Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool de décembre

reims

A quinze jours de Noël, cette nouvelle sélection de visites « art contemporain » à destination des enfants et ados ou à partager en famille se propose de vous emmener du Havre à Hyères, en passant par La Rochelle, Calais, Reims, Strasbourg et, bien sûr, Paris ! Du côté de chez nos voisins européens, les villes de Londres et de Cracovie ont ce mois-ci retenu plus particulièrement notre attention. Enfin, saison des fêtes oblige, cette rubrique n’aurait pas été complète sans un petit cadeau ! Il prend la forme d’une mini-sélection d’ouvrages qui auraient toute leur place au pied du sapin. Bon voyage.

DU NORD AU SUD…

Jacqueline Salmon
Brise-vent, quai Mazeline, Le Havre, carte des vents, Jacqueline Salmon, 2016.

Questionner le paysage au Havre. Du vent, du ciel, et de la mer… est une exposition présentée jusqu’au 23 avril 2017 par le Musée d’art moderne André Malraux du Havre (MuMa). Elle met en regard le travail de la photographe Jacqueline Salmon, qui s’inscrit ici dans les pas des peintres du XIXe siècle, notamment Eugène Boudin (1824-1898), et les recherches de quelques-uns de ses aînés sur le paysage. Depuis une quinzaine d’années, l’artiste a orienté sa propre démarche vers ce qu’elle appelle la « géocalligraphie ». « Il s’agit de regarder comment on représenterait le paysage et ses flux autrement qu’à travers la seule photographie », précise-t-elle. C’est sur le vocabulaire des cartes et de la météorologie qu’elle choisit en l’occurrence de s’appuyer. « Je vois que le temps écrit, qu’il y a une écriture du temps, que chaque jour apporte un signe, un signe qui est compréhensible par un météorologue et je décide de dessiner des quarantaines de jours… Au fusain ou au stylo, je les recopie à partir des indications trouvées dans les journaux. » A travers ses œuvres, Jacqueline Salmon invite avec force poésie à réfléchir au temps qu’il fait, comme au temps qui passe. Une visite guidée tout public de l’exposition est organisée tous les dimanches de 15 h à 17 h (sauf les 25 décembre et 1er janvier). Dans le cadre de ses ateliers du mercredi (de 14 h à 16 h), le MuMa propose plusieurs rendez-vous s’articulant autour du travail de Jacqueline Salmon : les mercredis 4 et 11 janvier pour les enfants de 4 à 6 ans ; les mercredis 18 et 25 janvier pour les 7/13 ans. Infos et réservations au 02 35 19 62 72 et sur www.muma-lehavre.fr.

Un Noël sous le signe des pitchouns à Hyères. Pour la sixième année consécutive, la Villa Noailles met les enfants et ados à l’honneur en leur dédiant tout un festival. Chasse au trésor, projections, spectacles, performances et ateliers sont au programme de la manifestation, baptisée Pitchouns – terme signifiant petits en provençal – et plus particulièrement articulée cette année autour du thème du cirque. Tout au long de la semaine précédant Noël, des rendez-vous quotidiens animés par des professionnels de la mode, de la photographie, du design et de l’architecture offrent aux plus jeunes d’approcher de manière singulière ces différentes disciplines. Parmi les intervenants, citons le créateur Rémi Galtier, le photographe Joël Tettamanti, le plasticien Jérémie Cortial, le designer et lauréat du Festival Design Parade 2015 Samy Rio ou encore les architectes Florence Hoffman et Catherine Dohmen. Le festival Pitchouns se tient du 17 au 24 décembre, les expositions présentées pour l’occasion – celles de la créatrice de mode Xénia Laffely, de Jérémy Cortial et de la photographe Camille Vivier – se poursuivant jusqu’au 15 janvier 2017. Le programme complet des réjouissances est à consulter d’un clic ! L’ensemble des activités sont gratuites, dans la limite des places disponibles. Les réservations peuvent être faites auprès de mediation@villanoailles-hyeres.com et au 04 98 08 01 93.

…ET D’OUEST EN EST

William Adjété Wilson
Drapô signé William Adjété Wilson.

