Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool de l’été

L’été est de retour et avec lui le temps des vacances ! Entre deux après-midis à la plage ou randonnées en montagne, nous vous proposons de partir en excursion à la rencontre des artistes d’aujourd’hui. Voici donc quelques idées de visites destinées plus particulièrement au jeune public ou bien à découvrir en famille un peu partout dans l’Hexagone, comme au-delà de nos frontières et sur Internet. Notre programmation estivale vous emmène depuis Le Havre jusqu’à Vienne, en passant par Digne-les-Bains, La Rochelle, les Monts de l’Ardèche ou encore Sélestat, dans le Bas-Rhin. Bonnes vacances !

DU NORD AU SUD…

Impact (sur le bassin du Commerce, au Havre), Stéphane Thidet, 2017.

Les 500 ans totalement « arty » du Havre. Née de la volonté du roi François 1er en 1517, la cité portuaire normande célèbre cette année son 500e anniversaire et invite pour l’occasion, jusqu’au mois de novembre, une cinquantaine d’artistes à s’approprier son espace public et différents lieux, institutionnels et privés. Une trentaine d’œuvres, dont le tiers restera pérenne, sont ainsi disséminées à travers la ville pour en offrir une lecture inédite et ludique. Cinq expositions temporaires sont également au programme, parmi lesquelles Clair-obscur, de Pierre et Gilles, présentée au musée d’art moderne André Malraux (MuMa) jusqu’au 20 août, ou encore Smart Factory, une exposition collective dédiée aux arts numériques, déployée au Tétris – à la fois salle de spectacle et lieu de création – jusqu’au 3 septembre. Le Centre d’art Le Portique offre, quant à lui, de découvrir plus avant (jusqu’au 8 octobre) les démarches respectives de Stéphane Thidet, Vincent Ganivet et Julien Berthier, qui comptent parmi les plasticiens ayant investi les rues et bassins du Havre. Tous trois partagent un goût pour le détournement de matériaux et d’objets du quotidien, invitant à une (re)lecture poétique de notre environnement. Dans le cadre des ateliers « Marmelade », organisés tout au long de l’année par le centre d’art, les enfants (de 6 à 12 ans) se voient proposer, les samedis 29 juillet, 12 et 26 août (de 14 h 30 à 16 h 30), une visite guidée des trois expositions suivie d’un atelier de création d’une œuvre sculpturale. Celle-ci viendra faire écho à l’installation monumentale – constituée de dizaines de containers multicolores – de Vincent Ganivet, Catène de containers (notre photo d’ouverture), érigée face au port sur le quai de Southampton. Compter dix euros par participant et penser à réserver !

Vue de l’exposition drailles au Cairn, Till Roeskens.

A Digne, les pierres ont la parole. Nichée au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains accueille cet été deux expositions singulières. Proposée par le Musée de l’Invisible*, Pierres de visions s’intéresse aux liens ancestraux, qu’ils soient culturels ou scientifiques, entretenus par les hommes avec le monde minéral et à leur interprétation par les artistes contemporains. Une quinzaine d’entre eux – citons Art Orienté objet, Marcella Barceló, Caroline Corbasson, Sandra Lorenzi, Myriam Mechita, Olivier Raud, ou encore Jean-Jacques Rullier – déploient leurs travaux, jusqu’au 4 septembre, à travers le Musée Gassendi et nouent ainsi conversation avec plusieurs plasticiens présents dans la collection que sont Hubert Duprat, Paul-Armand Gette, Andy Goldsworthy et herman de vries. Le musée est libre d’accès tous les premiers dimanches du mois et un jeu développé spécifiquement pour accompagner la visite des plus jeunes (à partir de 7 ans) peut être téléchargé via l’AppStore et GooglePlay ; baptisée Muséotopia, l’application est également accessible sur des tablettes à emprunter à l’accueil. A quelques centaines de mètres, au Centre d’art Cairn, Till Roeskens vous emmène à la rencontre d’un berger de la région, Charles Garcin, dont les récits et témoignages ont inspiré à l’artiste allemand un ensemble de cartes dévoilant une géographie subjective des lieux traversés et occupés par les troupeaux. A l’occasion de l’exposition drailles – le terme désigne les chemins par lesquels passent les moutons –, à voir jusqu’au 30 novembre, le centre d’art organise, entre autres, un atelier familial baptisé « Exploration cARTographique », les mercredis 26 juillet et 16 août à 15 h (sur réservation au 04 92 62 11 73). Le programme des activités de l’été d’un clic.
* Créé par Pascal Pique, le Musée de l’invisible est un projet de création et de recherche transdisciplinaire, et itinérant, dédié aux œuvres et aux cultures de l’invisible, à l’inouï et à l’imperceptible.

