Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool de l’automne

A l’occasion des vacances, ArtsHebdoMédias vous propose quelques idées de visites et d’activités « art contemporain » à destination des enfants et des ados ou à partager tout simplement en famille un peu partout en France, comme au-delà de nos frontières, et aussi sur la Toile. Notre parcours automnal vous emmène depuis Dunkerque jusqu’à Marseille, en passant par Angers, Paris, Lyon ou encore St Ives, en Angleterre. Bonne balade !

DU NORD AU SUD…

Florence Dorléac
La chambre des rêves, Florence Dorléac, 2017.

Les sens en alerte au Frac de Dunkerque. Deux expositions valent actuellement le détour au Frac Grand Large-Hauts-de-France. La première, Le son entre, réunit jusqu’au 31 décembre une quinzaine d’artistes français et internationaux – parmi lesquels Saâdane Afif, Dominique Blais & Kerwin Rolland, François Curlet & Michel François, Jeremy Deller, Pierre Huyghe, ou encore Rainier Lericolais – connus pour leurs travaux plastiques explorant le son et la musique. La seconde, Minute Papillon, offre de plonger (jusqu’au 25 mars 2018) dans l’univers singulier de la designer et plasticienne Florence Doléac. Depuis plus de vingt ans, celle-ci emprunte au fantastique et détourne les fonctions usuelles des objets pour faire entrer l’imaginaire dans le quotidien. Durant cette seconde semaine des vacances de la Toussaint, deux ateliers sont proposés aux enfants les 2 et 3 novembre. Après une visite de l’exposition Minute Papillon, les 3-6 ans sont invités à laisser libre cours à leur imagination sur le thème du rêve (l’atelier « Les objets du rêve » est programmé de 10 h à 11 h 30), tandis que les 7-11 ans se voient amenés à activer leur talent de conteur (l’atelier « Se la raconter » est prévu de 14 h 30 à 16 h). Inscriptions au 03 28 58 10 10 ou via reservations@fracnpdc.fr ; compter 4 euros par atelier. A noter qu’une visite guidée des expositions temporaires est organisée tous les dimanches à 16h30 à destination du public familial.

Omar Victor Diop
Diaspora (série), Omar Victor Diop.

L’hymne marseillais au ballon rond. Dans la cité phocéenne, le football est au cœur de deux expositions présentées respectivement jusqu’au 11 novembre, dans un ancien magasin situé au 19 rue de la République, et jusqu’au 4 février au Mucem. Proposée dans le cadre de la septième édition du Festival La photographie Marseille, FoTo-FooT rassemble les travaux de douze artistes – Olivier Cablat, Claire Chevrier, Olivier Culmann, Marie Denis, Massimo Furlan, Jérémy Laffon, Yohanne Lamoulère, Benoît Luisière, Laurent Perbos, Franck Pourcel, Pierre Schwartz et Hans Van der Meer – qui, « à travers le langage commun de ce sport universel, interrogent le médium photographique, l’image et plus largement la société du spectacle qui est ici celle du sport », précise Floriane Doury commissaire de l’exposition. Au Mucem, le public est prié de laisser à l’entrée ses a priori pour accepter d’associer au mot « football » les adjectifs « social », « culturel » et « politique ». Quelque 300 œuvres, objets, photos et installations composent le parcours divisé en cinq sections – « L’entrée sur la pelouse », « Passions », « Engagements », « Mercatos » et « Prolongations » – de Nous sommes foot. « C’est peut-être un peu ambitieux, mais nous souhaitions suggérer avec ce titre provocateur que tout le monde est concerné par le football, notamment aussi ceux qui détestent ce sport, explique Florent Molle, conservateur du patrimoine au Mucem et commissaire de l’exposition avec Gilles Perez. On ne peut pas fermer les yeux sur le fait que le football est le sport le plus populaire du monde. (…) Plutôt que de parler du jeu lui-même, de ses règles et de son histoire, l’exposition révèle à quel point il est pertinent de regarder les sociétés de l’Europe et de la Méditerranée à travers un ballon. Tout au long du parcours, il est question de passion, de sentiment religieux, d’appartenance, de violence, de genre, de politique et d’économie, etc. »

…ET D’OUEST EN EST

Maria Munoz Torregrosa
Encore en vie, Maria Muñoz Torregrosa.

