Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool de mars

Jaume Plensa

Tous les mois, ArtsHebdoMédias vous propose quelques idées de visites « art contemporain » plus particulièrement destinées aux enfants et aux ados ou à partager tout simplement en famille, à découvrir un peu partout en France ainsi que chez nos voisins européens et sur Internet. En ce mois de mars 2017, nous vous emmenons notamment dans les Flandres et à Montpellier, en passant par Nantes, Villeurbanne, Antibes, et bien sûr Paris ! Qu’elles soient ludiques ou l’occasion d’aborder des sujets d’actualité, les propositions sélectionnées devraient satisfaire les goûts les plus variés. En route !

DU NORD AU SUD…

A poils et à plumes
Le Cheval, Patrick Van Caeckenbergh, 1985-1986.

Des poils et des plumes belges à Cassel. Après avoir exploré, entre octobre et janvier derniers, la thématique animale dans la peinture flamande du XVIIe siècle, le Musée de Flandre de Cassel, petite ville située entre Lille et Dunkerque, initie un dialogue inédit entre l’art contemporain et ses collections historiques. Neuf artistes du territoire voisin, la Belgique, sont conviés pour l’occasion ; tous ont en commun de puiser dans le monde animal, de manière récurrente ou occasionnelle, matière à réflexion comme à expérimentation et création. Des célèbres scarabées de Jan Fabre aux peaux de cochons tatouées de Wim Delvoye, en passant par la figure équine érigée par Berlinde de Bruyckere en martyre des guerres humaines ou par Patrick Van Caeckenbergh en gardienne de ses souvenirs familiaux, les œuvres ici réunies étonnent, amusent et/ou choquent. Toutes sont cependant propices au questionnement de nos rapports aux animaux, des a priori et symboliques qui leurs sont souvent associés. A poils et à plumes est une exposition à découvrir jusqu’au 9 juillet. Parmi les rendez-vous organisés à destination du public familial, citons, ce dimanche 19 mars, la visite guidée orchestrée par l’artiste chorégraphe Yasmine Youcef – « L’Atelier du regard » peut être suivi à partir de six ans et débute à 15h30 – ou le parcours sensoriel proposé aux enfants de moins de trois ans les samedis 18 mars, 1er avril, 6 mai, 3 juin et 1er juillet à 10 h 30 (ainsi que les mardis 11 et 18 avril et les vendredis 14 et 21 avril, 26 mai). Renseignements et réservations au 03 59 73 45 59 et sur Museedeflandre.lenord.fr.

Découvrir la réalité virtuelle à Montpellier. Initié en 2014 à Montpellier, le Festival Tropisme entend allier pop culture et nouvelles technologies à travers un programme de concerts, de tables rondes, d’ateliers et d’expérimentations numériques. Nombre d’entre eux sont destinés au jeune public, considéré comme un acteur essentiel des grandes mutations à venir. Après deux éditions à La Panacée, c’est dans la salle de concert Victoire 2 et à l’Ecolothèque que le festival s’installe du 30 mars au 2 avril. La réalité virtuelle y occupe une place de choix, l’exposition Trois cent soixante° offrant de découvrir une vingtaine d’expériences et pas moins de 30 dispositifs immersifs utilisant cette technologie en pleine expansion. Fictions, documentaires, clips musicaux et jeux vidéos en sont quelques déclinaisons, toutes invitant à lâcher prise dans une ambiance festive et ludique. Le détail de la programmation concoctée pour les enfants est à consulter ici !

…ET D’OUEST EN EST

Rougerie
Village sous-marin, Jacques Rougerie, 1973.

Plongée en architecture à Nantes. Installé depuis 2000 dans une ancienne usine, sur les bords du canal Saint-Félix, le Lieu unique se définit comme « un espace d’exploration artistique, de bouillonnement culturel et de convivialité qui mélange les genres, les cultures et les publics ». Tout au long de l’année, le centre d’art propose des rendez-vous en famille pour explorer le bâtiment, son histoire et son projet artistique – dans le cadre de visites guidées (à partir de 7 ans) – ou pour découvrir les expositions temporaires. Du 30 mars au 21 mai, l’institution accueille l’un des événements montés en partenariat avec quelque 75 lieux, répartis dans 40 villes de l’Hexagone, à l’occasion des 40 ans du Centre Pompidou : Mégastructures offre de revenir sur plus de 60 ans d’architecture et, plus particulièrement, sur le concept éponyme né à la fin des années 1950 et définissant une vision prospective de l’environnement bâti et des paysages industriels qui le traversent. Les démarches exploratoires de Yona Friedman, Renzo Piano et Jacques Rougerie sont parmi celles qui y font écho. Une visite commentée est organisée tous les mercredis à 16 h 30 à destination des enfants (de plus de 7 ans) et de leurs parents. Tout comme l’exposition, la visite est gratuite, mais dans la limite des places disponibles.