La leçon d’histoire de William Adjété Wilson. Né en 1952 d’une mère européenne et d’un père africain, William Adjété Wilson vit entre Paris, le Bénin, le Togo et Haïti et développe un travail profondément influencé par son multiculturalisme. « Je ne suis pas un africaniste, explique-t-il. Je suis un simple militant de la réalité dans laquelle je me trouve. » Au Musée du Nouveau Monde de La Rochelle, l’artiste expose une série de 25 tentures qu’il appelle drapôs – terme dérivé des « dwapos » créoles, qui sont des rectangles de tissus couverts de motifs vifs et de milliers de paillettes et de perles de verre, et utilisés par les prêtres et prêtresses vaudou – ; différents épisodes de l’histoire d’Haïti – devenue la première République indépendante noire en 1804 – y sont évoqués, ainsi que des interprétations modernes du panthéon vaudou. Les pièces présentées sont extraites d’un travail mené depuis 2013 par William Adjété Wilson en collaboration avec le maître artisan haïtien Valentin Valris, dont l’atelier fut détruit par le tremblement de terre de 2010. Outre la volonté de rendre hommage à un savoir-faire ancestral, l’artiste avait à cœur de participer à la reconstruction de l’atelier et de fournir un travail régulier aux membres de l’association d’artisans haïtiens. L’exposition Haïti : une île sous le vent de l’histoire ouvre ses portes ce samedi 10 décembre et est à découvrir jusqu’au 29 mai prochain. Une visite de l’exposition en compagnie de William Adjété Wilson est programmée dimanche 15 janvier à 15 heures, précédée, la veille, d’une visite suivie d’un atelier tout public (de 14 h 30 à 16 h 30). Enfin, l’artiste se met à la disposition du public scolaire et des centres de loisirs, la semaine du 10 au 16 janvier. Renseignements et réservations au 05 46 51 79 38.

Le bel anniversaire de Tomi Ungerer. A l’occasion des 85 ans du dessinateur strasbourgeois, célébrés le 28 novembre dernier, le Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’illustration – installé dans la ville natale de l’artiste – et l’Ecole de Condé de Paris ont initié un projet inédit : solliciter quelque 100 artistes français et étrangers pour raconter par le trait quelle part d’héritage ils se sont chacun approprié de l’œuvre de leur aîné, connu pour ses illustrations – les livres pour enfants Les Trois Brigands et Jean de la Lune ont fait le tour du monde –, ses dessins publicitaires, mais aussi pour avoir conçu plusieurs projets architecturaux. Blake, Blechman, Cestac, de Loustal, Geluck, Hoppmann, Lemaître, Meurisse, Mordillo, Plantu, Plonk et Replonk, Solotareff ou encore Willem, pour ne citer qu’eux, ont accepté de se livrer à l’exercice, souvent avec humour et tendresse. Une quinzaine de planches, décrites comme « historiques » par les organisateurs, de Tomi Ungerer sont accrochées en regard des œuvres réalisées spécifiquement pour l’exposition par les artistes invités. Tomi Ungerer Forever est à découvrir jusqu’au 19 mars.

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Laurent Le Deunff
Point Némo (détail), Laurent Le Deunff, 2016.

Quand le musée devient terrain de jeu… Paris Musée inaugure sa saison hivernale ces samedi 10 et dimanche 11 décembre par une programmation dédiée au public familial. Peu d’artistes vivants à découvrir, la plupart des institutions* articulant davantage leurs propositions autour du patrimoine culturel et de l’histoire de l’art, mais tout un ensemble d’ateliers, visites contées, spectacles et autres animations, conçus en écho aux collections et/ou expositions en cours, qui sont l’occasion de mettre l’univers de la création à portée de tous. L’initiative se verra prolongée par une programmation du même ordre tout au long des vacances de Noël. Etape essentielle du parcours, le Musée d’art moderne de la Ville de Paris qui, outre une rare exposition retraçant cinquante années de création du sculpteur américain Carl Andre, emmène ses visiteurs à la découverte de quelques-unes des œuvres phares de sa collection (à partir de six ans) et les convie (dès l’âge de trois ans) à une visite-atelier de Point Némo, une installation pérenne signée Laurent Le Deunff, peuplée de créatures aquatiques bienveillantes, et propice à débrider les imaginations. Un livret destiné à accompagner la découverte de l’œuvre est téléchargeable au lien suivant. Le programme détaillé des activités du week-end est quant à lui disponible ici. Attention, si l’ensemble des animations mises en place durant ces deux jours sont gratuites, il est nécessaire de réserver. Plus d’infos sur Parismusees.paris.fr.
* Les musées Bourdelle, Carnavalet, Cernuschi, Cognacq-Jay, Jean Moulin, Zadkine, de la Vie Romantique, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le palais Galliera, les maison de Balzac et de Victor Hugo, le Petit Palais et la Crypte archéologique de l’Ile de la Cité.