…ET D’OUEST EN EST

Rien que de l’air, de la lumière, et du temps (détail), Susanna Fritscher, 2017.

Les vibrations d’air et de lumière de Susanna Fritscher. Le Musée d’arts de Nantes a réouvert ses portes fin juin après plus de six ans de travaux. Plusieurs expositions composent sa programmation inaugurale, parmi lesquelles Rien que de l’air, de la lumière, et du temps, à découvrir jusqu’au 8 octobre et dédiée à l’œuvre de Susanna Fritscher. Cette dernière déploie notamment, depuis la verrière du Patio, une monumentale installation faites de fils translucides à travers lesquels le visiteur est invité à se déplacer et à vivre une expérience sensorielle inédite. « Toutes mes pièces sont, dès le départ, liées au lieu où elles vont être, explique la plasticienne autrichienne. Il y a bien sûr un fil conducteur qui est le questionnement et l’incertitude de la vision, mais ça se passe dans un espace concret, ce n’est pas de l’ordre de l’illusion. Si le travail de l’espace est celui qui me porte depuis trente ans, celui du son est plus récent ; il vient ici s’introduire en tant que matériau, en tant que vibration de l’air qui crée l’onde sonore. » Des livrets-jeux, des visites dédiées aux familles et de nombreux ateliers destinés aux enfants sont proposés tout au long de l’année par le musée. Au-delà des portes de l’institution, c’est toute la ville qui vibre chaque été au rythme de l’art à travers le Voyage à Nantes, dont l’édition 2017 se tient jusqu’au 27 août au fil d’un parcours s’étirant sur 12 kilomètres. Suivez la ligne (verte) !

Vue de l’exposition Pipeline Field, Michael Beutler, 2017.

Tous au « travail » au Frac Alsace ! Installé à Sélestat, dans le Bas-Rhin, le Fonds régional d’art contemporain a concocté tout un programme d’activités estivales destinées au public familial. Une partie s’articule autour d’une installation signée de l’artiste allemand Michael Beutler, Pipeline Field*, fruit d’une expérience collaborative. Interaction et participation sont en effet les maîtres mots de la démarche du plasticien, qui conçoit ses interventions comme autant d’œuvres ouvertes et évolutives. Au Frac Alsace, Michael Beutler a ainsi commencé par disposer trois machines, conçues par ses soins, vouées à fabriquer des tuyaux de canalisation sculpturaux. Des volontaires se sont ensuite relayés par équipes pour les faire fonctionner, l’artiste leur laissant toute latitude pour s’approprier le matériau et jouer sur la couleur comme le diamètre des pipelines. Aujourd’hui silencieuses et entourées d’un amoncellement hétéroclite, les machines viennent souligner l’invitation de Michael Beutler à réfléchir à la question du travail et à la place de l’homme dans les circuits de production actuels et à venir. Les mercredi 19 et jeudi 27 juillet et les jeudis 17 et 24 août (de 15 h à 16 h 30), le public est convié à venir visiter l’exposition en famille avant de participer à l’atelier « Constructeurs au défi ! » : selon un matériau (carton, variété de papier, tissus) et des consignes (en hauteur, au sol, en équilibre, suspendu) tirés au sort, chaque groupe de participants devra imaginer une construction monumentale en un temps limité. Les mercredis 26 juillet et 23 août (de 15 h à 16 h 30 également), la visite et l’atelier « Plante nomade » auront pour cadre le jardin d’artistes du Frac – un espace d’expérimentation artistique né en 2000 –, et plus particulièrement l’intervention « artistico-viticole » de Nicolas Boulard (Clos du Frac, 2010-2020) et la sculpture d’Elmar Trenkwalder (WVZ 284, 2013). L’ensemble des activités est gratuit, mais en nombre de places limité et nécessitant inscription au 03 88 58 87 55 ou auprès de servicedespublics@culture-alsace.org.
* L’exposition Pipeline Field (Champ de pipelines), qui se tient jusqu’au 5 novembre, fait partie d’un projet conçu en collaboration avec le Frac Champagne-Ardenne, à Reims, et le 49 Nord 6 Est – Frac Lorraine, à Metz, autour du thème générique « Le travail à l’œuvre ».