Le mini pour fil conducteur à Angers. Coton, laine et lin, bien sûr, mais aussi acier, boîte de conserve, gouache, cire d’abeille, fibres végétales, graines ou encore cheveux sont autant de matériaux utilisés par les artistes invités de la XIe Triennale internationale des mini-textiles, qui se tient jusqu’au 7 janvier au Musée Jean-Lurçat et de la tapisserie contemporaine d’Angers. Quelque 70 œuvres, sélectionnées dans le cadre d’un concours mettant à l’honneur l’imagination et le talent de plasticiens originaires de toute l’Europe, mais aussi du continent américain, du Japon et du Sénégal, sont à découvrir aux côtés d’une vingtaine d’autres datant de la précédente édition et acquises à l’époque par le musée, fort aujourd’hui d’une collection de plus d’une centaine de ce type d’œuvres. Toutes ont la particularité d’être de dimensions n’excédant pas 12 cm de haut, de large, de diamètre ou de profondeur et d’être habitées par la notion de fil. Pour la triennale 2017, les participants au concours étaient invités à s’emparer du thème « Libres comme l’art ! ». « L’art, ou plus largement la culture, demeure l’espace de liberté préservé dans un contexte de radicalismes en tous genres, d’intolérances exacerbées, relève Pierre Daquin, artiste, membre du jury et initiateur de la manifestation à Angers en 1993. Dans cet espace où vous pouvez lier le penser et le faire, on peut encore être en désaccord avec les autres, non consensuel, tout en restant avec eux par le partage. » A noter qu’un parcours commenté de l’exposition est proposé tous les dimanches à 15 h 30. Différents ateliers sont également accessibles au public familial. « Tout est mini » (à partir de 6 ans) vient rappeler que si elles sont toutes petites, les pièces réunies pour la Triennale internationale des mini-textiles n’en sont pas moins des œuvres d’art qui interpellent, questionnent et sont le fruit d’une pratique spécifique (prochaines dates : les dimanches 5 novembre, 3 et 31 décembre et 7 janvier à 10 h 30 et les mercredis 27 décembre et 3 janvier à 15 h 30 ; compter 5 à 7 euros par personne ou 15 euros par famille). Les artistes licières Martine Plait et Nadine Altmayer animeront quant à elles tour à tour une série de matinées autour du fil (à partir de 7 ans) : les mercredi 27, jeudi 28 et vendredi 29 décembre et les mercredi 3, jeudi 4 et vendredi 5 janvier. Plus d’infos au 02 41 24 18 48 ou via musees@ville.angers.fr.

Visite contée à l’occasion de la Biennale de Lyon, à la Sucrière.

Un détour indispensable par Lyon. Imaginée par l’association Little Beaux-Arts, One, two… Street Art ! est une exposition ayant pour objectif principal d’initier et de sensibiliser de façon ludique le jeune public à l’art urbain. Livrets-jeux, visites guidées et ateliers sont proposés quotidiennement jusqu’au 8 novembre (au 3, rue Grolée à Lyon). Le parcours offre tout d’abord d’appréhender l’histoire du street art à travers quelques œuvres de noms incontournables de la scène internationale, tels Jacques Villeglé, Banksy, Dran (notre image d’ouverture), Shepard Fairey, JonOne, Miss Tic, C215, Invader ou encore Speedy Graphito ; un ensemble de pièces inédites ont par ailleurs été réalisées spécifiquement pour la manifestation par une dizaine d’artistes français, parmi lesquels Chanoir, Jef Aérosol, Jerôme Mesnager, Monkey Bird et Tanc. Elles ont pour vocation à être données et accrochées sur les murs de l’Hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron ainsi que ceux de l’hôpital pédiatrique Armand Trousseau, à Paris, au terme de l’exposition organisée en résonance à la Biennale d’art contemporain de Lyon. Intitulée cette année « Mondes flottants », cette dernière poursuit son exploration, débutée en 2015, de l’héritage du concept de « moderne » – défini par Baudelaire comme étant « le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art dont l’autre moitié est l’éternel et l’immobile » – porté par les créateurs actuels. « Les œuvres qui composent ces Mondes flottants sont sous-tendues par la conscience que l’imaginaire, la poésie et l’art sont à la fois les révélateurs et des antidotes à l’instabilité du temps présent, précise Emma Lavigne, commissaire de cette 14e édition de la Biennale qui réunit plus de 60 artistes internationaux, dont Dominique Blais, Céleste Boursier Mougenot, Susanna Frietscher, Ernesto Neto, Lee Ufan, Cildo Meireles, etc. (…) J’aimerais que les visiteurs parcourent la Biennale comme les promeneurs d’un paysage expérimental et sensoriel, élargissant leur perception, leur conception du monde. » Un large programme de visites guidées et d’ateliers pour les plus jeunes – notamment le week-end et pendant les vacances scolaires – est détaillé sur le site de l’événement, qui se déploie jusqu’au 7 janvier essentiellement à la Sucrière et au Mac Lyon.

