 2009 dans le cadre de Street Art 13, un projet initié par la galerie Itinerrance, en partenariat avec la mairie du XIIIe arrondissement. Shepard Fairey, Vhils, Faile, Invader, Inti et Tristan Eaton, entre autres, ont d’ores et déjà participé à l’élaboration de ce véritable musée à ciel ouvert. Un site dédié offre de découvrir plus en détails chacune des œuvres et précise le plan du parcours.

CHEZ NOS VOISINS

D’une frontière l’autre à Cork. La Glucksman Gallery est un centre d’art contemporain implanté au cœur de l’Université de Cork, au sud-est de l’Irlande. Jusqu’au 11 mars y est présentée l’exposition Outposts : Global borders and national boundaries (Avant-postes : les frontières mondiales et les limites nationales), qui réunit des travaux d’une dizaine d’artistes irlandais et internationaux – parmi eux, Willie Doherty, Bouchra Khalili, Teresa Margolles, Larissa Sansour et Javier Téllez – explorant, à l’heure où la question des frontières est toujours plus présente dans les médias, les différentes formes de lignes de démarcation qui distinguent les territoires. Du Mexique au Moyen-Orient, en passant par l’Irlande et l’Union européenne, leurs œuvres remettent en question nos perceptions de l’identité nationale tout en s’attaquant aux conflits qui surgissent souvent sur ces frontières contestées. Tout un programme de rencontres, d’ateliers et de conférences, conçu en collaboration avec les différents département de l’université, accompagne l’exposition. De nombreuses activités sont par ailleurs proposées à toutes les tranches d’âges, et bien sûr aux plus jeunes. Tous les dimanches à 15 h, par exemple, un atelier créatif dirigé par un artiste est organisé à destination des familles. Il n’est pas nécessaire de réserver et c’est gratuit, tout comme le sont les expositions. « Venez juste avec votre imagination ! », est-il précisé. Le détail de la programmation et des événements de la saison est à portée de clic.

Cutting the Puppeteer’s Strings with Paper Teeth – Brief History of Daydreaming and String Control (détail), Eva Kot’átková, 2016.

Archiver ses rêves à Milan. The Dream Machine Is Asleep (La machine à rêves est endormie) est une exposition de la plasticienne tchèque Eva Kot’átková, présentée jusqu’au 22 juillet à la Pirelli HangarBicocca, fondation privée d’art contemporain installée au nord de Milan, en Italie, dans un ancien bâtiment industriel. Elle prend la forme d’un vaste projet immersif où s’entremêlent installation, sculpture, collage et performance pour explorer l’idée selon laquelle le corps humain est une machine, un organisme qui a besoin de réglages pour fonctionner ; l’artiste considérant par ailleurs les temps de régénération et de repos, dédiés au sommeil et aux rêves, comme propices à générer d’autres façons de voir le monde. Eva Kot’átková s’attache plus particulièrement à confronter nos fantasmes et peurs d’adultes avec ceux que nous avons, pour la plupart, laissés sur les chemins de l’enfance, nous conformant aux injonctions du système éducatif comme à celles des règles sociétales. Récurrente dans son travail, la figure de l’enfant peut être évoquée par des objets – marionnettes, jouets, etc. – mais aussi être incarnée par les nombreux jeunes participants qu’elle fait intervenir dans ses performances. Ici, un espace dédié leur est dévolu, le « bureau des enfants », en charge d’archiver les rêves. En marge de sa programmation d’expositions, dont l’accès est gratuit, la Pirelli HangarBicocca organise régulièrement, le samedi et/ou le dimanche, des ateliers thématiques pour enfants de différentes tranches d’âges. Le 24 février, les 6-8 ans sont ainsi invités à explorer la lumière comme outil de dessin ; les rendez-vous des 10, 17 et 18 mars (s’adressant respectivement aux 6-8, 4-6 et 6-14 ans) s’articulent quant à eux autour d’une installation pérenne, créée en 2004 par Anselm Kiefer à l’occasion de l’inauguration de la Pirelli HangarBicocca, The Seven Heavenly Palaces. Pour participer, il est nécessaire de s’inscrire en ligne (compter entre 4 et 6 euros par enfant).

SUR LA TOILE

D’aventure en réflexion avec Elyx. Créé par Yacine Ait Kaci, alias Yak, il y a sept ans, Elyx est un petit personnage dessiné qui s’insinue, souvent avec humour et espièglerie, dans la vie réelle. Ses aventures sont à suivre, entre autres, sur Instagram et Facebook. « Quand j’ai commencé à poster des images sur Internet, il n’avait pas de nom, je le dessinais, c’est tout, se souvient l’artiste rencontré en 2014 par ArtsHebdoMédias. C’était une forme d’expérience ; c’est dans le dialogue quotidien avec les internautes qu’il est devenu un personnage. Or l’un des enjeux essentiels aujourd’hui, c’est comment sortir de l’individualisme et comprendre notre interdépendance collective. » Avec poésie et subtilité, Elyx offre de nombreuses pistes de réflexion à explorer.

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