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Buddy, Ben Thouard.

Surfer la vague en plein 7e arrondissement. Deux photographes français et un Américain, pour trois regard singuliers sur cette pratique sportive alliant technique, audace et élégance qu’est le surf, sont réunis dans l’exposition Hot spots, présentée à partir de ce mardi 18 juillet et jusqu’au 12 septembre par la galerie Jean Denis Walter, spécialisée dans la photographie du sport et située dans le 7e arrondissement de Paris. Corinne Dubreuil, qui évolue depuis de longues années dans les milieux sportifs, et plus particulièrement celui du tennis, y dévoile son affection pour les rivages de la côte basque à travers des images « intimistes et poétiques », pour reprendre les mots de Jean Denis Walter. Ben Thouard a grandi dans le sud de la France, aux côtés d’un père marin qui lui a transmis sa passion des mers et des océans ; aujourd’hui installé à Tahiti, il est l’un des grands noms de la photographie du surf qu’il magnifie à travers des clichés lumineux et d’une étonnante minutie. Tommy Schultz a pour sa part choisi de vivre à Bali. C’est sur cette île indonésienne qu’est née sa passion pour ce sport nautique qu’il partage, notamment, à travers les pages de magazines internationaux.

Valérian et Laureline (détail), Jean-Claude Mézières et Pierre Christin.

Partir en mission intergalactique à la Cité des sciences. Avis aux amateurs de science-fiction, de bande dessinée et de réalité augmentée ! La Cité des sciences et de l’industrie invite, jusqu’au 14 janvier 2018, à une immersion inédite dans l’univers du dessinateur Jean-Claude Mézières et du scénariste Pierre Christin, auteurs de la série Valérian et Laureline, créée en 1967 sous le titre Valérian, agent spatio-temporel et rebaptisée à l’occasion de son quarantième anniversaire. A partir d’une quarantaine de planches originales, sélectionnées par les deux complices, et en collaboration avec trois scientifiques passionnés de BD – l’astrophysicien Roland Lehoucq, le paléontologue Jean-Sébastien Steyer et le géographe Alain Musset –, c’est tout un dispositif de réalité augmentée qui a été imaginé et scénographié afin d’amener le public à réfléchir tant à des sujets sociopolitiques, qu’environnementaux, voire philosophiques. « Cette exposition rend hommage à une série de science-fiction bien connue de fans jeunes et moins jeunes, écrit Jean-Claude Mézières. Mais elle montre aussi, et peut-être surtout, que la BD est un langage assez élaboré pour aborder des questions esthétiques, éthiques, politiques, scientifiques et même métaphysiques. Quel peut être l’urbanisme de lointaines exoplanètes ? Et les rapports entre les sexes, s’il y en a ? Comment fonctionne le pouvoir ou son absence ? Quelles sont les ressources locales sur des astéroïdes perdus dans le cosmos ? Les dieux du coin ne se révéleraient-ils pas comme des faux dieux et d’authentiques profiteurs ? De superbes extraterrestres ne seraient-ils pas des parfaits crétins et des bestioles moches comme tout des génies de la pensée ? Valérian et Laureline était jadis publié hebdomadairement dans Pilote, dont la devise était “le journal qui s’amuse à réfléchir”. On pourrait garder ici cette excellente définition. » Différents ateliers sont proposés chaque mardi et mercredi des mois de juillet et d’août, à 15 h. Gratuits, mais sur inscription, ils sont accessibles à partir de 8 ou 12 ans. Plus d’infos sur www.cite-sciences.fr.

