Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool de l’hiver

A quelques heures de Noël, que nous vous souhaitons des plus heureux, voici notre moisson hivernale d’idées-visites « art contemporain » à destination des enfants et des ados ou à partager tout simplement en famille, un peu partout en France ainsi que chez nos voisins européens et sur Internet. Nous vous emmenons notamment à Escaudain (59) et à Hyères (83), en passant par Oiron (79), Delme (57), Malmö, Madrid et bien évidemment Paris et ses environs. Bonnes découvertes !

DU NORD AU SUD…

La Ronde de nuit, Richard Skryzak.

La tête dans les étoiles avec Richard Skryzak. « Il y a œuvre quand la poésie des images rejoint celle du monde, expliquait Richard Skryzak dans ArtsHebdoMédias en avril 2016. La vidéo est une graphie. Une vidéo-graphie qui est à la lettre une inscription, une trace, une écriture très particulière. » Né à Quarouble, dans le Nord, et installé à Valenciennes, l’artiste développe une démarche où vidéo, écriture et poésie s’entremêlent pour questionner l’image et son esthétique. Deux de ses installations sont à découvrir jusqu’au 20 janvier à la médiathèque communautaire d’Escaudain (59), dans le cadre d’une exposition intitulée Rallumer les étoiles, en référence à un vers de Guillaume Apollinaire : « Il est grand temps de rallumer les étoiles ». La Ronde de nuit (2017) se déploie sur plusieurs écrans suspendus ; la Lune, des traces d’avion et une bougie y jouent les protagonistes d’un ballet singulier où les jeux de lumière, de couleurs et le clair/obscur règnent de concert. Présentée à l’étage et conçue pour être vue de nuit depuis l’extérieur, Coups de Foudre (2017) aborde le thème de l’éclair ; celui qui se dessine dans le ciel lors d’un orage, celui évoquant la fée électricité ou encore celui que traçait Zorro de la pointe de l’épée ! « J’ai toujours assimilé Zorro à la figure de l’artiste, c’est-à-dire à quelqu’un qui se cherche une raison d’être en évoluant dans un univers décalé, nous confiait encore Richard Skryzak en avril dernier. En étant de ce monde, sans en être complètement. De plus, dans cette société qui érige la transparence en dogme, l’étalage de l’intime en règle, et la vidéo-surveillance en vertu, je pense qu’il est préférable, comme lui, d’avancer masqué. » Une série d’aquarelles, ainsi qu’une sélection d’éditions, de catalogues et de publications sont également présentés.

La Villa Noailles à l’heure des pitchouns. Exposition, ateliers, chasse aux trésors, spectacles, trampoline, balades à dos d’âne, dessins animés et autres surprises sont au programme de la septième édition du Festival Pitchouns, organisé à Hyères par la Villa Noailles. Si les diverses animations courent jusqu’au dimanche 24 décembre, l’exposition est à découvrir jusqu’au 14 janvier. Elle met à l’honneur Alexandre Benjamin Navet, Grand Prix Design Parade Toulon 2017, qui déploie une installation de dessin évoquant la faune et la végétation environnantes. Un espace dédié permet aux jeunes visiteurs de s’adonner à des coloriages et de jouer avec des autocollants conçus par le jeune designer. Quatre ateliers, respectivement dédiés à la mode, à la photographie, au design et à l’architecture sont mis en place du vendredi 22 au dimanche 24 décembre : Marion de Raucourt, finaliste du Festival d’Hyères 2013, propose ainsi aux 13-16 ans de travailler le cuir, tandis que la photographe Louise Desnos, finaliste du Festival d’Hyères 2016, invite les 8-12 ans à s’interroger sur la notion d’image et de son omniprésence au quotidien. Le designer Arthur Hoffner, Prix du public Design Parade 2017, accueille lui aussi les 8-12 ans dans le cadre de la réalisation collective d’une fontaine. « Je cherche à partager avec les enfants ma vision du design, celle d’une malicieuse source de plaisir, offrant une expérience sensible onirique », confie-t-il. Enfin, l’architecte Céline Tcherkassky s’inspire de l’histoire des Trois petits cochons pour initier de façon ludique les 5-7 ans à la fabrication d’une maquette. Si les activités sont gratuites, elles nécessitent inscription au 04 98 08 01 98/97 ou via mediation@villanoailles-hyeres.com. Plus d’infos sur le site de la Villa Noailles.

…ET D’OUEST EN EST

Ce que le roi ne voit pas…, Pierre Redon, 2017.