Week-end tout en art dans le Grand Est. Né en Alsace, le Week-End de l’art contemporain investit pour sa dixième édition, qui se tient du vendredi 17 au dimanche 19 mars, toute la région Grand Est. Plus de 60 expositions et événements artistiques y sont associés. Parmi les temps de rencontre proposés au jeune public, citons les mini-ateliers sur les thèmes de la gestuelle et de la trace, organisés dimanche de 14 h 30 à 17 h au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg en lien avec la performance Corps noir, créée par Aurélien Bory et interprétée – ce dimanche également, entre 14 h30 et 17 h – par la danseuse Stéphanie Fuster. Le Frac Alsace accueille, ce samedi 18 mars à Sélestat (14 h 30-16 h 30), un atelier de céramique mené par l’artiste Gretel Weyer, en lien avec son univers empli de références à l’enfance, au bestiaire et aux contes. A Mulhouse, la Filature organise un atelier photo pour les 10-13 ans (samedi de 14 h à 17 h, sur réservation au 03 89 36 28 35 ou via clementine.cheronnet@lafilature.org) : le photographe Laurent Weigel initiera les enfants à la pratique du cyanotype ; un atelier suivi d’une visite guidée de l’exposition Fleur de la Suisse Simone Kappeler. Les Ateliers pédagogiques d’arts plastiques de Mulhouse proposent quant à eux, samedi à 14 h, un atelier parents-enfants (de 6 à 12 ans) associant pratiques artistiques et numériques : après avoir visité l’exposition In the echoes of my room, de la plasticienne norvégienne Ane Mette Hol à la Kunsthalle, les participants seront invités à détourner et réinterpréter une œuvre choisie dans le parcours. Dimanche, à 14 h, l’artiste en résidence Gaëlle Collet proposera elle aussi un atelier faisant écho aux œuvres d’Ane Mette Hol. Ces deux événements sont gratuits, mais en nombre de places limitées. Renseignements au 03 69 77 77 38 et via ateliers_pedagogiques_arts_plastiques@mulhouse-alsace.fr.

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Kiefer
Rabi Löw : Der Golem, Anselm Kiefer, 1988-2012.

Le souffle magique du Mahj. Etre de glaise auquel un rituel sacré insuffle la vie, le Golem est au cœur de nombre de légendes juives comme de récits fantastiques. Précurseur des super-héros, des androïdes et des avatars numériques, il est aussi une figure qui permet de penser un monde où l’homme pourrait perdre le contrôle sur ses créations, notamment dans le domaine de la robotique et de l’informatique. Présentée jusqu’au 16 juillet au Musée d’art et d’histoire du judaïsme à Paris, l’exposition Golem. Avatars d’une légende d’argile réunit près de 140 œuvres qui témoignent de l’intérêt récurrent des artistes de toutes disciplines – parmi eux Christian Boltanski, Gérard Garouste, Antony Gormley, Amos Gitaï ou encore Anselm Kiefer – pour la figure mythique, à la fois miraculeuse et monstrueuse, touchante et inhumaine, protectrice et effrayante. Les enfants peuvent découvrir l’exposition muni d’un livret-jeux intitulé Un Golem, comment ça marche ?, disponible gratuitement à l’accueil. Pendant les vacances de Pâques, la cinéaste et écrivain Valérie Mréjen anime un stage de quatre jours pour les 7-11 ans, « Etre Golem », au cours duquel les participants fabriqueront un film dont ils seront les héros (les mardi 4, mercredi 5 et jeudi 6 avril de 14 h à 17 h et le vendredi 7 avril de 10 h 30 à 16 h 30 ; 110 € pour les 4 séances). Plusieurs parcours-ateliers destinés à différentes tranches d’âge sont également au programme. Renseignements et réservations au 01 53 01 86 62, auprès de visites@mahj.org ou sur www.mahj.org.

Tok-Tok à gogo au Palais de Tokyo ! Au fil de ses différentes saisons, le Palais de Tokyo met en place une programmation jeune public spécifique (le mercredi et le week-end) dont font partie les ateliers Tok-Tok. L’institution accueille, jusqu’au 8 mai, les expositions personnelles de Dorian Gaudin, Taro Izumi, Emmanuelle Lainé, Anne Le Troter, Abraham Poincheval et Emmanuel Saulnier, ainsi qu’une manifestation collective, Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce, qui interrogent de différentes manières notre relation au monde des objets. Pas moins de sept ateliers, destinés aux enfants de 5 à 10 ans, y font écho. « Kit de survie pour petits explorateurs » (22 mars, 15 et 26 avril, 6 mai) s’articule, par exemple, autour du travail singulier d’Abraham Poincheval, artiste qui fait de son corps et des objets qu’il crée de véritables laboratoires ; « La petite fabrique de Taro Izumi » (18 mars, 1er, 12 et 22 avril, 3 mai) invite pour sa part à interagir avec les créations espiègles du plasticien japonais. Avec « Les machines attrape-nuages » (25 mars, 5 et 29 avril), les enfants partiront sur les pas de l’artiste Mel O’Callaghan à la rencontre des Orang Sungai, population de Bornéo qui procède chaque année à une cueillette très ritualisée de nids d’oiseaux. L’ensemble des visites contées, ateliers Tok-Tok et autres rendez-vous familiaux sont détaillés au lien suivant.
Lire aussi « Le cœur battant de l’objet au Palais de Tokyo ».