…ET SES ENVIRONS

Je ne peux plus manger de poisson, Virginie Rochetti.

L’ode aux baleines de Virginie Rochetti. Présentée jusqu’au 26 novembre au château de La Roche-Guyon, dans le Val-d’Oise, Pour une Edda* des baleines est une exposition qui prend source dans une résidence de Virginie Rochetti en Islande. « J’ai passé deux mois dans un petit village du Nord, à méditer dans la lumière si spéciale de l’hiver, raconte la plasticienne et brodeuse. J’y ai chaque jour peint sur des feuilles du journal local, utilisant les matériaux trouvés sur place, et écoutant la rumeur du monde par Internet… Beaucoup “d’actus” sur les baleines, le monde maritime. De retour dans mon atelier, je brode des impressions, commentaires, réflexions et dessins. (…) Je parle, dans ce travail, des habitants des océans, de ces mammifères, si loin, si proches de nous, dont les études scientifiques récentes montrent la capacité à la conscience, à la culture, au langage. » Broderies, donc, mais aussi peintures, photographies, sons et vidéos ponctuent le parcours de l’exposition ; celle-ci prend la forme d’une « promenade installation » dévoilant toute la fragilité de la beauté du monde, dont la disparition progressive des cétacés devient la métaphore. « Sommes-nous seuls dans l’univers ?, interroge encore l’artiste. Cette question si souvent posée aux rivages lointains des galaxies ne trouverait-elle pas sa réponse ici ? Tout près, si loin, au fond des océans que nous nous acharnons à détruire. Le monde est fait d’éléments disparates qui se juxtaposent et que nous peinons à rassembler dans un continuum signifiant. C’est ce que j’essaie de faire avec ce projet. »
* Une Edda désigne un ensemble de poèmes médiévaux scandinaves.

Vue de l’exposition Pas droit au Domaine de Chamarande, Robert Combas.

Combas, majesté déjantée de Chamarande. Habitué des chemins de traverse et chantre de l’impertinence des formes et du langage, Robert Combas dissémine à travers le château de Chamarande, dans l’Essonne, des pièces de mobilier insolites, un ensemble de toiles récentes et diverses créations nées de son imagination débordante. Le tout mis en musique par Les Sans Pattes, duo qu’il forme avec son compère plasticien Lucas Mancione. Un parcours sonore à suivre à travers la forêt alentours et une installation vidéo monumentale présentée dans l’Orangerie complètent une proposition qui témoigne de l’univers foisonnant de signes et de couleurs de l’artiste français, qui fut l’un des initiateurs, avec Hervé Di Rosa, du mouvement de la Figuration libre à la fin des années 1970. Dans le cadre de ses ateliers du mercredi (qui se déroulent de 14 h 30 à 16 h), le Domaine de Chamarande organise cet été deux rendez-vous dédiés à l’exposition, qui se tient jusqu’au 1er octobre. Le premier, programmé le 2 août, propose aux enfants (à partir de 6 ans, seuls ou accompagnés) de travailler autour du thème « Surligner », en référence aux traits noirs dont Robert Combas se sert pour rehausser les figures de ses tableaux. Le 6 septembre, la séance s’articulera de manière ludique autour la notion de signature. Du lundi 28 août au vendredi 1er septembre, le créateur de mobilier Alexandre Faulet animera un stage de pratique artistique, ouvert à tous (à partir de 6 ans également), en écho aux meubles sculptures de Robert Combas. Plus d’informations auprès de chamarande@essonne.fr et sur http://chamarande.essonne.fr.

A L’AIR LIBRE

Intervention signée Felice Varini à l’abbaye de Mazan, 2017.