… et de solidarité. Pour la onzième année consécutive, le musée du quai Branly-Jacques Chirac organise « Un autre Noël » le temps d’une après-midi, en l’occurrence celle du dimanche 18 décembre, placée sous les signes du dialogue entre les cultures et la solidarité. Conçu en partenariat avec l’Agence des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) et Aviation Sans Frontières (ASF), l’événement s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale des migrants de l’ONU et s’articule autour d’une vaste collecte de jouets à destination des enfants du camp de réfugiés de Djouba, capitale du Soudan du Sud. Ateliers, rencontres, mini-visites, lectures et découvertes gustatives sont offertes « en échange » aux jeunes participants (de plus de six ans) et à leurs familles. Le week-end et pendant les vacances scolaires, les équipes du musée animent de nombreux ateliers et visites à destination des enfants, en lien avec les collections comme les expositions temporaires. L’occasion, par exemple, pour les jeunes de plus de 12 ans d’être accompagnés par un guide-conférencier pour découvrir, jusqu’au 15 janvier, The Color Line, Les artistes africains-américains et la ségrégation, une exposition qui revient sur la création afro-américaine, marquée par la lutte contre la discrimination raciale, depuis 1865 jusqu’à nos jours. Les jours et heures de ces visites, ainsi que le détail du programme des ateliers destinés au jeune public du quai Branly pendant ces vacances de Noël sont disponibles en ligne.

…ET SES ENVIRONS

Jean-Luc Verna
Vue de l’exposition De Jean-Luc Verna au Mac/Val.

Le corps dans tous ses états au Mac/Val. « Je viens du dessin et mon corps, je le gère comme un dessin, explique Jean-Luc Verna. Je me suis toujours pensé comme une image, même si c’est une image qui bouge. » Le Mac/Val, à Ivry-sur-Seine, consacre à cet artiste né à Nice en 1966, sa première rétrospective muséale. L’occasion d’appréhender, jusqu’au 26 février, une démarche résolument pluridisciplinaire qui, s’il elle prend effectivement source dans le dessin, s’appuie aussi bien sur la danse, que la performance, la musique, le cinéma, la photographie, l’installation et la sculpture. Pendant les vacances scolaires, le musée donne rendez-vous aux enfants de plus de huit ans dans ses « Fabriques d’art contemporain », séances conduites par des artistes invités à dialoguer avec une exposition en cours. Le prochain cycle de cet atelier original se tient du mardi 20 au vendredi 23 décembre sous la houlette du plasticien Karim Ghelloussi, en écho au travail de Jean-Luc Verna et à la thématique du corps, centrale dans son œuvre. Tout au long de l’année, le Mac/Val offre par ailleurs à son public familial des temps de visite commentée : tous les mercredis à 15 h et tous les samedis et dimanches à 16 h. Chaque premier dimanche du mois (à 15 h), un conférencier propose un atelier-découverte ludique des expositions en cours. Renseignements et inscriptions sont à solliciter auprès de reservation@macval.fr ou à l’accueil du musée.

Vue de l’exposition Jump au Cac Brétigny.
Vue de l’exposition Jump au Cac Brétigny.

Faire des bonds au Cac Brétigny. Mis en sommeil depuis 2014, suite au départ et au non renouvellement provisoire de sa direction, le Centre d’art contemporain de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, a ouvert le 19 novembre dernier le premier chapitre de sa nouvelle histoire. « Nous allons nous interroger sur l’endroit, la relation à ce territoire à la fois urbain et rural, proche et loin de Paris, réfléchir à ses usages, explique sa directrice Céline Poulin. Nous voulons le penser comme un lieu de vie, y impliquer des artistes ainsi que d’autres acteurs, comme des chercheurs, y favoriser des pratiques de co-création en impliquant des non-artistes dans les démarches de création. » Jusqu’au 22 janvier, le public est invité à découvrir Jump, une exposition collective qui rassemble les travaux d’une dizaine d’artistes – parmi eux, Jean-Luc Blanc, Aleksandra Domanović, Jean-Pascal Flavien, Christophe Lemaitre, Teresa Margolles ou encore Dennis Rudolph – sur le thème du saut, interprété comme « le passage d’un plan à l’autre, d’une subjectivité à l’autre, de l’objet vers son usage possible (ou non) ». Il s’agit aussi de créer du lien entre l’espace d’exposition et celui, virtuel, du site Internet du Cac. Différents temps gratuits d’échanges et de rencontres sont proposés aux visiteurs, dont deux visites-ateliers – elles seront suivies d’un goûter – à destination du public familial, les dimanches 18 décembre et 22 janvier à 15 h. Renseignements et inscriptions au 01 60 85 20 76 ou via m.gillot@cacbretigny.com.