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Vue de l’exposition Effets spéciaux, crevez l’écran ! (mocap) à la Cité des Sciences et de l’Industrie.

Attention, exposition réalisée avec trucages ! Jusqu’au 19 août 2018, la Cité des Sciences et de l’Industrie invite petits et grands à découvrir l’envers du décor de leurs films préférés. La visite, ancrée dans l’interactivité, suit le cours de la production d’un film, depuis le scénario, le story-board, les maquettes ou encore les costumes jusqu’au plateau de tournage. Dans l’espace dédié à ce dernier, de nombreux dispositifs permettent d’expérimenter différents types d’effets spéciaux, comme la motion capture ou « mocap », utilisée pour saisir les mouvements du corps et les expressions faciales d’un acteur qui seront ensuite transformés par ordinateur – c’est par exemple la technique qui a été utilisée pour créer le célèbre personnage de Gollum dans Le Seigneur des Anneaux ou encore celui de Cesar dans La planète des Singes. Des marionnettes articulées et robotisées sont également exposées, issues de films de science-fiction tels que Gremlins. Après un détour par une loge d’acteur où sont expliquées les techniques de maquillage, des plus simples aux plus sophistiquées, le parcours mène vers un pont suspendu au décor tendu de bâches vertes : le visiteur qui s’y tient voit son image incrustée tour à tour au-dessus d’une immense crevasse en pleine jungle et dans un wagon de train d’une autre époque où le paysage défilant est ajouté par le travail de post-production. L’exposition Effets spéciaux, crevez l’écran ! présente aussi une collection de matte paintings – décors peints à la main ou numériquement et ajoutés en arrière-plan – et offre la possibilité de s’essayer à la gestion de certains effets de post-production d’une scène (météo, arrière-plan, ambiance sonore, tonalité des couleurs, etc.), de se voir transformer en amas de particules via des logiciels, le tout accompagné de moult explications sur les différents procédés et techniques. Après être passé par la salle de cinéma, où est projetée une vidéo sur les coulisses d’un tournage, le visiteur est invité à scanner le QR code affiché sur le bracelet qui lui a été remis en début de visite et à visionner alors la bande annonce contenant tous les extraits vidéo auquel il aura pris part tout au long du parcours. Une visite en famille de l’exposition est par ailleurs programmée le samedi 18 novembre, de 14 h à 17 h. Moteur ! Action !

Le dessin pour sensibiliser aux questions du climat. Invitée à investir l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins, Claire Malrieux y déploie Climat Général, une œuvre autogénérative qui fait écho à l’influence de l’homme sur son environnement en entremêlant dessin et nouvelles technologies. « Climat général est un dessin pour lequel j’ai écrit des potentiels d’animation et de comportement, explique la plasticienne française. Je dis potentiels, parce que c’est un scénario qui est non linéaire. Cette non linéarité est assurée par l’association entre mon intention et un outil algorithmique, un programme, une sorte d’intelligence artificielle qui m’épaule dans le travail de production du dessin que je fais à la main. (…) Ce qui compte pour moi est d’essayer de raconter l’Anthropocène et, au-delà, de donner une impression de récit du climat ambiant. J’ai choisi de travailler cette question-là avec le dessin parce que celui-ci a une puissance narrative évidente. C’est aussi une manière de faire appel à d’autres sens que ceux liés à l’information ou à la connaissance. J’ai par ailleurs voulu accentuer cette narration en utilisant le mouvement, parce que celui-ci fait appel à la vie : on se sent concerné quand ça bouge. D’où l’importance aussi d’être immergé à l’intérieur du dessin : on est un élément parmi les autres. Il me semble qu’une œuvre d’art, ça sert à ça : déclencher des émotions, mais aussi de la pensée, une réflexion. Climat général est une sorte de trait d’union, quelque chose que je donne pour aider à réfléchir à ce qui se passe autour de nous. » En entrée libre, l’exposition est à découvrir jusqu’au 10 décembre. Le Collège des Bernardins organise par ailleurs régulièrement des ateliers philosophiques à destination des enfants et des adolescents. Le prochain rendez-vous est programmé le samedi 25 novembre, à 10 h 30, sur le thème « Peut-on s’ennuyer et être heureux ? » : autour d’un livre ou d’un album dans le cadre de « Graine de Philo » pour les 8-12 ans (8 euros par enfant) et autour d’un film avec « Ciné philo » pour les 13-15 ans (10 euros par enfant).