Le retour des muses dans les Monts de l’Ardèche. Un tout nouveau circuit artistique à ciel ouvert a été inauguré début juillet dans le Parc naturel régional des Monts de l’Ardèche, qui s’étend à l’ouest de Valence et de Montélimar. Il vient faire écho aux peintures rupestres, datant de quelque 36 000 ans, de la grotte Chauvet, qu’abrite le territoire, ainsi qu’à la ligne de partage des eaux – de chaque côté de laquelle les cours d’eau s’écoulent soit vers l’océan Atlantique, soit vers la mer Méditerranée – qui sillonne de manière invisible le paysage. Les œuvres réalisées in situ par les plasticiens Felice Varini, Gloria Friedmann, Stéphane Thidet, Olivier Leroi et Huang Yong Ping, le collectif d’artistes Toplamak, le designer Eric Benqué et le paysagiste Gilles Clément sont à découvrir en libre accès, tout au long de l’année, au fil du chemin de randonnée GR7. « Les artistes ont été invités à s’immerger dans le contexte humain, paysager, économique et historique du parc, explique David Moinard, directeur artistique du projet. Tandis que Gilles Clément, accompagné de Marion Soulairol et Vincent Prévost, montrent au visiteur le chemin de la ligne dans le grand paysage, le randonneur du GR7 est convié, ici et là, à s’approprier le mobilier en châtaigner d’Eric Benqué et l’automobiliste est orienté par la GeoPoetic Society du collectif Toplamak. Le dialogue commence alors entre œuvres et sites. Stéphane Thidet invite le paysage et la lumière à pénétrer littéralement une façade monumentale, ultime vestige d’une immense Chartreuse du XIIe siècle. Olivier Leroi propose un voyage immobile de la source de la Loire à son estuaire. Gilles Clément concentre les particules d’eau présentes dans l’air pour nourrir la Loire et le Rhône. Felice Varini joue des éclats du soleil sur les vestiges d’une abbaye cistercienne. Gloria Friedmann concurrence Gibraltar en édifiant un phare commun à la mer et à l’océan. Enfin, Huang Yong Ping ressuscite le premier bateau à avoir traversé l’Atlantique. » Une quinzaine d’expositions individuelles ou collectives et de productions in situ, conçues en partenariat avec, notamment, l’IAC de Villeurbanne, le Frac Auvergne et l’Artothèque d’Ardèche, sont programmés en parallèle au cours de l’été et réunies sous l’intitulé Les échappées. La carte du parcours « Le partage des eaux » et davantage d’informations sur les œuvres sont disponibles au lien suivant : www.parc-monts-ardeche.fr.

Sculpture signée Marine De Soos.

Balade dans le Jardin des sculptures de Bois-Guilbert. Créée à l’initiative de l’artiste et paysagiste Jean-Marc de Pas, la Biennale de sculpture de Bois-Guilbert, en Seine-Maritime, tient cette année sa dixième édition et rend hommage au sculpteur animalier François Pompon (1855-1933). Aux côtés d’un ensemble de ses créations prêtées, notamment, par le musée portant son nom et installé dans sa ville natale de Saulieu (Côte-d’Or), les œuvres d’une trentaine de sculpteurs contemporains de différents horizons – parmi eux, citons les Français Robert Arnoux, Marc Petit, Marine De Soos, Sophie Verger et Pierre Voituriez, les Britanniques Paul Day et John O’Connor ou encore le Slovène Jean Zorko – sont à découvrir, jusqu’au 30 septembre, au fil des allées et pelouses du domaine de Bois-Guilbert. Des ateliers d’initiation au modelage et au Land art, ainsi que diverses animations pour tout public sont organisés régulièrement. Renseignements au 02 35 34 86 56, auprès de jardindessculpturesboisguilbert@orange.fr ou via la page Facebook du jardin des sculptures.

CHEZ NOS VOISINS

Fat House, Erwin Wurm, 2003.

