Art(s) contemporain(s) & Jeunesse – Les idées cool d’avril

Une fois par mois, ArtsHebdoMédias vous suggère plusieurs pistes « art contemporain » à suivre en famille ou à proposer à vos ados. En cette nouvelle période de vacances scolaires, le parcours dessiné vous emmène à Reims, Annonay, Angoulême, Dijon, Paris et sa banlieue. Au-delà de nos frontières, il relie Dublin à Völklingen, en Allemagne, en passant par le Web néerlandais. En chemin, week-end de Pâques oblige, nous avons repéré une sympathique chasse aux œufs, du côté de chez Elsa et Louis… Bonne balade !

DU NORD AU SUD…

Michel de Broin
Overpower, Michel de Broin, 2013.

Changer d’échelle au Domaine de Pommery. A trente mètres de profondeur, une vingtaine de kilomètres de tunnels relient entre elles pas moins d’une centaine d’anciennes crayères ; le tout abrite les caves du Domaine Pommery, à Reims, depuis près de 150 ans. Sous l’impulsion de Paul-François et Nathalie Vranken – propriétaires des lieux depuis 2002 –, le sous-sol de la célèbre maison de champagne est également devenu un espace privilégié d’expression et d’exposition d’art contemporain. Initiée en 2003, avec l’invitation faite au sculpteur belge Olivier Strebelle d’investir l’architecture particulière du site, la programmation est renouvelée chaque année dans le cadre d’une Expérience conduite autour d’une nouvelle thématique. Gigantesque ! est l’intitulé de la treizième édition de la manifestation, qui réunit les œuvres monumentales, et d’autres minuscules, de vingt artistes. S’imaginer lilliputien et convié à la table de Gulliver (Dîner de Gulliver, Lilian Bourgeat, 2008), assister au duel engagé entre un petit chevalier de bronze et une ampoule brisée (Overpower, Michel de Broin, 2013), s’ébahir devant un éléphant tenant en équilibre sur sa trompe (Würsa, Daniel Firman, 2008) ou encore écouter le son des dunes du désert de Rub al Khali (Empty Quarter, collectif Soundwalk), dans la péninsule arabique, sont quelques-unes des propositions insolites déployées par les artistes invités jusqu’au 15 janvier 2018.

Gac AnnonayLes artistes en herbe s’exposent à Annonay. Né en 1978 à l’initiative d’amateurs d’art et de collectionneurs, le Groupe d’Art Contemporain d’Annonay n’a eu de cesse d’enraciner l’art contemporain dans le territoire nord de l’Ardèche par le biais, notamment, d’expositions – six par an –, de résidences d’artistes ou encore d’aide à la production. L’association a également créé une biennale spécifiquement dédiée à son jeune public et lors de laquelle sont exposés des travaux réalisés par les élèves de différents établissements scolaires des environs, en lien avec la programmation du lieu. Parmi les artistes reçus en 2016 et cette année, citons Noël Dolla, Henri Mouvant, Christelle Franc, Colette Brunschwig et Pierre-André Arnal. C’est à eux que fait écho l’édition 2017 de la Biennale de l’enfance et de l’art qui se tient cette semaine, du 13 au 18 avril. Son organisation respecte « les mêmes exigences de mise en espace et de problématiques que les expositions d’artistes présentées au GAC », précisent les responsables de l’association. « Ce moment marque un temps fort pour notre engagement en faveur de la découverte de l’art contemporain par le chemin de la connaissance, de l’éducation du regard, de l’esprit critique et de l’expérimentation. Il permet d’offrir aux élèves une véritable exposition nécessitant un travail de coordination et de préparation, une communication et un accrochage professionnels. »

…ET D’OUEST EN EST

Farkas
Manuel signé Jean-Baptiste Farkas paru aux Zédélé éditions en 2004.