…ET SES ENVIRONS

Le textile enchanté à Montrouge. Plus que trois jours pour découvrir la 13e édition de Miniartextil au Beffroi de Montrouge, au sud de Paris. L’exposition internationale d’art textile contemporain décline cette année, jusqu’au dimanche 19 mars, le thème « Tisser les rêves » à travers une cinquantaine d’œuvres de petit format (20 x 20 x 20 cm) et un ensemble d’installations monumentales. Une performance, signée de l’Italien Thomas de Falco, fait aussi partie de la sélection. Espoirs, peurs, visions utopiques ou enchantées sont ici livrés à l’imaginaire et à la libre interprétation de chacun, tous les jours de 12 h à 19 h. Une visite guidée gratuite et tout public – un carnet d’exploration destiné aux enfants est par ailleurs disponible à l’accueil – est proposée le samedi et le dimanche à 15 h. Un dernier atelier sera organisé ce dimanche 19 mars, à 15 h également ; il y sera question des rêves et de leur interprétation, textures et formes à l’appui. Plus d’informations au 01 46 12 75 70.

Explorer le Grand Napotakeu au Cube. C’est un monde parallèle insolite, peuplés de glutes – créatures aux silhouettes se métamorphosant constamment –, dont Jérôme Lefdup a patiemment étudié la faune, la flore, l’espace, le temps et le(s) sens au fil des trente dernières années. Disposant le fruit de ses recherches à la manière d’un cabinet de curiosités où s’entremêlent photomontages, animations, vidéos et autres « néologrammes », l’artiste, à la fois plasticien, musicien, réalisateur et vidéaste, offre au visiteur de s’immerger au cœur du Grand Napotakeu. Un ensemble de QR codes permet de prolonger l’exploration virtuellement. Plusieurs visites-ateliers autour de l’exposition Prototypes du Grand Napotakeu (2) – présentée au Cube, à Issy-les-Moulineaux jusqu’au 22 juillet – sont proposées aux enfants de plus de 6 ans et aux ados les samedis 25 mars, 29 avril, 20 mai et 24 juin à 15 h. A la fin de chaque session, il leur est offert d’apprendre à réaliser un hologramme avec une tablette tactile. Le Cube organise par ailleurs régulièrement différentes activités en lien avec la création numérique ; il est même possible d’y fêter son anniversaire entre amis !

A L’AIR LIBRE

L’autre est un lieu avec Jaume Plensa à Antibes. « Chaque être humain est un “lieu”, constate Jaume Plensa. Chaque femme, homme, enfant, chaque vieillard est un espace habitable en soi qui se déplace et se développe ; un “lieu” dans le temps, la géographie, le volume et la couleur. Des villes entières édifiées avec des corps qui s’ouvrent et se ferment comme des portes. Des lumières qui clignotent. Chaque fois qu’un être humain meurt, une maison se ferme et on perd un “lieu”. Mon œuvre est leur mémoire. La fixation congelée de tant de corps qui se développent et disparaissent dans la fugacité de la lumière. Mon œuvre est leur volume. » Assis ou suspendus, en acier, en bronze ou en basalte, porteurs de messages poétiques et muets, les personnages et silhouettes tout en lettres et mots de l’artiste catalan sont une invitation à la méditation sur la magie du langage, le rythme des textes et le mystère du songe. Installé depuis 2010 sur les remparts de la ville d’Antibes (image d’ouverture), au bastion Saint-Jaume, Le Nomade – haut de huit mètres – en est une à savourer sans modération.

Le Belvédère (Fontaines-sur-Saône), Tadashi Kawamata.
Le Belvédère (Fontaines-sur-Saône), Tadashi Kawamata.