…ET SES ENVIRONS

La Volée, Agnès Geoffray.

Explorer le mystère des images au CPIF. Lors des vacances scolaires, le Centre Photographique d’Ile-de-France, situé à Pontault-Combault, a l’habitude de proposer aux enfants de 7 à 14 ans un stage conduit deux jours durant par un(e) artiste autour d’une thématique généralement en lien avec l’exposition temporaire du moment. En l’occurrence celle dédiée à Agnès Geoffray et organisée suite à l’obtention, en 2016, du prix Aica* France par le critique Emil Sennewald pour la présentation du travail de la plasticienne française. Présentée jusqu’au 23 décembre, Before the eye-lid’s laid (Avant le battement de la paupière) offre d’explorer ces moments de latence, ces temps suspendus et autres instants intermédiaires, « entre objet et image, vision et regard », qui caractérisent l’acte de voir – et de photographier – et sont au cœur de la démarche d’Agnès Geoffray. Textes et photographies s’entremêlent ici « pour faire osciller leurs niveaux de signification respectifs », la mise en espace invitant à expérimenter « cette oscillation entre voir, imaginer et penser ». Intitulé « Le mystère des images », l’atelier proposé en écho à l’exposition ces jeudi 2 et vendredi 3 novembre (de 10 h à 17 h ; 30 euros) est placé sous la houlette de Laurie Dall’Ava. Intuition, magie et musique seront les trois mots clés d’un travail qui prendra source dans la bibliothèque du CPIF où les enfants seront invités à s’immerger dans les livres pour collecter, transformer et associer entre eux divers documents photographiques et textuels, afin de dérouler « une phrase photographique, un ensemble poétique », pour reprendre les mots de l’artiste. Renseignements et inscriptions au 01 70 05 49 80 ou via maud.boisrobert@cpif.net.
* Association internationale des critiques d’art.

Vue de l’exposition L’expérience de la couleur à la Cité de la céramique de Sèvres.

En voir de toutes les couleurs à Sèvres. La Cité de la céramique invite, jusqu’au 2 avril prochain, à un voyage sensoriel inédit au cœur de la couleur. Quelque 400 pièces historiques et contemporaines viennent faire écho au savoir-faire des maîtres artisans de la célèbre manufacture comme à l’imagination d’artistes de tous horizons venus y travailler en résidence depuis le début du siècle dernier. Céramistes, bien sûr, mais aussi peintres, sculpteurs, designers et photographes sont à l’honneur, parmi lesquels Niele Toroni, Gérard Fromanger, Fabrice Hyber, Hiroshi Sugimoto, Julio Le Parc, Daniel Buren, Jacques Monory, Cécile Bart, Vincent Bioulès, Carole Fékété, Philippe Barde, Andrea Branzi, Pierre Charpin, Aldo Bakker ou encore Jacques Kaufmann, pour n’en citer que quelques-uns. Outre un petit journal et un livret-jeu mis à la disposition des jeunes visiteurs à l’accueil, le musée organise différents ateliers adaptés au public familial. Conçu en partenariat avec Universcience, « L’atelier du chimiste » dévoilera quelques-unes des techniques de colorisation de la céramique comme le rôle joué par le fer, le chrome, le cobalt ou encore par la cuisson elle-même. Il aura lieu les mercredis 8 et 29 novembre, 24 janvier, 21 février et 14 mars à 14 h 30 (compter 10 euros en sus du droit d’entrée). Les mercredis 15 et 29 novembre, 13 et 27 décembre, 10 et 24 janvier et 7 février, c’est un atelier dessin conduit par l’artiste Sophie Lambert – également professeure de dessin à la Manufacture de Sèvres – qui sera proposé à la même heure (et au même tarif) sur le thème « Expérimentez la couleur ». Des visites contées et des goûters d’anniversaire font également partie des animations possibles. Pour plus d’infos, appeler le 01 46 29 22 05 ou écrire à visite@sevresciteceramique.fr.