Une vie de château pour Pierre Redon. Connu pour ses Marches sonores, à travers lesquelles les participants sont invités à expérimenter un territoire en l’arpentant tout en écoutant des documents, témoignages et autres créations sonores signées de sa main, Pierre Redon propose, à Oiron (Deux-Sèvres), de prendre le temps de faire une halte, de s’assoir, voire de s’allonger pour appréhender sa dernière œuvre interactive. Conçue à la fois comme une installation et une expérience à vivre, déployée dans une chambre du château d’Oiron jusqu’au 18 février, Ce que le roi ne voit pas… prend la forme de compositions sonores à découvrir sur des chaises longues recouvertes de toisons et de couvertures de laine. L’interactivité prend appui sur le regard du spectateur – ce grâce à la technologie EyeDee, développée par la start-up Suricog –, celui-ci déclenchant différents éléments narratifs et musicaux selon son déplacement à travers la pièce et vers les peintures des caissons du plafond. Naît alors un dialogue empreint de magie entre le lieu patrimonial, l’histoire locale des possessions de Loudun – également appelée affaire des possédées de Loudun, elle fait référence à la chasse aux sorcières lancée par le cardinal de Richelieu dans les années 1630, contre le prêtre catholique de la ville, Urbain Grandier – et même l’actualité de l’immigration. Le tout sur fond de trois pièces sonores composées par Pierre Redon et intitulées Possession, Messager et Mina.

Map Tracing # 5, Shilpa Gupta, 2017.

Faire fi des frontières avec Shilpa Gupta. Pour son exposition Drawing in the Dark, présentée jusqu’au 18 février au Centre d’art La synagogue de Delme, la plasticienne indienne, née à Mumbai en 1976, s’intéresse aux questions de flux migratoires et de frontières, plus particulièrement ceux existant entre l’Inde et le Bangladesh – la ligne de démarcation court sur plusieurs milliers de kilomètres et a donné lieu à l’édification par l’Inde du plus long mur jamais construit entre deux états. « L’artiste engage le spectateur dans une relation physique à l’espace dès l’entrée de l’exposition : une lourde barre de métal vient perturber l’architecture et le passage des visiteurs, précise Marie Cozette, la directrice du centre d’art. A la violence d’un geste de séparation entre extérieur et intérieur, Shilpa Gupta oppose la liberté de se frayer un chemin et fait rejouer à chaque visiteur la situation d’une traversée interdite. » Les œuvres réunies évoquent l’ensemble des stratégies de détournement, d’évitement ou de perturbation des systèmes de contrôle mis en place dans la zone frontalière, mettant en lumière la persistance des flux d’hommes et de marchandises inhérents aux affinités historiques, sociales et géographiques existant entre les deux régions, comme aux impératifs économiques. « L’artiste donne une expression résolument poétique à ce monde invisible, construit au fil des transactions, des déplacements quotidiens et des désirs contraints. (…) Elle rappelle que la vie sous un ciel collectif ne cesse de mettre en crise les contours imposés à la carte du monde. » A noter l’organisation, mercredi 7 février de 14 h à 17 h, d’un atelier-découverte ludique de l’exposition destiné au 6-11 ans ; samedi 27 janvier, de 15 h à 16 h 30, ce sont les 5-12 ans qui sont conviés, avec leurs parents, à une visite suivie d’un atelier créatif. Deux rendez-vous gratuits mais nécessitant réservation au 03 87 01 43 42. Attention, l’exposition est fermée du 23 décembre au 2 janvier.

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Impulse, Martin Messier.

Heureux hasards au Centquatre. C’est l’exposition phare de la programmation 2017-2018 de la Biennale Némo : présentée jusqu’au 4 mars au Centquatre, Les Faits du hasard réunit les œuvres d’une trentaine d’artistes et de collectifs – parmi eux, citons Pascal Haudressy, Fabien Zocco, Jérôme Cavalière, disnovation.org, Linda Sanchez, Vivien Roubaud, Pascal Lièvre ou encore Michel et André Décosterd – s’intéressant aux notions d’accident, d’impondérable ou de chance dans le contexte d’une société toujours plus avide – et dépendante – de nouvelles technologies. L’ensemble offre de multiples propositions de relecture poétique du monde et de notre quotidien. Ruines, de Fabien Léaustic, met en scène l’énergie vitale imperceptible de phytoplanctons partant « à l’assaut » de huit stèles de lycra blanc ; Conversations, du Belge Lawrence Malstaf, prend la forme d’un curieux ballet de chaises en plastique auquel le visiteur est invité à se joindre ; avec Impulse (notre photo d’ouverture), le Canadien Martin Messier déroule une autre forme de chorégraphie, où des jeux de son et de lumière viennent évoquer le fonctionnement de notre cerveau ; Linda Sanchez suit, à travers sa vidéo 11 752 mètres et des poussières, l’infinie variété de mouvements d’une goutte d’eau qui glisse : « Elle prend des accélérations soudaines, fait des accrocs, rebondit, contourne, se scinde, se bombe, remonte légèrement, se déchiquette sur un côté ou devant, s’étale, prend des extensions », décrit l’artiste. Un parcours spécifique, baptisé « Les Petits Hasards », a été pensé à destination du jeune public : il s’accompagne d’un jeu d’enquête au fil duquel il est proposé aux enfants de retrouver des objets « perdus » appartenant à différentes installations de l’exposition.