Plongée dans le monde de l’entreprise… artistique ! Sur son site d’Angoulême, le Fonds régional d’art contemporain Poitou-Charentes active, pendant les vacances scolaires, sa Fabrique du regard, un atelier de pratique artistique destiné aux enfants de 6 à 10 ans, se déroulant entre trois et cinq jours et en lien avec l’exposition du moment. Le prochain rendez-vous est programmé du 24 au 28 avril, de 14 h 30 à 16 h. Intitulé « Ma petite entreprise », il sera animé par Jean-Baptiste Farkas, artiste et fondateur d’IKHEA©SERVICES, une société ayant pour objectif de « contrarier des usages trop réglementés en diffusant des modes d’emploi nuisibles destinés à perturber et questionner le quotidien de leurs utilisateurs ». A l’occasion de l’exposition Sommaire, qui réunit des plasticiens s’interrogeant sur les contextes de création, de réception et de diffusion de l’œuvre d’art, le public est invité à mettre en pratique l’un de ses services : convertir une œuvre d’art en une description écrite permettant de la « refaire » sans qu’il soit nécessaire de l’avoir vue. A compter du 20 avril, toutes les œuvres ayant fait l’objet d’une traduction scripturale seront remplacées par le(s) texte(s) leur correspondant. Durant l’atelier orchestré par Jean-Baptiste Farkas, les enfants travailleront autour du thème de l’entreprise, réelle ou fictive. Attention, inscription gratuite, mais obligatoire, au 05 45 92 87 01 ou via info@frac-poitou-charentes.org.

Pièce signée Maurizio Cattelan.
Installation signée Maurizio Cattelan.

A Dijon, le Consortium fête ses 40 printemps. Initié par l’association Le Coin du Miroir, créée en 1977 par Xavier Douroux et Franck Gautherot, le Consortium fut le premier centre d’art de province à être labellisé par Jack Lang en 1982. A l’occasion de son quarantième anniversaire, qui fait écho à celui du Centre Pompidou, le lieu présente Truchement, une exposition qui présente les œuvres de dix artistes – parmi eux Maurizio Cattelan, Rodney Graham, Hans Haacke, Bertrand Lavier, Frank Stella ou encore Yan Pei-Ming – ayant marqué son histoire. Une visite commentée et gratuite est organisée tous les vendredis à 18 h 30, ainsi que le samedi et le dimanche à 16 h. Pendant les vacances, un parcours ludique de l’exposition est proposé aux enfants (de 6 à 10 ans), le mercredi à 15 h. Prochains rendez-vous les 19 et 26 avril et tous les jours du 12 juillet au 30 août. Plus d’informations via servicedespublics@leconsortium.fr et au 03 80 68 45 55.

L’INCONTOURNABLE PARIS…

Photographie signée Hassan Hajjaj.
Photographie signée Hassan Hajjaj.