À L’AIR LIBRE

River shaped, Will Menter.

Ecouter le temps à Bibracte. D’origine britannique et installés tous deux en Bourgogne, la céramiste Jane Norbury et le plasticien sonore Will Menter développent depuis 1998 une réflexion commune source de projets pluridisciplinaires. Timelines (Lignes de temps) est l’une de leurs dernières interventions en date, à découvrir jusqu’au 12 novembre sur le site archéologique de Bibracte, au pied du mont Beuvray. Une quinzaine d’œuvres sont disséminées dans et autour du musée, sur les sites de fouilles et dans la forêt alentour. Toutes évoquent l’histoire et le passé du lieu dont le sous-sol abrite des vestiges de l’ancienne capitale des Eduens, peuple gaulois des IIe et Ier siècles avant notre ère. Filant la métaphore, les deux artistes voient le passé émerger peu à peu de la terre et rejoindre l’avenir imaginé au-dessus de nos têtes. Céramique, bois, ardoise, métal, eau et vent sont les matières premières de leur dialogue complice et poétique. Sur les terrasses du musée, par exemple, Jane Norbury déploie un ensemble de sculptures récentes (Queules) en céramique – son matériau de prédilection –, dont les formes font écho aux futaies et taillis caractéristiques du Morvan. Non loin se dressent River shaped, Downpour et Water Line, trois sculptures sonores signées Will Menter qui font intervenir l’élément eau ; les visiteurs sont invités à manipuler la première, constituée de lourdes pierres accrochées par des câbles à une imposante structure en chêne qui, lorsqu’elles s’entrechoquent, diffusent un bruit sourd et ancestral.

Installation signée Isabelle Copet.

Balade aquatique à Séneffe. Le Domaine du château de Séneffe s’étend au nord-est de Mons, en Belgique. Jusqu’au 12 novembre, huit artistes belges – Leo Copers, Isabelle Copet, Marco Dessardo, Kris Fierens, Benoît Félix, Florian Kiniques, Philippe Luyten et Jacques Patris – s’approprient le parc en déclinant, chacun à sa manière, le thème de l’eau. Une proposition placée sous le commissariat de Baudouin Oosterlynck. « Inspirée par les motifs ornementaux présents dans le château – feuilles d’acanthe des stucs du plafond –, Isabelle Copet les a restitués dehors à l’échelle des deux bassins du Jardin des trois terrasses, explique celui-ci. Leo Copers, connu quant à lui pour ses œuvres déroutantes mariant souvent l’eau et le feu, présente une pièce sculpturale renversée : une copie du Penseur de Rodin… la tête dans le sable ! Qui se gorge d’eau à mesure des intempéries. Dans le très bel espace du Théâtre, Florian Kiniques intervient de telle manière que pour Jeter un œil, le bassin devient pupille à l’humeur aqueuse noire, la terrasse circulaire devient iris et les oculi inoccupés à l’arrière reçoivent un poème visuel en lien avec l’ombre de midi sur l’arcade sourcilière. Outre le pont ! de Jacques Patris est à voir à l’Ile romantique. Devenu fontaine, voilà que le pont se pose comme un arc-en-ciel entre la rive et l’île. Un regard sur les marches fera douter le visiteur du sens de l’écoulement. Un peu plus loin, Philippe Luyten a choisi le site de La Goutte, déversoir naturel d’un ruisseau réactivé depuis le point le plus haut du Domaine, pour y installer un bouchon surdimensionné (Thinking Sink) ; outre son aspect visuel intriguant, la pièce suscite aussi quelques réflexions sur le cycle de l’eau et la nécessité du contrôle de notre consommation. Benoît Félix occupe le Grand bassin, à l’arrière du Château, avec une pièce surprenante : Moucher la fontaine. Certains artistes disent les choses en contrepoint. Kris Fierens a ainsi réalisé une canne à pêche aux dimensions totalement folles. Elle fait presque 20 m. (…) Enfin, Marco Dessardo, connu pour ses barques, poursuit sa navigation dans chaque plan d’eau du Domaine. » Une performance de Benoît Félix viendra clore l’exposition, dimanche 12 novembre à 15 h. En accès libre, Parcours d’eau est une balade dont profiter tous les jours de 8 h à 18 h. Un plan du parcours, assorti d’informations sur chaque œuvre, peut être téléchargé d’un clic.