A L’AIR LIBRE

Reims tout en lumière. Fruit d’une commande de la Ville pour célébrer le 800e anniversaire, en 2011, de la pose de la première pierre de la cathédrale de Reims, Rêve de couleurs (notre photo d’ouverture) est un spectacle son et lumière orchestré par Skertzò, duo de scénographes français formé par Jean-Michel Quesne et Hélène Richard. Tous les soirs, dès la nuit tombée, se déploie sur la façade occidentale du majestueux édifice un univers à la fois poétique et puissant, un récit tout en dentelle et lumière de la très riche histoire des sacres royaux. Une véritable invitation à un voyage imaginaire à travers le temps et l’espace qui vient aussi rappeler qu’à l’origine, les sculptures ornant les cathédrales arboraient une riche palette de couleurs. Deux projections de 25 minutes ont lieu par soir selon des horaires adaptés en fonction des saisons. Jusqu’au 18 décembre et du 6 au 8 janvier, la magie s’opère les vendredis, samedis et dimanches à 18 h, puis à 21 h (sauf le dimanche à 20h). Pendant les vacances de Noël, rendez-vous tous les jours à 18 h et/ou 20 h, sauf le vendredi 23 décembre, où la seconde projection débutera à 21 h, et le 24 décembre où elle est programmée à 22 h 30, juste après la messe de Noël.

Le Chemin de la cité (détail), Hamish Fulton, 2013.
Le Chemin de la cité (détail), Hamish Fulton, 2013.

Dans les pas d’Hamish Fulton à Calais. « Une marche a une existence propre et n’a pas besoin d’être matérialisée par une œuvre d’art », a l’habitude d’expliquer Hamish Fulton. Né en 1946, l’artiste britannique a fait de cette action typiquement humaine le cœur de sa recherche et de son expression depuis plus de quarante ans. Menées un peu partout à travers le monde, seul ou en groupe, sur le béton d’un parking ou à flanc de montagne, à une cadence lente ou soutenue, ses marches sont toujours organisées avec précision. « Pour connaître un lieu, m’en imprégner, j’ai besoin de marcher. Ce qui m’intéresse, c’est la relation physique que je crée avec lui », confiait-il en décembre 2012 aux habitants de Calais. A leur invitation, et dans le cadre d’une réflexion sur l’image de la ville, Hamish Fulton a imaginé un parcours entre le boulevard Jacquard et la Cité internationale de la dentelle. Inaugurée en juillet 2013, Le Chemin de la cité est une marche de 900 pas, signalée par une série d’éléments graphiques intégrés dans le sol sur des plaques de bronze. A vos marques…

CHEZ NOS VOISINS

Daniel Spoerri
Faux tableau piège – Portrait de J. A., Daniel Spoerri, 2007.

Daniel Spoerri, le « gourmand ». Jusqu’au 2 avril prochain, le Musée d’art contemporain de Cracovie consacre une exposition rétrospective à Daniel Spoerri, plasticien suisse né en Roumanie en 1930. Cofondateur du groupe des Nouveaux Réalistes en 1960, proche de la réflexion menée par Fluxus – ironie et humour sont chez lui comme un leitmotiv –, il est notamment connu pour avoir organisé nombre de repas-performances auxquels il conviait des artistes, galeristes et autres critiques d’art et pour ses tableaux-pièges, collages verticaux d’objets hétéroclites, du contenu d’un tiroir, d’un étal de marché, voire des restes d’un repas, venant affirmer l’inscription de l’art dans le quotidien et son caractère éphémère. « Daniel Spoerri conçoit le monde des objets comme un grand dictionnaire dissimulant des définitions sophistiquées, analyse Maria Anna Potocka, commissaire de l’exposition. Sa capacité à jouer avec subtilité sur les significations, un sens de l’humour érigé en principe philosophique et un don pour jouer sur l’esthétique de l’excès, caractéristique des véritables gourmands, sont autant d’éléments moteurs de sa démarche artistique. Une combinaison délicieuse porteuses d’œuvres perspicaces, touchantes et belles. » A noter qu’une visite guidée en français peut être réservée auprès de l’accueil du musée.