Une magnifique saison africaine. Du Musée Dapper à La Villette, en passant par le Musée du quai Branly-Jacques Chirac, les Galeries Lafayette et le Musée de la Chasse et de la Nature, le printemps s’affiche à Paris sous les couleurs de la création contemporaine africaine. L’occasion, par exemple, de plonger au cœur de l’univers hybride du Sénégalais Soly Cissé ; mis à l’honneur jusqu’au 14 juin au Musée Dapper, ses dessins, toiles et sculptures entremêlent avec subtilité les formes et traditions de sa culture d’origine avec des signes et symboles appartenant à nos sociétés de consommation occidentales. Afriques Capitales est une exposition pluridisciplinaire, placée sous le commissariat de l’écrivain d’origine camerounaise Simon Njami et déployée jusqu’à fin mai à La Villette. Peintures, photographies, installations, vidéos, sculptures et créations sonores y sont représentées à travers les œuvres d’une soixantaine d’artistes de diverses générations, pour certains exposés pour la première fois en France. Une trentaine d’œuvres photographiques sont par ailleurs à découvrir en accès libre dans le parc de La Villette. Au Quai Branly, L’Afrique des routes s’intéresse à la notion de circulation des cultures africaines – à l’intérieur comme vers l’extérieur du continent – au fil de l’histoire. En regard des nombreuses photographies, sculptures, toiles, cartes et autres objets historiques est présenté un ensemble d’œuvres contemporaines signées de l’artiste haïtienne Myrlande Constant, du Ghanéen Philip Kwame Apagya ou encore du Britannique d’origine nigérienne Yinka Shonibare MBE. Enfin, tandis que Musée de la Chasse et de la Nature accueille, jusqu’au 4 juin, un dialogue original noué entre le photographe sud-africain Roger Ballen et le dessinateur néerlandais Hans Lemmen, la Galerie des Galeries offre, avec Le jour qui vient, l’opportunité d’appréhender, jusqu’au 10 juin, les démarches d’une quinzaine de jeunes artistes réunis par Marie-Ann Yemsi, qui fut notamment la commissaire invitée de la dernière édition d’Art Paris Art Fair, elle aussi placée sous le signe de la création contemporaine africaine. Ici également, il est question de circulation, celle des idées, des cultures, des objets et des personnes à travers les migrations. « Alors qu’émerge une nouvelle conscience du monde et que s’opère une multiplication de ses centres, le paysage artistique, culturel et intellectuel du continent est en profonde mutation, à l’image d’une Afrique en mouvement, fière de ce qu’elle est, observe Marie-Ann Yemsi. (…) Du nord au sud de l’Afrique, s’ouvrent et se développent à rythme accéléré les initiatives privées : musées, centres d’art, galeries, foires, lieux de résidence et de formation aux pratiques curatoriales. (…) D’autres horizons africains se dessinent. Aussi, lors de nos rencontres au printemps à Paris, prêtons attention à ce que ces artistes ont à nous dire car c’est à travers eux et de ce continent que surgissent de nouveaux imaginaires. »

…ET SES ENVIRONS

Patrice Terraz
Californy (série), Patrice Terraz.

Le Mois de la Photo à la dimension du Grand Paris. La photographie est à l’honneur tout au long du mois d’avril dans la capitale française et ses environs. Créé en 1980 par Henry Chapier et Jean-Luc Monterosso, le Mois de la Photo change cette année de nom comme d’échelle puisqu’il devient le Mois de la Photo du Grand Paris. Une centaine d’expositions, présentées sous les quatre thèmes génériques que sont « Portraits », « Paysages », « Rue » et « La photographie comme matériau » et réparties dans 32 communes, sont au programme. Parmi elles, notons la présentation du fruit d’une résidence d’un an menée par Patrice Terraz au contact de la jeunesse de Corbeil-Essonnes (91), à la Commanderie Saint-Jean. « En décidant de m’intéresser à la jeunesse, j’ai sciemment occulté les préjugés qui plombent une banlieue où je n’avais jamais mis les pieds, raconte-t-il. Direction le lycée Robert Doisneau, formidable porte d’entrée vers la ville, où 2700 élèves se retrouvent chaque jour au bord de la nationale 7, face à la cité des Tarterêts. Ils viennent de tous les horizons, de tous les milieux, et cohabitent dans un équilibre maintenu par un profond désir de vivre. Surprise ! Ils n’ont pas l’air malheureux ! En immersion, on s’attache très vite, surtout lorsqu’on est bien accueilli. (…) J’ai quitté la ville les yeux embués… avec une féroce envie de continuer à photographier ce beau petit monde, encore et encore. » A la Maison des Arts de Créteil (94), Space Oddity réunit sept artistes – Thierry Cohen, Cédric Delsaux, Vincent Fournier, Marina Gadonneix, Noémie Goudal, Nicolas Moulin et François Ronsiaux – autour des thèmes du futur et de l’espace. Il y est question d’utopie, de science-fiction, d’illusion, d’identité et, surtout, de poésie. Avec Shimofuri, Sandrine Elberg nous fait partager un voyage entrepris au Japon, « inspiré et rythmé par les vers du poète japonais, Bashô, qui a imposé l’art du haïku ». Ses images, propices à l’imaginaire et à la contemplation, sont à découvrir à la Médiathèque Centre-Ville d’Issy-les-Moulineaux (92). Petit détour, enfin, au nord de la capitale par ce lieu singulier qu’est le 6b, à Saint-Denis. Posé en bord de Seine, cet ancien immeuble de bureaux accueille aujourd’hui plus de 160 artistes et est devenu, depuis 2010, un lieu de création et de diffusion incontournable de la jeune scène francilienne. Dans le cadre du Mois de la Photo, une quinzaine de ses résidents participent à l’exposition Alter, conçue à partir des relations et partages de compétences noués entre eux, et de l’expérience de l’altérité ainsi vécue. A noter la participation de la majorité des lieux aux « Week-Ends Intenses » imaginés par les organisateurs du Mois de la Photo, les 22-23 et 29-30 avril, afin de favoriser les rencontres et échanges entre le public, les photographes et les commissaires au sein des expositions.