CHEZ NOS VOISINS

Tous chevaliers au Château de Gaasbeek. Plus que quelques jours pour filer au Château de Gaasbeek – toujours en Belgique, mais près de Bruxelles cette fois –, visiter l’exposition L’Artiste/Chevalier. L’autoportrait de l’artiste en chevalier, le chevalier au féminin, l’équipement et les décorations, l’état d’esprit, le château comme résidence ou encore le jeu d’échecs et le tournoi sont quelques-uns des différents thèmes développés par l’historienne de l’art et commissaire de l’exposition Joanna De Vos. «  L’Artiste/Chevalier se veut un hommage au chevalier comme figure de style, comme icône poétique qui émerge, galant et au galop, des brumes de la romance, écrit-elle. Le guerrier tragique-héroïque qui tombe et se relève, qui conquiert, sauve, défend, protège, cherche et répond aux attentes qu’il décèle de derrière sa visière. La proposition définit le chevalier tel qu’il est conçu dans l’esprit, le corps et le geste de l’artiste contemporain. » Dessins, peintures, sculptures, installations et films sont autant de modes d’expression qui témoignent de l’« esprit chevaleresque » d’une trentaine de plasticiens internationaux, parmi lesquels Marina Abramovic, Tracey Emin, Jan Fabre, Laurent Grasso, Damien Hirst, Barbara Kruger, Jonathan Meese, Fabien Mérelle ou encore Yoko Ono.

Rebecca Warren
Los Hadeans III, Rebecca Warren, 2017.

La Tate St Ives fait peau neuve. Située en bord de mer à la pointe sud-ouest de l’Angleterre, la Tate St Ives a inauguré mi-octobre de nouveaux espaces. Quatre années de travaux ont notamment permis de doubler la surface d’exposition du musée et d’agrandir celle dédiée aux activités d’apprentissage proposées au public familial. L’exposition inaugurale (à voir jusqu’au 7 janvier), All that heaven allows (Tout ce que le ciel permet) est consacrée aux œuvres récentes de Rebecca Warren. Née en 1965 à Londres, où elle est installée, la sculptrice britannique mène une recherche sur ce qui fait sculpture, sur le processus par lequel la matière prend forme, privilégiant l’approche tactile par rapport au regard. Argile, bronze et acier soudé composent une multitude de silhouettes étranges et d’objets qu’elle considère comme existant « quelque part entre la pure chair et le pur dessin animé ». Quatre fois par an, la Tate St Ives organise un dimanche spécial famille, placé sous le signe de la découverte, du jeu et de la créativité. Les deux prochains rendez-vous sont fixés au 26 novembre et au 4 mars (de 11 h à 15 h). Particulièrement attentif à l’éducation des tout-petits, le musée propose également des visites adaptées aux bébés et leurs parents (mardi 28 novembre à 15 h 30), ainsi que des ateliers pour les enfants dès 18 mois (les mardis 14 novembre et 12 décembre à 10 h ou à 11 h 30). Le détail de ces différentes activités est disponible au lien suivant.

SUR LA TOILE

Capture d’écran du site La Souris Grise.

Une souris pleine de ressources. Lancé par Laure Deschamps en 2010, le site La Souris Grise compte parmi les pionniers des sites de critiques d’application jeunesse francophones. Il se définit comme « un magazine indépendant, libre de ses propos et analyses à la déontologie stricte » et entend juger de la qualité d’une application selon huit principaux critères : la sécurité, l’originalité, l’apport d’apprentissage, le ressort ludique, l’animation, la sonorisation, le graphisme, l’ergonomie. Parmi les très nombreuses applis recommandées, citons Old’s Man Journey, du studio autrichien Broken’s Rules, conseillée à partir de 10 ans (5,49 euros sur l’AppStore et 4,50 euros sur GogglePlay) et décrite par Laure Plume comme offrant « un magnifique voyage dans des paysages d’aquarelle, des teintes pastel qui semblent esquissées du bout d’un pinceau. Vous allez vivre l’histoire d’un vieil homme que vous mènerez de tableau en tableau en faisant glisser à l’écran les plans et les horizons. Le rythme lent de cette application pourra ne pas plaire à tous, mais il faut l’aborder comme un jeu d’artiste. Enfin, sachez que même si le jeu est accessible à des enfants assez jeunes, la narration et sa mise en scène finale sont empreintes de tristesse. »

Crédits photos