Art Up !, un anniversaire sous le signe de l’ar(t)chitecture

art up 2017

Initiée en 2008 à Lille, la foire d’art contemporain Art Up ! ouvre ce soir les portes de sa dixième édition. Une centaine de galeries et près de 500 artistes sont réunis au Grand Palais jusqu’au dimanche 5 mars. Le thème choisi pour 2017 a pour but d’interroger les multiples interactions existant entre l’art, l’architecture et l’environnement urbain. Un parcours thématique, plusieurs installations et un programme de conférences y font écho.

« En dix ans, nous sommes arrivés à hisser Art Up ! à la première place des foires d’art contemporain en France, en dehors de Paris, rappelle Didier Vesse, directeur artistique de la foire, dans son éditorial. Art Up ! a contribué à renforcer l’image culturelle de la métropole, en région et au-delà de nos frontières, à démocratiser l’art contemporain, (…) à faire naître des galeries lilloises, de nouveaux acheteurs et de nouveaux collectionneurs. » Résolument placée sous le signe de la rencontre et de la découverte, la manifestation n’a eu de cesse depuis ses débuts de favoriser la rencontre entre le public et les artistes – notamment lors de la Nuit de l’Art ou dans le cadre de nombreux ateliers –, de tisser du lien avec les structures culturelles régionales et d’affirmer son engagement auprès de la création émergente. Engagement renouvelé cette année avec la quatrième édition de « Revelation by Art Up ! », exposition qui présente les travaux de huit jeunes artistes* encore étudiants, sélectionnés suite à un appel à projets lancé auprès des écoles d’art des Hauts-de-France et de Belgique et pour la première fois lié au thème associé à la foire : « Ar(t)chitectures ». Parmi eux, Lisa Sellier présente des dessins de vues panoramiques d’espaces urbains qui sont autant de situations de transition et d’entre-deux, comme tout droit sorties d’un rêve ou d’un souvenir fugitif ; à travers un étonnant plan fixe, Théo Romain pose un regard subtil sur un quartier d’une ville grecque en (re)construction, brouillant notre perception du temps et de l’espace par des images à la simplicité éblouissante ; Wilfried Dsainbayonne et Léo Sudre s’appuient, quant à eux, sur cet incontournable matériau qu’est le béton en termes d’environnement urbain pour mener une réflexion autour de la crise actuelle des réfugiés : Coulé est le titre sans détour choisi pour une pièce représentant un canot pneumatique, vide de tout occupant.

Lisa Sellier
Dessin signé Lisa Sellier.
Théo Romain
Capture d’écran vidéo, Théo Romain.

Une trentaine de galeries participantes ont choisi d’orienter leur accrochage en fonction de la thématique 2017. Les toiles, dessins, sculptures, photographies et installations présentées dans ce cadre sont à découvrir au fil d’un parcours à suivre à travers toute la foire. Au total, ce sont plus de cent galeries qui s’installent pour ces quatre jours dans un espace de 12 000 m2. Elles sont françaises – 19 viennent de la région, 22 de Paris et ses environs et 35 d’un peu partout dans l’Hexagone –, mais également belges, allemandes, néerlandaises, américaine, japonaise, grecque, italienne, polonaise et danoise. Si nombre d’entre elles sont fidèles à la manifestation depuis des années, près d’un tiers sont des nouvelles venues. « Art Up ! est une foire dynamique qui se renouvelle sans cesse », analyse Didier Vesse, qui entend poursuivre les efforts engagés pour « développer le positionnement d’Art Up ! comme foire incontournable du nord de l’Europe et renforcer les liens avec la Belgique ». Tout en souhaitant rester « vigilant » pour que la manifestation conserve « son esprit et ses valeurs », il fait part de sa volonté d’être « attentif aux nouvelles pratiques artistiques, aux bouleversements apportés par la révolution numérique ».

* Rémi Couvreur, Louise Decroix, Wilfried Dsainbayonne & Léo Sudre, Juliette Pernin, Pauline Renard, Théo Romain et Lisa Sellier.

« Coups de foudre » aux résonances multiples

Richard Skryzak
Coups de foudre, Richard Skryzak, 2017.

Parmi les projets imaginés spécifiquement pour cette édition anniversaire d’Art Up !, Coups de foudre est une installation signée du vidéaste et écrivain Richard Skryzak. «  Coups de Foudre est pensée comme une architecture vidéographique, explique-t-il. Un petit pan de mur poétique où les écrans ont remplacé les pierres. Les résonances sont multiples. Assemblage ludique rappelant le Lego ou le domino. Puissance métaphorique et onirique des phénomènes naturels. Esthétique de l’Evanescence et de l’Apparition. L’impact transcendantal de la foudre, en outre, évoque la force suprématiste et spirituelle du constructivisme, que confirme la diagonale du dispositif. Les icônes poursuivent leur chemin. L’esprit qui préside à tout cela est proche de ces villes invisibles si chères à Italo Calvino. Sans électricité, pas de médium électronique, ni de lumières dans la ville. La foudre est là pour le rappeler. Comme un degré zéro de l’image vidéo. Mais l’éclair n’est pas qu’énergie. Fascination ou danger, il est la Beauté pure incarnée dans la ligne brisée. Celle qui déchire le néant céleste, et ouvre une brèche dans le Visible. Celle qui fissure le mur-cloison. Van Gogh disait que dessiner c’était “se frayer un passage à travers un mur de fer invisible”. Que reste-t-il quand l’orage s’abat sur les écrans ? Un paysage d’ondes et de vibrations. Les particules électroniques continuent d’émettre. Elles sont radioactives. Je ne crois qu’aux étoiles et aux constellations. Qu’à la danse des images et au mouvement des sons. Je ne crois qu’à la Légèreté et aux Révélations. Saisir l’insaisissable en plein vol – les fulgurances des éclats de lumière – pour enfin rendre au Ciel ce qui lui appartient. Les coups de foudre sont infinis…. »

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