A L’AIR LIBRE

Installation signée Pat Andrea.
Installation signée Pat Andrea.

Dans le jardin d’Elsa et Louis. Niché au cœur d’un parc de cinq hectares, le moulin de Villeneuve, à Saint-Arnoult-en-Yvelines, est connu pour avoir été la (dernière) demeure de l’un des plus célèbres couples de la littérature française : Elsa Triolet et Louis Aragon. Devenu lieu de mémoire – les deux écrivains y sont enterrés – et de recherche – il abrite une bibliothèque de plus de 30 000 volumes –, il est aussi un lieu de soutien à la création contemporaine : des expositions – le peintre Bernard Rancillac en est l’invité jusqu’au 14 mai –, ainsi que des rencontres et des spectacles musicaux, y sont programmés tout au long de l’année. Parmi les artistes y ayant exposé, une vingtaine ont souhaité s’inscrire de manière pérenne dans son histoire, ce qui a donné naissance à un parc des sculptures : des œuvres signées Pat Andrea, Jef Aérosol, Mark Brusse, Ange Leccia ou encore Ivan Messac sont désormais à découvrir au fil des allées et pelouses environnant la Maison Elsa Triolet Aragon. A côté de chacune d’elles, des pictogrammes offrent quelques clés de lecture et de compréhension destinées à tous les publics. Ce dimanche 16 avril, la balade alliera découvertes artistique, ludique et gustative, grâce à une chasse aux œufs de Pâques qui s’y déroulera dès 14 h ! Attention, réservation obligatoire au 01 30 41 20 15 ou via www.weezevent.com. Compter deux euros pour l’entrée du parc et la participation à la chasse ; l’événement est gratuit pour les enfants habitant Saint-Arnoult-en-Yvelines (sur présentation d’un justificatif de domicile).

Amanda Parer
Intrude, Amanda Parer.

Tous en Zone Artistique Temporaire ! ZAT est un projet né en 2010 à Montpellier d’une volonté de (re)découvrir et d’explorer différemment l’espace urbain. Programmé sur dix ans, il vise à ouvrir des Zones Artistiques Temporaires, à intervalles réguliers, dans divers quartiers et en impliquant les habitants. Placée sous la direction artistique de Pierre Sauvageot, directeur de Lieux publics (Centre national de création en espace public installé à Marseille), la onzième ZAT se déploiera, les samedi 22 et dimanche 23 avril, dans le parc Montcalm, situé au sud-ouest du centre-ville. Près de 160 artistes ont imaginé pour l’occasion des sculptures monumentales, performances, actions collaboratives, chorégraphies et autres spectacles. « Dans ces temps où certains nous vendent la peur, la méfiance ou le rejet, les artistes de la ZAT nous invitent au partage, à la fascination, au plaisir de rire ensemble, de faire ensemble, de ressentir ensemble, insiste Pierre Sauvageot. Après un clin d’œil à Alice, ses merveilles et son lapin blanc, ils vont nous faire construire ensemble une ville imaginaire grandeur nature, mêler tous les sports et toutes les danses, et nous fasciner avec une sculpture monumentale (ou un animal géant on ne sait plus) qui se love à travers les arbres. (…) Vous qui entrez, n’abandonnez aucune de vos espérances, le parc Montcalm ne le sera pas tant que ça. En anglais, calme se dit “cool”, mais en français cool se traduit aussi par merveilleux, magnifique, formidable, génial, super… » Un alléchant programme à découvrir d’un clic.