Balade ludique et poétique en bords de Saône. Depuis fin 2013, une vingtaine d’artistes et collectifs ont investi les berges de la Saône, à Lyon, dans le cadre d’un vaste projet de réaménagement des rives du fleuve sur une quinzaine de kilomètres (entre La Confluence et l’île de La Barbe et entre Fontaines-sur-Saône et Rochetaillée-sur-Saône). Parmi eux, le duo Elmgreen & Dragset, Jean-Michel Othoniel, Didier Faustino, Erik Samakh, Pascale-Marthine Tayou, Meschac Gaba ou encore Tadashi Kawamata, auquel a été confié le soin de dessiner un fil rouge artistique. Un lien, une trame narrative, entre les différents sites selon trois thèmes directeurs : « Marcher », « Toucher » et « Voir ». « Ces trois expériences sont pour moi la manière la plus simple d’expérimenter un site, expliquait l’artiste japonais en 2013. La plus authentique aussi. » Flânerie, mystère, nature, féerie, jeu, contemplation sont autant de mots clés d’un parcours en huit étapes conçu comme un « River Movie » par son directeur artistique Jérôme Sans. Pour planifier sa balade, une carte et le détail des différentes œuvres sont disponibles sur www.lesrivesdesaone.com.

CHEZ NOS VOISINS

Tony Cragg en majesté au Luxembourg.« La sculpture n’est qu’une méthode pour aborder notre univers, pour chercher de nouvelles formes et formuler de nouvelles questions sur le monde dans lequel nous vivons, sur la réalité », affirme Tony Cragg. Mû par une inlassable curiosité, l’artiste britannique poursuit, depuis 40 ans, une exploration minutieuse de matériaux les plus divers, qu’il considère tous intrinsèquement porteur de sens, d’idées et d’émotions. « Ce qui compte en sculpture, c’est la manière dont le matériau et la forme nous touchent. » Le Musée d’art moderne Grand-Duc Jean du Luxembourg (Mudam) lui consacre, jusqu’au 3 septembre, une vaste exposition qui réunit des œuvres réalisées ces vingt dernières années. Parmi les activités régulièrement proposées à son jeune public, le Mudam a concocté plusieurs temps de rencontre avec le travail singulier de Tony Cragg. Deux d’entre eux sont programmés mercredi 22 et samedi 25 mars – respectivement de 15 h à 17 h et de 10 h à 11 h – : le premier est un atelier de dessin dédié aux 6-12 ans, le second une lecture de contes à destination des 3-5 ans. L’ensemble des propositions s’adressant aux enfants et aux familles est à retrouver sur www.mudam.lu.

Jellyfish Eyes (arrêt sur image vidéo), Takashi Murakami, 2013.
Jellyfish Eyes (arrêt sur image vidéo), Takashi Murakami, 2013.

Le message de Murakami aux jeunes à l’Astrup Fearnley Museet. Le bâtiment à lui seul vaut le détour. Posé à la pointe de la péninsule de Tjuvholmen, en bordure du port d’Oslo, ses parois extérieures lambrissées de tremble et son spectaculaire toit de verre sont signés Renzo Piano. L’Astrup Fearnley Museet offre actuellement de plonger dans l’univers de Takashi Murakami. L’exposition présente notamment deux ensembles d’œuvres, datant respectivement de la fin des années 1990 – période où l’artiste s’appuie sur la pop culture japonaise et le manga pour développer le concept de Superflat, qui évoque tout autant les formes aplaties de l’art graphique de son pays que la superficialité de sa société consumériste – et de ces derniers temps, qui ont vu Takashi Murakami débuter un dialogue avec des figures historiques de la peinture traditionnelle japonaise. Murakami par Murakami donne par ailleurs l’occasion d’appréhender les multiples facettes d’un artiste également collectionneur, galeriste, entrepreneur et militant. Chaque jeudi à 17 h – tout au long de l’exposition qui se tient jusqu’au 14 mai –, est projeté le film Jellyfish Eyes, tourné par Takashi Murakami en 2013 et s’adressant plus particulièrement aux enfants et adolescents. « Aujourd’hui encore, dans mon pays, beaucoup d’adultes continuent de faire croire aux enfants qu’ils réaliseront un jour leurs rêves et sont promis à une vie dénuée d’épreuves. Mais lorsqu’ils grandissent, ces derniers ne peuvent que constater la faiblesse de leurs aînés, en deviennent parfois malades ou coupent tout lien avec la société pour se retirer dans leur monde à eux. Ce constat s’est accru au fil des répercussions du Tsunami de mars 2011. Je voudrais que ces enfants aient pleinement conscience de la réalité pour pouvoir se fortifier en grandissant. Et j’ai pensé que mon message passerait mieux s’il prenait la forme d’un conte fantastique. »

SUR LA TOILE

Retour sur 30 ans de street art hexagonal. Co-écrite et réalisée par Samuel Boujnah et Jim Gabaret (collectif Vive La Peinture), Ceci n’est pas un Graffiti est une web série en dix épisodes qui se propose de revenir, au fil d’interviews d’artistes et de galeristes, sur les origines, les enjeux et les contradictions du street art en France. A découvrir à partir du lundi 20 mars sur la plateforme Arte Creative.

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