Au-delà, Sheila Hicks, 2017.

Filer la métaphore avec Sheila Hicks au Mam. Il y a de longues années déjà que l’artiste américaine – née en 1934, elle s’est installée à Paris dans les années 1960 – a adopté le fil et la laine pour matériaux de prédilection. Bientôt mise à l’honneur au Centre Pompidou, du 7 février au 30 avril, Sheila Hicks est actuellement l’invitée du Musée d’art moderne de la ville de Paris. « C’est en explorant longuement l’espace du hall d’entrée que l’artiste a commencé à élaborer son projet, explique Julia Garimorth, commissaire de l’exposition Au-delà. Attirée d’abord par le néon de Lucio Fontana, conçu en 1951 et qui domine aujourd’hui l’accueil du musée, elle relie la ligne décrite par le tube lumineux à sa propre recherche. » « La base de mon travail, ce sont les lignes qui forment des sculptures dans l’espace », aime à rappeler Sheila Hicks. Alors que les circonvolutions formées au plafond par l’œuvre de Fontana (1899-1968) évoquent la trajectoire des planètes, l’artiste vient apposer au mur un ensemble de satellites multicolores dessinant une véritable constellation. « Le langage des fils est pour elle universel et constitue un lien entre les êtres, reprend Julia Garimorth. C’est pourquoi elle étudie, pour la réalisation de ses projets, non seulement les spécificités du lieu, mais aussi les caractéristiques de son public qui devient son principal complice. » Une complicité à laquelle s’adonner, en accès libre, jusqu’au 1er juin !

…ET SES ENVIRONS

Tamam Shud : Dance Room, Alex Cecchetti, 2017.

Une drôle d’enquête proposée par Alex Cecchetti. « Je suis mort sans identité. Les étiquettes des vêtements, les empreintes digitales, la taille des chaussures ont été décousues, supprimées, lavées, blanchies, et livrées à l’oubli. Seul indice, un petit morceau de papier caché dans une poche secrète du pantalon. Ecrits là, les derniers mots d’une poésie persane : Tamam Shud. Ceci est la fin. Tout ce que je suis. » Ces propos énigmatiques introduisent la proposition pluridisciplinaire développée par l’Italien Alex Cecchetti au Centre d’art de la Ferme du Buisson, à Noisiel en Seine-et-Marne. L’expression Taman Shud est à la fois le point de départ d’une enquête, aussi insolite que joyeuse, menée par l’artiste sur sa propre disparition et les mystères de l’identité, le titre de l’exposition et celui d’un roman à paraître en janvier, signé lui aussi par Alex Cecchetti. Dans chacun des six espaces constituant le parcours – « Music Room », « Dance Room », « Diner Room », « Reading Room », « Erotic Cabinet » et « Death Room » – le plasticien déploie une installation interactive où le visiteur est tour à tour invité à se laisser aller à la contemplation, à expérimenter – par le biais de la danse, de la lecture ou encore du partage d’un repas ! – et à faire appel à son imagination pour participer à la narration en cours. Les médiateurs tiennent un rôle majeur : tout en transmettant au public les histoires de l’artiste, ils sont chargés par ce dernier d’observer les réactions qui viendront nourrir l’écriture en cours de son ouvrage. Des ateliers parents-enfants, plus particulièrement destinés aux 4-7 ans, sont mis en place tous les jours (sauf lundi et mardi) durant les vacances scolaires (entre le 23 décembre et le 7 janvier, puis du 18 au 24 février). Proposée gratuitement et sur inscription au 01 64 62 77 41 ou sur place, chaque session prévoit une visite de l’exposition, présentée jusqu’au 25 février, suivie d’un temps créatif.