CHEZ NOS VOISINS

Bruce Nauman
Natural Light, Blue Light Room, Bruce Nauman, 1971-2016.

Soyez inspirés par le dessin à Dublin. L’Irish Museum of Modern Art propose aux jeunes de 15 à 18 ans, les mercredi 19 et jeudi 20 avril, de participer à un atelier conduit par Joe Coveney. Le dessin, sous ses formes les plus variées – avec un bâton, guidé par des rituels, en 3D ou à l’aide de sables colorés, pour ne citer que ces techniques insolites – est au cœur de la pratique de cet artiste irlandais. Une visite de l’exposition du moment, As Above So Below (Là-haut comme ici-bas, jusqu’au 27 août), sera organisée en amont afin de nourrir l’imaginaire de chacun. Elle s’articule autour du rôle tenu par la spiritualité dans les arts visuels, des rapports noués par les artistes avec le mysticisme, le surnaturel, et rassemble plus de 180 œuvres d’art moderne comme d’art contemporain, ainsi qu’un certain nombre de projets réalisés pour l’occasion. Les Britanniques Steve McQueen et Linder Sterling, les Américains Susan Hiller et Bruce Nauman, l’Irlandais Alan Butler ou encore le Franco-Chilien Alejandro Jodorowsky comptent parmi les invités de l’institution dublinoise. L’atelier est gratuit, mais il est indispensable de s’inscrire.

Völklingen présente le top de l’art urbain. Installé dans une ancienne friche sidérurgique allemande – classée au patrimoine de l’humanité par l’Unesco –, à Völklingen, près de Sarrebruck, le Centre européen d’art et de culture industrielle accueille actuellement la quatrième édition de sa biennale d’art urbain, qui se targue d’être le plus important projet au monde dans la discipline. Une centaine d’artistes originaires de quelque 17 pays – parmi les Français, notons la participation du duo MonkeyBird, de Levalet, du collectif Les Francs Colleurs ou encore d’OX –, répartis sur quatre continents, ont participé à la réalisation d’un parcours s’étendant sur 100 000 m2, sillonnant les bâtiments comme les espaces extérieurs du lieu, plusieurs créateurs ayant réalisé leurs œuvres in situ. Un focus particulier est proposé cette année sur la création sud-américaine ainsi que sur les interventions dites 2.0, soit faisant appel aux techniques numériques. Un cycle de conférences accompagne la manifestation, qui se tient jusqu’au 5 novembre.


Tineke Meirink
Photographies et dessin signés Tineke Meirink.

SUR LA TOILE

Métamorphoses poétiques. Tineke Meirink est une illustratrice néerlandaise auteur de plus de 80 ouvrages pour enfants. Sur son site Internet, l’artiste offre d’interagir avec une série de photographies, évoquant des détails de notre espace urbain et de notre quotidien, tels un cadenas, un pan de mur en béton, un compteur électrique, une assiette ou une simple tache qui, au passage de la souris, se métamorphosent en autant de sympathiques personnages. Tout droit sortis de son imagination, ils pénètrent la nôtre avec une aisance des plus réjouissantes !

Crédits photos