A la rencontre de la créature de Philippe Parreno. Conçue comme une succession de moments à partager ou à vivre, chaque exposition-œuvre de Philippe Parreno est un voyage sensoriel et poétique. Invité à s’emparer du gigantesque Turbine Hall de la Tate Modern de Londres, il y déploie un assemblage sophistiqué d’écrans, de haut-parleurs ainsi que d’objets lumineux et mouvants, interconnectés pour faire littéralement entrer le visiteur dans une réalité parallèle. Une réalité contrôlée par un étrange « chef d’orchestre » installé dans une petite pièce, tout au fond de la salle : l’enchaînement des séquences visuelles et sonores est en effet géré par un outil numérique, lui-même soumis à des données fournies par un bioréacteur installé à ses côtés. Seul lui échappe le sort de dizaines de poissons volants , autant de ballons gonflés à l’hélium et navigant au hasard des fluctuations de température et d’air. Baptisée Anywhen, l’œuvre est « une sorte de machine bizarre, à la fois organique, mécanique et numérique, une créature », pour reprendre les mots de Philippe Parreno. A expérimenter jusqu’au 2 avril.

A GLISSER DANS LA HOTTE

Basic Space
Basic Space, un livre signé Fanny Millard.

Pour conclure cette sélection mensuelle, voici quelques livres qui ont attiré notre attention et semblent promettre d’agréables moments de partage entre petits et grands. Ecrite et dessinée par Olivier Supiot, Le cheval qui ne voulait plus être une œuvre d’art est une BD coéditée par les éditions Delcourt et du Louvre qui, par le biais d’un conte poétique, invite à plonger dans l’histoire de l’art, à déambuler dans les salles de l’un des plus célèbres musées du monde et à réfléchir à la notion même d’œuvre d’art (14,50 euros). EXTRA éditeur d’espace est une association bordelaise, initiée il y a deux ans par plusieurs architectes mû par un goût commun de la transmission et de l’échange avec d’autres disciplines. Parmi eux, Fanny Millard a inventé Basic Space, un livre-maquette destiné à explorer l’architecture de manière ludique. Deux versions sont disponibles à ce jour : un ouvrage illustré (18 euros), à manipuler pour découvrir l’espace et mettre en forme une histoire sortie de l’imagination du lecteur ; un livre blanc (15 euros), à manipuler puis à illustrer pour donner vie à l’architecture en trois dimensions ainsi créée. Céline Delavaux et Christian Demilly publient aux éditions Palette, et à destination des jeunes lecteurs de plus de 12 ans, Création contemporaine (28,50 euros) : « Dispositifs », « Matériaux », « Spect-acteur », « Le jeu du je », « Dérision », « Lieux » sont les six thématiques développées par les deux auteurs, pour aborder et tenter d’expliquer l’art d’aujourd’hui. Une démonstration qui s’appuie sur des dizaines d’exemples aussi précis que variés, à l’image des travaux d’Anish Kapoor, Jan Fabre, Eduardo Kac, Jeff Koons, Annette Messager, Daniel Spoerri, Ben, Pierrick Sorin ou encore de Nils Udo, pour ne citer qu’eux. Qui se couche avec les chiens se lève avec les puces est un livre sorti en novembre dernier aux éditions Solo ma non troppo dans le cadre de la collection Chipiron – exclusivement consacrée au dessin contemporain, celle-ci est à ce jour constituée d’une vingtaine d’ouvrages d’artistes en édition limitée. Réalisé par la Tchèque Tereza Lochmannova, il réunit un ensemble de dessins à travers lesquels la jeune femme fait le parallèle entre la condition des chiens, dont « la vie n’a de sens que s’ils ont un maître et qui sont les seuls, dans la communauté des animaux, à devenir des parias, des réprouvés, quand ils sont libres » et son propre vécu d’« exilée volontaire », à Paris ces deux dernières années. Le tout pour une trêve des confiseurs à la fois agréable et riche en découvertes.

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