Vue de l’exposition Tout En Un Plus Trois d’Elisabeth Ballet au Mac/Val.

D’un récit l’autre avec Elisabeth Ballet. Présentée au Mac/Val, à Vitry-sur-Seine, jusqu’au 25 février, Tout En Un Plus Trois est une rétrospective du travail de la plasticienne française Elisabeth Ballet. S’ancrant dans une expérience de l’espace, par le biais, notamment, de jeux subtils entre intérieur et extérieur, vide et plein, opacité et transparence, ses œuvres en modifient la perception pour en composer une nouvelle lecture ; chaque pièce correspond par ailleurs pour l’artiste à un fragment d’une narration emplie de références historiques, biographiques et littéraires, constituée par la série ou l’exposition pour laquelle elles ont été réalisées. Du fait de son format rétrospectif, « l’exposition prélève des parcelles dans ces histoires, des éléments hétérogènes, pour les agencer, les moduler en d’autres faisceaux narratifs, précise Frank Lamy, commissaire de l’exposition. Les notices, rédigées par l’artiste et qui accompagnent chaque œuvre, font état de leurs origines, de leurs mouvements, de leurs fabriques ; elles sont narrées, prises dans un récit global, lui-même composé de l’assemblage de toutes ces gestes racontés, mais jamais n’assignent un sens, une direction, une signification autre que celle de leur nécessaire présence même. » Pendant les vacances de Noël, du 2 au 5 janvier, le Mac/Val invite les enfants (de plus de 8 ans) à participer à des ateliers conçus et menés par des artistes invités autour de ses expositions temporaires (compter 2 euros par participant et par séance). En l’occurrence, c’est Charlotte Charbonnel qui jouera l’animatrice de « La fabrique de l’architecture », imaginée en regard de Tout En Un Plus Trois. A noter, l’organisation d’une VVF (Visite à Voir en Famille) tous les dimanches à 16 h et celle d’une visite-atelier placée sous le signe du jeu chaque premier dimanche du mois à 15 h. Plus d’infos sur www.macval.fr.

À L’AIR LIBRE

Thinline, Ai Weiwei, 2017.

Amsterdam tout en lumière. Initié en 2011, le Festival Amsterdam Light transforme chaque année, pendant quelques semaines, les canaux de la capitale néerlandaise en d’insolites et féériques espaces d’exposition. Sa sixième édition, qui se tient jusqu’au 21 janvier, a pour invité d’honneur Ai Weiwei. Avec Thinline (Ligne mince), un fil lumineux serpentant sur sept kilomètres au fil des voies navigables, l’artiste chinois s’intéresse aux frontières, à ceux qui les tracent et qui les contrôlent, à ceux qui les traversent ou en sont empêchés. Au total, une vingtaine d’œuvres (allumées tous les jours de 17 h à 23 h ; jusqu’à 20 h le 31 décembre) sont à découvrir au fil de l’eau, tandis que 15 autres sont réunies sur la terre ferme au Marineterrein, situé près de la Gare centrale d’Amsterdam (cette partie de l’exposition n’est visible que jusqu’au 7 janvier). Toutes ont été conçues spécifiquement pour le festival, placé cette année sous le thème de l’existentiel. Elles sont signées d’artistes, designers et architectes venus du monde entier, tels le Srilankais Cecil Balmond, l’Américain Ben Zamora, le Kosovar Driton Selmani, la Britannique Rona Lee, l’Indonésien Bagus Pandega, le Japonais Yasuhiro Chida ou encore le duo néerlandais formé par Paul Vendel et Sandra de Wolf, pour ne citer qu’eux. Plusieurs conférences sur le light art, des performances, des rencontres avec les artistes exposants, des ateliers photographiques ainsi que des visites guidées destinées au public familial sont au programme, à consulter d’un clic !

Grand Bouddha, Jacky Coville.