Passer à l’action avec Erwin Wurm. L’artiste autrichien Erwin Wurm a inventé la notion de sculpture performative dans les années 1990. Depuis, il n’a eu de cesse de créer de nouvelles « situations » qui le voient jouer les performeurs et/ou assorties d’instructions laissées à l’attention du public. Le 21er Haus-Museum of Contemporary Art de Vienne invite à découvrir et à expérimenter, jusqu’au 10 septembre, une quarantaine de ses propositions s’articulant autour de blocs d’argile, de moulages en bronze ou en aluminium, et d’objets en fer ou en polyester empruntés au quotidien. A l’extérieur du musée, dans le parc du Belvédère, se dresse l’une de ses sculptures monumentales aux formes à la fois absurdes et ludiques : Fat House (2003) est une maison qui semble avoir enflé sous l’effet d’une étrange boulimie et qui n’est rien moins qu’une métaphore de notre société de consommation. A l’intérieur, le visiteur est interpellé par une série de questions soulevées par la bâtisse elle-même et diffusée via une vidéo : « A quel moment une maison devient-elle de l’art et qui le décide ? », se demande-t-elle par exemple. Depuis bientôt quarante ans, Erwin Wurm explore avec humour et dérision les langages de la sculpture, du dessin, de la vidéo, de la photographie, de l’installation et de la performance, pour livrer ses réflexions sur l’art comme sur les travers de notre monde. « Je ne veux pas accabler le public, au contraire, et l’humour permet une accessibilité immédiate tout en permettant de traiter n’importe quel sujet, même le plus grave », souligne-t-il.

Les rêveurs (arrêt sur image vidéo), Bill Viola, 2013.

Les vingt ans festifs du Guggenheim Bilbao. Sa silhouette, dessinée par l’architecte américano-canadien Frank Gehry et connue dans le monde entier, est devenue le symbole de la ville côtière du nord-ouest de l’Espagne. Célébrant cette année ses vingt ans, le Musée Guggenheim de Bilbao propose, jusqu’en octobre, tout un programme pluridisciplinaire d’événements, conférences, spectacles et expositions – sont ainsi conviés la musique, cinéma, la vidéo, la danse, la performance, le théâtre et même la gastronomie ! –, dont Georg Baselitz et Bill Viola sont les invités d’honneur. Le premier présente, jusqu’au 22 octobre, une importante série de toiles et de dessins réalisés au milieu des années 1960 (Peintures des Héros et Types nouveaux, notamment) à travers lesquels il revisite la figure du héros ; blessé, vulnérable, celui-ci se fait l’écho des questionnements existentiels et artistiques du jeune peintre – Georg Baselitz est né en 1938 en Allemagne – qu’il était alors. Trente ans plus tard, il est revenu sur cette période de sa création, réinterprétant nombre de ses toiles dans le cadre des Peintures Remix, également montrées ici. Le musée consacre par ailleurs, jusqu’au 9 novembre, une importante rétrospective à Bill Viola. Comptant parmi les pionniers de l’art vidéo, l’Américain est connu pour ses installations monumentales et ses images d’un esthétisme saisissant, à la fois poétiques et inquiétantes. L’exposition prend la forme d’un parcours thématique – la notion du temps, sa déconstruction et les questionnements relatifs à l’existence comptent parmi ses sujets de prédilection – et chronologique, qui débute par plusieurs bandes monocanal, dont Le bassin miroir (1977–1979), et se clôt par une installation se déployant sur cinq mètres de haut, Naissance inversée (2014). Le jeune public est également mis à l’honneur, dans le cadre d’un accrochage rendant compte des sessions de rencontre et de collaboration entre le public scolaire et des artistes, organisées chaque année par l’institution. Baptisé « Apprendre à travers l’art », le programme fête lui aussi ses 20 ans et l’exposition 2016-2017 (visible jusqu’au 17 septembre) rend hommage à tous les participants s’étant succédés depuis 1998.

SUR LA TOILE

Fructueux dialogues entre art et sciences sociales. Le Forum Vies Mobiles est un institut autonome de recherche et d’échanges internationaux sur les mobilités, créé à l’initiative de la SNCF en 2011. Le fruit de ses projets, associant art et sciences sociales, est présenté en ligne sur la plateforme Artistic Lab. Six web expositions – dont une signée Ai Weiwei et conçue auprès de réfugiés, en Europe et au Moyen-Orient – sont d’ores et déjà accessibles à tout un chacun. Vies circulatoires est la dernière en date. Elle est signée du photographe indien Ishan Tankha et invite à la rencontre d’habitants de la côte ouest de l’Inde. Découvrir ses images et le projet sur
http://artisticlab.forumviesmobiles.org.

Vies circulatoires (série), Ishan Tankha.
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