Biot à l’échelle XXL. Situé entre Cannes et Nice, dans les Alpes-Maritimes, le village de Biot est connu pour le savoir-faire de ses maîtres verriers comme de ses céramistes. Mais outre le verre et le grès, ce sont aussi le bronze, la résine, le bois et l’acier qui sont à l’honneur d’une exposition de sculptures inédite, déployée à travers les rues de la commune jusqu’en novembre prochain. XXL, qui, comme son nom l’indique, fait la part belle au monumental, est née de l’imagination de la directrice de la galerie biotoise Gabel, Valérie Gaidoz. « Ancienne élève des Beaux-Arts de Paris en sculpture, je suis particulièrement sensible au travail des volumes quel que soit le matériau utilisé, explique-t-elle. J’aime qu’une œuvre vienne s’intégrer dans le paysage, l’architecture, ou qu’elle vienne nous déranger pour nous surprendre et mieux nous interpeler. J’ai demandé aux artistes biotois disponibles pour cette première édition de penser grand ! Certains ne m’avaient pas attendue. (…) Je souhaite que les promeneurs s’approprient ces œuvres, les imaginent dans leur jardin et, pourquoi pas, en fassent l’acquisition, car en tant que galeriste, j’ai bien conscience du contexte économique difficile, et des besoins des artistes pour continuer à créer et préserver leur savoir-faire. » Jacky Coville, Jean-Paul van Lith, Aurore Lanteri, Sophie Hustin, Silvio Melano, Jean-Philippe Ghiglione, Nicolas Laty, Christophe Saba, Heidi Melano, Frederic van Overschelde, Antoine Pierini et Claude Colliat sont les artistes invités de cette édition 2017-2018 de XXL, qui entend devenir un rendez-vous récurrent dans la vie culturelle biotoise.

CHEZ NOS VOISINS

Quand art, politique et danse s’interrogent. Le Moderna Museet de Malmö, en Suède, organise jusqu’à début mai un vaste projet transdisciplinaire et participatif. Intitulé Public Movement, il prend la forme d’une exposition où le corps – celui de l’artiste comme du visiteur – se fait à la fois vecteur et mode d’expression de différentes états, notions et valeurs, tels le pouvoir, l’impuissance, la résistance, la libération ou l’affirmation du soi. Plus largement, il est ici question de la relation du corps humain à la politique, à la culture populaire, ainsi qu’à l’espace public. Comment chacun interprète-t-il l’idée d’un espace public ? Ce dernier devrait-il favoriser le consensus ou, au contraire, être adaptable à divers systèmes de valeurs et modes de vie ? Comment sommes-nous censés regarder, bouger et agir lorsque nous sortons de la sphère privée pour pénétrer l’espace public ? Autant de questions soulevées par une quinzaine de plasticiens et performeurs venus d’un peu partout dans le monde ; citons parmi eux les Turcs Halil Altındere et Cengiz Tekin, le Français Balthazar Berling, le Laotien Khamlane Halsackda, l’Allemand Oliver Herring, la Lituanienne Lina Lapelyte ou encore les Américains Adam Pendleton et Emily Roysdon. Tout au long de la durée de l’exposition, de nombreux ateliers sont animés par la danseuse et chorégraphe Atoosa Farahmand, ainsi que par la compagnie scandinave de danse de rue Freestyle Phanatix. Ils sont ouverts à tous, sans conditions d’âge, ni d’expérience. Plus d’infos sur www.modernamuseet.se.

Theory of Painting, Erwin Wurm, 2007-2017.

Le savoir, sujet de réflexion à Madrid. Programmée dans le cadre du 25e anniversaire du Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Art Lesson (La leçon d’art) est une proposition qui entend questionner le rôle éducatif incombant aux musées. Elle prend pour point de départ la notion du savoir et offre de réfléchir, pêle-mêle, à ses modes de fabrication, ses objectifs, la légitimité de ses détenteurs, sa transmission, sa réception. Conçue par le département en charge des actions menées auprès du public, elle s’articule autour d’une exposition collective d’artistes contemporains – parmi lesquels Luis Camnitzer, Olafur Eliasson, Dennis Adams, Dora García, Raphael Lozano-Hemmer, Erwin Wurm et Ryan Gander –, invités à nouer conversation avec les toiles des maîtres anciens et modernes de la collection permanente ; elle s’accompagne de tout un programme de performances et d’ateliers participatifs au fil desquels l’institution madrilène se transforme en un haut lieu d’expérimentation et d’investigation. En un espace de création, également, puisque deux artistes, les Espagnols Clara Harguindey et Jordi Ferreiro, y ont été invités en résidence le temps de l’exposition, qui se tient jusqu’au 28 janvier.

SUR LA TOILE

Découvrir l’histoire du graffiti. Après « Ceci n’est pas un graffiti », série co-écrite et réalisée par Samuel Boujnah et Jim Gabaret et mise en ligne en mars 2017, Arte propose de découvrir une nouvelle Web-série documentaire en 10 épisodes,« The Rise of Graffiti Writing », conçue par l’Allemand René Kästner. Elle retrace l’histoire du graffiti depuis ses débuts new-yorkais, dans les années 1970, jusqu’à sa progression à travers l’Europe au milieu des années 1980.

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